Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Responsabilité du dirigeant

Cour de cassation, comm, 9 octobre 2019 — n° 18-17.563

Cassation Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2019:CO00796

Synthèse de la décision

Question juridique

Le bailleur qui demande au juge-commissaire la constatation de la résiliation de plein droit du bail sur le fondement de l'article L. 641-12, 3°, du code de commerce est-il tenu de délivrer préalablement un commandement de payer conformément à l'article L. 145-41 du code de commerce ?

Principe retenu

La procédure de résiliation de plein droit du bail prévue à l'article L. 641-12, 3°, du code de commerce, lorsqu'elle est engagée devant le juge-commissaire, est distincte de celle fondée sur l'article L. 145-41 du code de commerce. Le bailleur qui agit sur le fondement de l'article L. 641-12, 3°, sans se prévaloir d'une clause résolutoire, n'est pas tenu de délivrer le commandement de payer exigé par l'article L. 145-41.

Faits clés

  • L'entreprise a été placée en liquidation judiciaire.
  • Le bailleur a saisi le juge-commissaire d'une demande de constat de la résiliation de plein droit du bail.
  • La demande était fondée sur l'article L. 641-12, 3°, du code de commerce.
  • Le bailleur n'a pas délivré de commandement de payer au preneur.
  • Le bailleur ne s'est pas prévalu d'une clause résolutoire stipulée au contrat de bail.

Articles cités

article L. 641-12, 3°, du code de commerce article R. 641-21, alinéa 2, du code de commerce article L. 145-41 du code de commerce

Dispositif

PAR CES MOTIFS , et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le dernier grief : CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 4 avril 2018, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Paris, autrement composée ; Condamne la société V... I... en qualité de liquidateur de la société Carla, M. S... et la société Les Nouveaux Bains du Marais aux dépens ; Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par le président en son audience publique du neuf octobre deux mille dix-neuf.

Exposé du litige

Attendu, selon l'arrêt attaqué, qu'en 2005, la SCI des Bains (la SCI) a donné en location à la société Carla des locaux destinés à l'exercice de son activité commerciale ; que la société Carla a été mise en liquidation judiciaire le 17 novembre 2016, la société V... E... étant désignée liquidateur ; que par une ordonnance du 8 mars 2017, le juge-commissaire a autorisé la cession du fonds de commerce de la société Carla ; que par une requête du 21 mars 2017, la SCI a demandé au juge-commissaire de constater la résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers dus postérieurement à l'ouverture de la liquidation judiciaire ; que l'acte de cession du fonds de commerce, comprenant le droit au bail, a été signé le 25 avril 2017, sous les conditions que l'ordonnance du 8 mars 2017 ne soit pas infirmée et du prononcé d'une décision définitive rejetant la demande de constatation de la résiliation du bail ; que le juge-commissaire, par une ordonnance du 16 juin 2017, a rejeté la requête tendant à la constatation de la résiliation du bail ; Attendu que pour confirmer le jugement ayant rejeté le recours contre cette ordonnance, l'arrêt retient que les dispositions de l'article L. 622-14 du code de commerce ne dérogent pas à celles de l'article L. 145-41 du même code prévoyant, en cas de clause résolutoire, la délivrance préalable d'un commandement, le liquidateur pouvant solliciter des délais de paiement et la suspension de la clause résolutoire, tant que la résiliation du bail n'a pas été constatée par une décision ayant acquis l'autorité de la chose jugée et que le fait pour le bailleur d'opter pour la saisine du juge-commissaire, plutôt que celle du juge des référés, ne le dispense pas de la délivrance préalable du commandement visant la clause résolutoire ;

Motivations de la décision

Vu les articles L. 641-12, 3°, et R. 641-21, alinéa 2, du code de commerce ; Attendu que lorsque le juge-commissaire est saisi, sur le fondement du premier de ces textes, d'une demande de constat de la résiliation de plein droit du bail d'un immeuble utilisé pour l'activité de l'entreprise, en raison d'un défaut de paiement des loyers et charges afférents à une occupation postérieure au jugement de liquidation judiciaire du preneur, cette procédure, qui obéit à des conditions spécifiques, est distincte de celle qui tend, en application de l'article L. 145-41 du code de commerce, à faire constater l'acquisition de la clause résolutoire stipulée au contrat de bail ; Qu'en statuant ainsi, alors que le bailleur, qui agissait devant le juge-commissaire pour lui demander la constatation de la résiliation de plein droit du bail, sans revendiquer le bénéfice d'une clause résolutoire, n'était pas dans l'obligation de délivrer le commandement exigé par l'article L. 145-41 du code de commerce, la cour d'appel, qui a ajouté à la loi une condition qu'elle ne comporte pas, a violé les textes susvisés ;

Questions fréquentes

Le bailleur doit-il délivrer un commandement de payer avant de demander la résiliation du bail en liquidation judiciaire ?
Non, selon cette décision, lorsque le bailleur agit sur le fondement de l'article L. 641-12, 3°, du code de commerce, il n'est pas tenu de délivrer le commandement de payer prévu par l'article L. 145-41, car il s'agit de procédures distinctes.
Quelle est la différence entre la résiliation de plein droit et la clause résolutoire ?
La résiliation de plein droit de l'article L. 641-12, 3°, est une procédure spécifique à la liquidation judiciaire, qui ne nécessite pas de clause résolutoire ni de commandement de payer. La clause résolutoire est une stipulation contractuelle qui permet la résiliation du bail en cas de manquement, mais elle exige un commandement de payer.
Comment obtenir la résiliation d'un bail commercial lorsque le locataire est en liquidation judiciaire ?
Le bailleur peut saisir le juge-commissaire d'une demande de constat de la résiliation de plein droit du bail sur le fondement de l'article L. 641-12, 3°, du code de commerce, en raison du défaut de paiement des loyers postérieurs au jugement de liquidation.
Quel est le rôle du juge-commissaire dans la résiliation du bail ?
Le juge-commissaire est compétent pour constater la résiliation de plein droit du bail lorsque le bailleur le saisit sur le fondement de l'article L. 641-12, 3°, du code de commerce, dans les conditions spécifiques de la liquidation judiciaire.
Le bailleur peut-il demander la résiliation du bail sans clause résolutoire ?
Oui, dans le cadre de la liquidation judiciaire, le bailleur peut demander la résiliation de plein droit sans se prévaloir d'une clause résolutoire, en application de l'article L. 641-12, 3°, du code de commerce.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.