Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour de cassation, cr, 19 juin 2018 — n° 17-85.023

Rejet ECLI : ECLI:FR:CCASS:2018:CR01306

Synthèse de la décision

Question juridique

La dénonciation, auprès d'autorités administratives et judiciaires, d'accusations partiellement inexactes présentées de manière tendancieuse suffit-elle à caractériser la dénonciation calomnieuse lorsque leurs auteurs ne pouvaient ignorer leur fausseté ?

Principe retenu

La dénonciation calomnieuse peut être faite par écrit ou oralement et doit porter sur un fait visant une personne déterminée, susceptible d'entraîner des sanctions, et dénoncé à une autorité compétente. Lorsque les faits dénoncés sont partiellement inexacts et présentés de façon tendancieuse ou dénaturée, la connaissance de leur fausseté peut être caractérisée par les circonstances souverainement appréciées par les juges du fond.

Faits clés

  • Des parents et membres de la communauté scolaire ont dénoncé de manière concertée des faits impliquant un professeur d'éducation physique et sportive d'un collège.
  • Les dénonciations visaient également deux autres enseignants, deux membres du personnel et la principale de l'établissement.
  • Les accusations portaient notamment sur des comportements susceptibles d'entraîner des sanctions judiciaires, administratives ou disciplinaires.
  • Les faits dénoncés s'inscrivaient dans un conflit entre le professeur concerné et ses collègues d'éducation physique et sportive.
  • La procédure relative aux faits dénoncés a été classée sans suite.

Articles cités

article 226-10 du code pénal article 226-31 du code pénal article 567-1-1 du code de procédure pénale article 590-1 du code de procédure pénale article 591 du code de procédure pénale article 592 du code de procédure pénale article 593 du code de procédure pénale

Dispositif

CONSTATE la déchéance ; II. Sur le pourvoi en tant qu'il a été formé par les autres demandeurs : Le REJETTE ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président le dix-neuf juin deux mille dix-huit ; En foi de quoi le présent arrêt a été signé par le président, le rapporteur et le greffier de chambre.

Exposé du litige

Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué, du jugement qu'il confirme et des pièces de procédure que des parents d'élèves d'un collège de Biscarosse (Landes), au nombre desquels M. Y..., Mme Z..., épouse Y..., M. A..., Mme B..., épouse A..., Mme D..., épouse E..., M. E..., Mme F..., M. H..., Mme I..., épouse H..., Mme J..., Mme K..., épouse L..., Mme M..., épouse QQ..., Mme O..., Mme P... et Mme Q... ont dénoncé, en écrivant au ministre de l'éducation nationale, au recteur de l'académie de Bordeaux et au directeur académique des services départementaux de l'éducation nationale, ainsi que, pour certains d'entre eux, en déposant plainte, des comportements brutaux, agressifs, humiliants ou intrusifs imputés principalement à un professeur d'éducation physique et sportive de l'établissement, M. Claude T..., ainsi qu'à deux autres enseignants et à deux autres membres du personnel du collège, la principale de celui-ci étant également incriminée pour avoir protégé de façon partiale les membres de l'équipe éducative visés ; que la procédure ouverte sur les faits dénoncés a établi que ces accusations concertées s'inscrivaient dans un conflit entre M. T... et ses collègues professeurs d'éducation physique et sportive, lesquels les avaient en partie suscitées ; que cette procédure a fait l'objet d'un classement sans suite et que les trente-sept auteurs des dénonciations ont été poursuivis, du chef susvisé, devant le tribunal correctionnel, qui a déclaré trente d'entre eux coupables ; que vingt-et-un prévenus, ainsi que le ministère public, ont relevé appel de cette décision ; Attendu que, pour confirmer le jugement à l'égard des quinze prévenus susnommés, l'arrêt prononce par les motifs repris aux moyens ; Attendu qu'en l'état de ces énonciations, procédant de son appréciation souveraine des faits et circonstances de la cause, dont il résulte que les prévenus ne pouvaient ignorer le caractère à tout le moins partiellement inexact des faits de nature à entraîner des sanctions qu'ils dénonçaient, à des autorités administratives et judiciaires susceptibles d'y donner suite, en les présentant de façon tendancieuse ou dénaturée, la cour d'appel, qui a ainsi caractérisé la connaissance, par les prévenus, de la fausseté des accusations formulées, a justifié sa décision ;

Motivations de la décision

Attendu que ces demandeurs n'ont pas déposé dans le délai légal, personnellement ou par leur conseil, un mémoire exposant leurs moyens de cassation ; qu'il y a lieu, en conséquence, de les déclarer déchus de leur pourvoi par application de l'article 590-1 du code de procédure pénale ; Vu le mémoire produit ; D'où il suit que les moyens doivent être écartés ; Et attendu que l'arrêt est régulier en la forme ; I. Sur le pourvoi en tant qu'il a été formé par M. C..., Mme G... et Mme N... : En

Questions fréquentes

Quels sont les éléments constitutifs de la dénonciation calomnieuse ?
Il faut dénoncer, à une autorité susceptible d'y donner suite, un fait visant une personne déterminée et de nature à entraîner une sanction, en sachant que ce fait est totalement ou partiellement inexact.
Le classement sans suite des plaintes suffit-il automatiquement à prouver la dénonciation calomnieuse ?
Non. Dans cette affaire, le classement sans suite faisait partie du contexte, mais les juges ont surtout retenu le caractère partiellement inexact et tendancieusement présenté des accusations ainsi que la connaissance de cette fausseté par les prévenus.
Pourquoi les auteurs des dénonciations ont-ils été condamnés ?
Les accusations concertées concernaient notamment un professeur et plusieurs membres du collège, dans le cadre d'un conflit interne. Les prévenus ne pouvaient ignorer que les faits dénoncés étaient au moins partiellement inexacts.
Quelle sanction a été prononcée dans cette affaire ?
Les prévenus concernés ont chacun été condamnés à 1 000 euros d'amende avec sursis. La Cour de cassation a rejeté leurs pourvois, sauf pour trois demandeurs déclarés déchus faute d'avoir déposé un mémoire dans le délai légal.
La Cour de cassation réexamine-t-elle les faits et les témoignages dans ce type de dossier ?
Elle contrôle la motivation et la qualification juridique, mais laisse aux juges du fond l'appréciation souveraine des faits et circonstances. Elle a donc considéré que la cour d'appel avait suffisamment caractérisé la connaissance de la fausseté des accusations.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.