Cour de cassation, cr, 7 mai 2018 — n° 17-82.388
Synthèse de la décision
Question juridique
Le délit de discrimination à raison des opinions politiques est-il constitué lorsque des élus interviennent dans des recrutements, mais que les offres d'emploi ne sont pas établies en fonction des opinions politiques des candidats ?
Principe retenu
La discrimination dans l'accès à l'emploi suppose que l'offre ou la décision de recrutement soit subordonnée à un critère discriminatoire, notamment les opinions politiques. La seule intervention d'élus en faveur de candidats, motivée par leur qualité d'administrés et non par leurs opinions politiques, ne suffit pas à caractériser le délit. En l'absence de fait punissable, le débat sur une éventuelle requalification de la complicité en coaction est inopérant.
Faits clés
- La présidente du conseil général de La Réunion a été poursuivie comme auteur principal de discrimination.
- Trois élus ou collaborateurs ont été poursuivis comme complices de discrimination.
- Les poursuites concernaient le recrutement d'agents contractuels dans un foyer départemental de l'enfance.
- Des élus étaient intervenus en faveur de certains candidats lors des recrutements.
- La cour d'appel a retenu que ces interventions étaient liées à la qualité d'administrés des candidats et non à leurs opinions politiques.
Articles cités
Dispositif
Exposé du litige
Motivations de la décision
Questions fréquentes
Quels faits étaient reprochés aux prévenus ?
Pourquoi la cour d'appel a-t-elle relaxé les prévenus ?
Une recommandation faite par un élu est-elle automatiquement une discrimination ?
Qu'a décidé la Cour de cassation ?
La question de la requalification de la complicité en coaction a-t-elle changé l'issue du procès ?
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