MOTIFS :
Sur la reprise d'ancienneté :
La salariée se prévaut de la clause du contrat à durée indéterminée qui stipule que : "L'ancienneté que le contractant a acquise dans son précédent emploi au sein du groupe La Poste, soit 03 années 00 mois et 20 jours, est reprise à compter du 16/10/2017", ce qui se comprend, selon elle, par une reprise d'ancienneté de grade et de rémunération.
L'employeur répond que cette demande est sans objet dès lors que trois types d'ancienneté sont distingués : l'ancienneté contractuelle qui ne concerne que les droits sociaux, l'ancienneté de grade qui ne reprend que "les contrats jointifs" et l'ancienneté de rémunération qui ne portent que sur ces mêmes contrats.
Il précise que l'ancienneté contractuelle n'apparaît pas sur les bulletins de paie qui ne reprennent que les anciennetés de grade et de rémunération et que l'ancienneté de rémunération ne s'applique que lorsque le contrat à durée indéterminée succède immédiatement à un contrat à durée déterminée, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, le dernier contrat à durée déterminée étant arrivé à terme le 19 octobre 2016 alors que le contrat à durée indéterminée a été conclu à effet du 16 octobre 2017.
Enfin, la reprise de l'ancienneté contractuelle résulterait de la mise en oeuvre d'accords d'entreprise relatifs à la qualité de vie au travail et à l'insertion des jeunes et à l'emploi des seniors, lesquels ne visent pas l'ancienneté de rémunération.
L'article L. 1243-11 du code du travail dispose que : "Lorsque la relation contractuelle de travail se poursuit après l'échéance du terme du contrat à durée déterminée, celui-ci devient un contrat à durée indéterminée.
Le salarié conserve l'ancienneté qu'il avait acquise au terme du contrat à durée déterminée".
En l'espèce, ce texte n'a pas vocation à s'appliquer, le dernier contrat à durée déterminée ne s'étant pas poursuivi après son terme et l'activité a été reprise, par un contrat à durée indéterminée conclu entre les parties, près d'un an après ce terme.
La reprise d'ancienneté est donc seulement d'origine contractuelle.
La clause précitée ne précise pas quelle ancienneté est reprise.
En présence d'interprétations différentes de cette clause, par les parties, il convient de rechercher leur commune intention, notamment au regard des accords d'entreprise applicables, étant relevé que le contrat de travail peut y déroger, notamment dans un sens plus favorable au salarié.
L'employeur produit l'accord cadre "Qualité de vie au travail", les bulletins BRH des 18 mars 2013 et 7 mars 2016 et l'accord relatif à l'insertion des jeunes et à l'emploi des seniors à la Poste.
Ces accords stipulent que : "lorsque la personne embauchée en contrat à durée indéterminée a exercé en contrat à durée déterminée à La Poste dans les douze derniers mois précédant son embauche en contrat à durée indéterminée, l'ancienneté contractuelle reprise correspondra au cumul des durées effectives de tous les contrats à durée déterminée jointifs ou non jointifs, effectués au sein de la Poste".
L'ancienneté contractuelle n'est pas définie par ces accords, notamment dans les articles 2.5.1, 2ème mesure et le § I.1 (page 5).
Les deux bulletins précités précisent que la reprise de l'ancienneté contractuelle ne concerne pas l'ancienneté de rémunération.
Toutefois, ces bulletins ne sont pas des accords liant l'employeur et les organisations syndicales mais seulement une interprétation unilatérale de l'employeur.
Dans le silence de la clause contractuelle et alors que les accords précités n'excluent pas expressément la reprise de l'ancienneté de rémunération, il convient d'accueillir la demande de la salariée.
Celle-ci ne chiffre pas le montant du rappel de salaire demandé ni dans le corps ni dans le dispositif de ses conclusions et ne donne à la cour aucun élément pour le déterminer.
L'employeur reconnaît devoir, à titre subsidiaire, une somme de 616 euros.
Ce rappel sera donc chiffré à 616 euros.
La salariée est fondée à demander que les bulletins de salaire comportent à compter du 16 octobre 2017, la mention d'une reprise d'ancienneté acquise dans son précédent emploi au sein du groupe La Poste de 3 ans et 20 jours et l'employeur devra lui remettre, sans astreinte, ces bulletins.
Sur les autres demandes :
Les demandes formées au visa de l'article 700 du code de procédure civile seront rejetées.
L'employeur supportera les dépens de première instance et d'appel.