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Cour de cassation, chambre sociale, 5 avril 2023 — n° 21-18.636

Rejet Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2023:SO00332

Synthèse de la décision

Question juridique

L'employeur peut-il préciser le motif économique de la rupture après l'adhésion du salarié au contrat de sécurisation professionnelle, et dans quel délai ?

Principe retenu

Lorsque la rupture du contrat de travail résulte de l'acceptation par le salarié d'un contrat de sécurisation professionnelle, le document par lequel l'employeur informe celui-ci du motif économique de la rupture envisagée peut être précisé par l'employeur, soit à son initiative, soit à la demande du salarié, dans le délai de quinze jours suivant l'adhésion de ce dernier au dispositif.

Faits clés

  • Rupture du contrat de travail résultant de l'acceptation d'un contrat de sécurisation professionnelle
  • Document d'information sur le motif économique de la rupture
  • Précision apportée par l'employeur après l'adhésion du salarié
  • Délai de quinze jours suivant l'adhésion

Articles cités

article L. 1235-2 du code du travail article R. 1233-2-2 du code du travail

Exposé du litige

Faits et procédure 3. Selon les arrêts attaqués ([Localité 5], 27 avril 2021), Mmes [M] et [D] [I] ont été engagées respectivement les 31 décembre 1993 et 15 mai 2001 en qualité de secrétaires par l'association [6] (l'association). Dans le dernier état des relations contractuelles, elles occupaient les fonctions de secrétaires de direction. 4. Après avoir été convoquées par lettres du 3 septembre 2018 à un entretien préalable à un éventuel licenciement, qui s'est tenu le 21 septembre 2018, elles ont adhéré le 27 septembre 2018 au contrat de sécurisation professionnelle qui leur avait alors été proposé, de sorte que la rupture de leur contrat de travail est intervenue le 12 octobre 2018. 5. Elles ont saisi la juridiction prud'homale d'une contestation de la rupture de leur contrat de travail. 6. L'association a été placée en liquidation judiciaire par jugement du 20 juin 2020, M. [Z] étant désigné en qualité de liquidateur judiciaire.

Motivations de la décision

Réponse de la Cour 8. D'abord, il résulte de l'article 4 de la convention Unédic relative au contrat de sécurisation professionnelle du 26 janvier 2015, agréée par arrêté du 16 avril 2015, et des articles L. 1233-65, L. 1233-66 et L. 1233-67 du code du travail que la rupture du contrat de travail résultant de l'acceptation par le salarié d'un contrat de sécurisation professionnelle doit avoir une cause économique réelle et sérieuse. L'employeur est en conséquence tenu d'énoncer le motif économique de la rupture du contrat dans un écrit remis ou adressé au salarié au cours de la procédure de licenciement et au plus tard au moment de son acceptation. 9. Ensuite, selon l'article L. 1235-2 du code du travail, dans sa rédaction issue de l'ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017, les motifs énoncés dans la lettre de licenciement prévue aux articles L. 1232-6, L. 1233-16 et L. 1233-42 peuvent, après la notification de celle-ci, être précisés par l'employeur, soit à son initiative soit à la demande du salarié, dans des délais et conditions fixés par décret en Conseil d'Etat. La lettre de licenciement, précisée le cas échéant par l'employeur, fixe les limites du litige en ce qui concerne les motifs de licenciement. 10. Enfin, aux termes de l'article R. 1233-2-2 du code du travail, dans les quinze jours suivant la notification du licenciement, le salarié peut, par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé, demander à l'employeur des précisions sur les motifs énoncés dans la lettre de licenciement. L'employeur dispose d'un délai de quinze jours après la réception de la demande du salarié pour apporter des précisions s'il le souhaite. Il communique ces précisions au salarié par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé. Dans un délai de quinze jours suivant la notification du licenciement et selon les mêmes formes l'employeur peut, à son initiative, préciser les motifs du licenciement. 11. Il s'en déduit que, lorsque la rupture du contrat de travail résulte de l'acceptation par le salarié d'un contrat de sécurisation professionnelle, le document par lequel l'employeur informe celui-ci du motif économique de la rupture envisagée peut être précisé par l'employeur, soit à son initiative, soit à la demande du salarié, dans le délai de quinze jours suivant l'adhésion de ce dernier au dispositif. 12. Par ce motif de pur droit, substitué à ceux critiqués, dans les conditions prévues par les articles 620, alinéa 1er, et 1015 du code de procédure civile, les arrêts, qui ont constaté que l'employeur avait, de sa propre initiative, précisé que les difficultés économiques invoquées dans les documents d'information remis aux salariées le 21 septembre 2018, avaient pour conséquence la suppression de leur poste de travail, par lettre du 9 octobre 2018, soit dans les 15 jours courant à compter de leur acceptation le 27 septembre 2018 du contrat de sécurisation professionnelle, se trouvent légalement justifiés en ce qu'ils déboutent les salariées de leur demande de dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. 13. Le moyen, qui est inopérant en sa quatrième branche, n'est donc pas fondé pour le surplus.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : REJETTE les pourvois ; Condamne Mmes [D] [I] et [M] aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du cinq avril deux mille vingt-trois.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il préciser le motif économique après que j'ai accepté le CSP ?
Oui, l'employeur peut préciser le motif économique, soit à son initiative, soit à la demande du salarié, dans le délai de quinze jours suivant l'adhésion au CSP.
Quel est le délai pour préciser le motif économique après adhésion au CSP ?
Le délai est de quinze jours à compter de l'adhésion du salarié au contrat de sécurisation professionnelle.
Puis-je demander à mon employeur de préciser le motif économique de mon licenciement ?
Oui, le salarié peut demander à l'employeur de préciser le motif économique, et l'employeur doit le faire dans le délai de quinze jours suivant l'adhésion.
Que se passe-t-il si l'employeur ne précise pas le motif économique dans les 15 jours ?
La décision ne précise pas les conséquences d'un dépassement du délai, mais le principe est que l'employeur peut préciser le motif dans ce délai, ce qui peut avoir un impact sur la régularité de la procédure.
Le motif économique doit-il être précisé avant ou après l'adhésion au CSP ?
Le document d'information initial doit être remis avant l'adhésion, mais il peut être précisé après, dans le délai de quinze jours suivant l'adhésion.
Quelles sont les règles concernant l'information du motif économique en cas de CSP ?
L'employeur doit informer le salarié du motif économique de la rupture envisagée, et ce motif peut être précisé dans les quinze jours suivant l'adhésion au CSP, conformément aux articles L. 1235-2 et R. 1233-2-2 du code du travail.
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