Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour de cassation, comm, 5 février 2025 — n° 23-23.358

Cassation Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2025:CO00055

Synthèse de la décision

Question juridique

La résolution unilatérale d'un contrat est-elle opposable à la partie adverse sans qu'il soit nécessaire de l'inclure dans la procédure ?

Principe retenu

La résolution unilatérale notifiée par une partie à un contrat est opposable à l'autre partie, même si celle-ci n'est pas mise en cause dans la procédure. La caducité résultant de cette résolution est applicable sans nécessiter l'intervention du cocontractant.

Faits clés

  • Une partie a notifié la résolution unilatérale d'un contrat.
  • La résolution concerne un contrat lié à une opération de location financière.
  • La partie adverse invoque la caducité de la résolution.
  • La notification a été faite à ses risques et périls.
  • Le cocontractant n'a pas été mis en cause dans la procédure.

Dispositif

PAR CES MOTIFS , la Cour : CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 19 octobre 2023, entre les parties, par la cour d'appel de Lyon ; Remet l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Lyon autrement composée ; Condamne la société Locam-location automobiles matériels aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par la société Locam-location automobiles matériels et la condamne à payer à la société Nogar'auto la somme de 3 000 euros ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre commerciale, financière et économique, et prononcé en l'audience publique du cinq février deux mille vingt-cinq et signé par Mme Schmidt, conseiller doyen en ayant délibéré, en remplacement de M. Vigneau président, empêché, le conseiller rapporteur et le greffier de chambre, conformément aux dispositions des articles 452, 456 et 1021 du code de procédure civile.

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Lyon, 19 octobre 2023), le 2 décembre 2016, la société Nogar'auto a conclu avec la société Locam-location automobiles matériels (la société Locam) un contrat de location financière portant sur un matériel de bureautique fourni par la société Olicopie, celle-ci en assurant aussi la maintenance. 2. Le 8 janvier 2020, après vaine mise en demeure, se prévalant d'un manquement de la société Olicopie à ses obligations, la société Nogar'auto lui a notifié la résolution du contrat de maintenance. Le 13 janvier 2020, elle a notifié à la société Locam la caducité par voie de conséquence du contrat de location financière. 3. Le 28 janvier 2020, la société Olicopie a été mise en liquidation. 4. Assignée en paiement des loyers impayés par la société Locam, la société Nogar'auto a opposé la caducité du contrat de location financière en conséquence de la résolution du contrat de maintenance préalablement prononcée.

Motivations de la décision

Réponse de la Cour Vu les articles 1186, alinéas 2 et 3, 1224 et 1226 du code civil : 6. Selon le premier de ces textes, lorsque l'exécution de plusieurs contrats est nécessaire à la réalisation d'une même opération et que l'un d'eux disparaît, sont caducs les contrats dont l'exécution est rendue impossible par cette disparition et ceux pour lesquels l'exécution du contrat disparu était une condition déterminante du consentement d'une partie, la caducité n'intervenant toutefois que si le contractant contre lequel elle est invoquée connaissait l'existence de l'opération d'ensemble. 7. Aux termes du deuxième de ces textes, la résolution résulte soit de l'application d'une clause résolutoire, soit, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur ou d'une décision de justice. 8. Selon le troisième de ces textes, le créancier peut, à ses risques et périls, résoudre le contrat par voie de notification, le débiteur pouvant à tout moment saisir le juge pour contester la résolution. 9. Il en résulte que la résolution par voie de notification est opposable à celui contre lequel est invoquée la caducité d'un contrat, par voie de conséquence de l'anéantissement préalable du contrat interdépendant, sans qu'il soit nécessaire de mettre en cause le cocontractant du contrat préalablement résolu. 10. Pour rejeter la demande de caducité du contrat de location financière, l'arrêt, après avoir rappelé l'interdépendance des contrats en cause, retient que si la société Nogar'auto a résolu unilatéralement le contrat de maintenance du 2 décembre 2016, cette résolution ne peut être constatée par le juge, à défaut de mise en cause préalable de la société Olicopie. 11. En statuant ainsi, la cour d'appel a violé les textes susvisés.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.