Énoncé de la demande d'avis
1. La demande d'avis est ainsi rédigée :
« Quel est le point de départ du délai du sursis probatoire prononcé avec exécution provisoire en cas d'arrêt d'appel infirmatif (soit sur le délai d'épreuve, soit sur les obligations, soit sur la partie ferme, soit sur le quantum de la peine prononcée avec sursis probatoire), dès lors qu'un sursis probatoire est de nouveau prononcé ?
Si le sursis probatoire débute lors de la décision de première instance, la révocation intervenue entre temps doit-elle être mise à exécution ou devient-elle caduque ? »
Examen de la demande d'avis
Vu les articles L. 441-1 du code de l'organisation judiciaire et 706-64 et suivants du code de procédure pénale :
2. Lorsque la cour d'appel confirme, dans toutes ses modalités, la peine d'emprisonnement assortie du sursis probatoire prononcée en première instance avec exécution provisoire, le délai de probation commence à courir au jour du jugement.
3. Dans ce cas, la révocation du sursis probatoire ordonnée par le juge de l'application des peines sur le fondement de l'article 132-47 du code pénal, avant que la cour d'appel ait statué, doit être mise à exécution.
4. Par ailleurs, il résulte de l'effet dévolutif de l'appel que, lorsque la cour d'appel, infirmant le jugement prononcé en première instance, prononce une peine différente, dans sa nature, sa durée ou ses modalités, cette nouvelle peine se substitue à celle initialement prononcée.
5. Il s'en déduit que, si la cour d'appel, infirmant le jugement sur la peine, prononce une nouvelle peine d'emprisonnement assortie du sursis probatoire dont elle modifie le quantum, la durée du délai de probation ou les obligations, cette peine s'applique dans toutes ses modalités dès que l'arrêt est exécutoire.
6. Si le jugement a assorti la peine d'emprisonnement avec sursis probatoire de l'exécution provisoire, le délai de probation doit toutefois débuter au jour du jugement.
7. La solution contraire, consistant à faire débuter le délai de probation au jour où l'arrêt d'appel devient exécutoire, conduirait, en effet, à faire exécuter successivement par le prévenu deux peines de même nature pour la même infraction, prononcées, l'une en première instance, l'autre en appel.
8. Pour autant, comme le prévoit expressément la dernière phrase du second alinéa de l'article 132-47 du code pénal, la révocation prononcée par le juge de l'application des peines, alors que la condamnation n'avait pas encore acquis un caractère définitif, devient caduque, dès lors que la cour d'appel, modifiant une des modalités du sursis probatoire prononcé en premier ressort, a ainsi infirmé le jugement.