Cour de cassation, 1ère chambre civile, 24 septembre 2025 — n° 23-23.869
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conséquences d'un manquement du vendeur à son obligation de délivrer un bien conforme ?
Principe retenu
L'action fondée sur un manquement du vendeur à son obligation de délivrer un bien conforme se prescrit par cinq ans à compter du jour où l'acquéreur a connu ou aurait dû connaître le défaut de conformité allégué. La livraison d'un bien non conforme, tel qu'un véhicule équipé d'un logiciel prohibé, constitue un manquement grave justifiant la résolution du contrat.
Faits clés
- Un véhicule à moteur a été livré à un acquéreur.
- Le véhicule était équipé d'un logiciel destiné à tromper les mesures d'émission.
- L'implantation de ce logiciel est prohibée par la réglementation européenne.
- L'acquéreur a constaté le défaut de conformité du véhicule.
- Une cour d'appel a initialement refusé d'appliquer la réglementation sur la conformité.
Articles cités
article 1603 du code civil
article 1604 du code civil
article 2224 du code civil
article L. 110-4 du code de commerce
article 5, paragraphe 2, du règlement n° 715/2007
Sommaire de la décision
Il résulte des articles 1603 et 1604 du code civil, et des articles 2224 du même code et L. 110-4 du code de commerce, que l'action fondée sur un manquement du vendeur à son obligation de délivrer un bien conforme se prescrit par cinq ans à compter du jour où l'acquéreur a connu ou aurait dû connaître le défaut de conformité allégué.
Viole l'article 1604 du code civil et les articles 3, point 10, et 5, paragraphes 1 et 2, du règlement n° 715/2007 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2007, relatif à la réception des véhicules à moteur au regard des émissions des véhicules particuliers et utilitaires légers (Euro 5 et Euro 6) et aux informations sur la réparation et l'entretien des véhicules, par refus d'application, une cour d'appel qui retient que la preuve d'un défaut de conformité d'un véhicule automobile n'est pas rapportée, alors que l'implantation d'un logiciel destiné à tromper les mesures d'émission d'oxydes d'azote prévues par ce règlement est prohibée et constitue un défaut de conformité au sens de la directive 1999/44, et qu'elle avait constaté que le véhicule en cause était équipé d'un tel logiciel.
Il résulte des articles 1604 et 1184 du code civil, ce dernier texte dans sa rédaction antérieure à celle issue de l'ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016, interprétés à la lumière des articles 1er et 2 de la Charte de l'environnement, que caractérise un manquement grave du vendeur à son obligation de délivrance conforme, justifiant la résolution du contrat, le fait de livrer à un acquéreur un véhicule à moteur équipé d'un dispositif d'invalidation dont l'utilisation est interdite en vertu de l'article 5, paragraphe 2, du règlement n° 715/2007 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2007
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