MOTIFS DE LA DECISION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, le juge ne peut faire droit à la requête que si elle régulière, recevable et bien fondée.
Aucune exception de nullité ou fin de non-recevoir d’ordre public n’est relevée, de sorte qu’il convient d’examiner la requête au fond.
Selon l’alinéa 1er de l’article L. 2313-8 du code de travail « lorsqu'une unité économique et sociale regroupant au moins onze salariés est reconnue par accord collectif ou par décision de justice entre plusieurs entreprises juridiquement distinctes, un comité social et économique commun est mis en place ».
Il est admis que pour autoriser l’instauration d’une représentation unique du personnel entre entités juridiquement distinctes, le juge doit constater dans ce périmètre à la fois une unité économique et une unité sociale. L’unité économique repose sur l’existence d’une direction commune et de l’exercice d’activités identiques ou complémentaires ou donnant lieu à des services communs. L’unité sociale est caractérisée par la réunion d’un faisceau d’indices tels que la communauté d’intérêts entre les salariés, l’existence de conditions de travail communes, une permutabilité du personnel ou l’existence d’un statut social unique.
A titre liminaire, il doit être constaté que du fait des réorganisations juridiques intervenues, l’UES W-PI PROMOTION, initialement dénommée PITCH PROMOTION n’est plus constituée que d’une seule société disposant de personnel, la société ALTAREA PROMOTION et ne constitue plus une UES. En revanche, il doit être statué sur la reconnaissance d’une nouvelle UES entre cette société et les sociétés ALTAREA SOLUTIONS & SERVICES, ALTAREA GESTION IMMOBILIERE, ALTAREA ENTREPRISE MANAGEMENT, XF INVESTMENT et RESEAUX CONCEPT.
S’agissant d’abord de l’unité économique, il s’évince de l’objet statutaire des différentes sociétés requérantes que leur objet, participant à des activités complémentaires, se rapportent à des actes de dispositions ou d’administration ainsi que des prestations de services en matière immobilière (notamment promotion, conseil, acquisition et opérations immobilières, bureau d’étude, maîtrise d’ouvrage déléguée ou maîtrise d’œuvres, administration et syndic de propriété et prise de participation). Par ailleurs, outre l’existence de capitaux imbriqués entre ces six sociétés, qui appartiennent au même groupe, il est établi qu’elles ont le même dirigeant, en la personne de M. [FR] [TP], qu’elles ont le même siège social et disposent d’une direction financière, d’une direction marketing, d’une direction des ressources humaines et d’une direction juridique communes.
Au titre de l’unité sociale, il doit être relevé que la direction du groupe a établi une politique sociale commune, dite « socle social commun » issu d’une concertation des représentants du personnel des deux UES, étendu au personnel des sociétés XF Investment et Réseaux Concept et traitant de la durée du travail, de la maladie et des accidents du travail, de l’indemnité de départ à la retraite, de l’ancienneté, de la formation professionnelle, de l’ensemble des dispositifs favorisant la qualité de vie au travail et de mesures visant à lutter contre la discrimination, favoriser l’également professionnelle entre les hommes et les femmes ainsi que favoriser l’insertion professionnelle et l’emploi des personnes en situation de handicap. Le personnel dispose également d’un régime commun de prévoyance et de couverture complémentaire des frais de santé, d’une politique commune de rémunération variable et de règles ou d’outils communs se rapportant notamment, et à titre d’exemple, au droit à la déconnexion, aux congés et jours de repos ou aux règlements intérieurs harmonisés. D’ores et déjà, tout le personnel des six entités bénéficie des activités sociales et culturelles des deux CSE actuellement en place.
L’existence d’une unité économique et sociale est donc établie.