Cour de cassation, 1ère chambre civile, 5 novembre 2025 — n° 24-20.513
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conséquences de l'annulation d'un contrat de prêt en matière de restitution des sommes versées ?
Principe retenu
La nullité d'un contrat entraîne en principe l'effacement rétroactif de celui-ci, ce qui implique une restitution intégrale des prestations exécutées. La partie lésée peut également demander réparation du préjudice subsistant selon les règles de la responsabilité extracontractuelle.
Faits clés
- Un contrat de prêt a été annulé en raison de clauses abusives.
- Les emprunteurs avaient versé des sommes à la banque en exécution de ce contrat.
- Une décision pénale a condamné la banque à verser des dommages et intérêts aux emprunteurs.
- L'indemnité octroyée par le juge pénal a été considérée comme ayant un effet restitutoire.
- La cour d'appel a déduit que l'indemnité devait être soustraite de la somme à restituer.
Sommaire de la décision
La Cour de cassation a jugé que la nullité emporte en principe l'effacement rétroactif du contrat (1re Civ., 16 juillet 1998, pourvoi n° 96-18.404, Bull. 1998, I, n° 251). Il convient d'en déduire que les prestations exécutées donnent lieu à restitution intégrale, sans perte ni profit pour le créancier. Outre les restitutions consécutives à l'annulation du contrat, la partie lésée peut demander réparation du préjudice subsistant dans les conditions du droit commun de la responsabilité extracontractuelle.
Il incombe au juge qui fixe la dette de restitution pesant sur la banque à l'issue de l'annulation d'un contrat de prêt résultant du caractère abusif de ses clauses, de déduire la somme allouée par une décision définitive de la juridiction pénale au titre du préjudice financier des emprunteurs né de l'exécution de ce contrat lorsqu'elle a le même effet que leur créance de restitution.
Ayant relevé que, par un arrêt définitif d'une chambre des appels correctionnels, une banque avait été condamnée à payer aux emprunteurs des dommages et intérêts correspondant à une partie des sommes que ceux-ci lui avaient versées en exécution du contrat de prêt et au paiement desquelles ils n'auraient pas été tenus en l'absence de stipulations faisant dépendre leur charge de remboursement du taux de change de l'euro contre le franc suisse, une cour d'appel, qui a ainsi fait ressortir que l'indemnité octroyée par le juge pénal avait le même effet restitutoire que celui résultant de l'annulation du contrat de prêt, en déduit exactement que cette indemnité devait être soustraite de la somme que les emprunteurs avaient payée à la banque et que celle-ci devait leur restituer en conséquence de l'annulation de l'entier contrat de prêt
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