Examen des moyens
Sur le moyen relevé d'office
Après avis donné aux parties conformément à l'article 1015 du code de procédure civile, il est fait application de l'article 620, alinéa 2, du même code.
Vu les articles 3 et 311-14 du code civil :
3. Il résulte du premier de ces textes qu'il incombe au juge français, saisi d'une demande d'application d'un droit étranger, de rechercher la loi compétente, selon la règle de conflit, puis de déterminer son contenu, au besoin avec l'aide des parties, et de l'appliquer.
4. Aux termes du second, la filiation est régie par la loi personnelle de la mère au jour de la naissance de l'enfant ; si la mère n'est pas connue, par la loi personnelle de l'enfant.
5. Pour dire la loi française applicable au litige, déclarer recevable l'action en recherche de paternité diligentée par Mme [V], la recevoir, en sa qualité de représentante légale de ses enfants, en ses demandes et prétentions, déclarer que M. [K] est le père biologique des enfants [E] et [M] [V], ordonner la mention de ce dispositif dans les registres de l'état civil, notamment en marge des actes de naissance des enfants, statuer sur l'autorité parentale, fixer la contribution alimentaire mise à la charge du père pour l'entretien et l'éducation des enfants à 500 euros par mois au total et le condamner en tant que de besoin au paiement mensuel de cette somme à compter du jugement, l'arrêt, après avoir énoncé qu'en application de l'article 311-14 du code civil, la filiation est régie par la loi personnelle de la mère au jour de la naissance de l'enfant, soit la loi camerounaise, retient que l'article 340 du code civil du Cameroun, complété par l'article 46 de l'ordonnance du 29 juin 1981, dispose que l'action en reconnaissance de paternité est irrecevable s'il est établi que, pendant la période légale de la conception, la mère était d'une inconduite notoire ou a eu commerce avec un autre individu, de sorte que ce texte est contraire à l'ordre public international français car de nature à priver, le cas échéant, l'enfant de son droit d'établir sa filiation paternelle et qu'il y a donc lieu d'écarter l'application de la loi camerounaise.
6. En statuant ainsi, alors que la loi étrangère compétente selon la règle de conflit de lois ne peut être écartée au seul motif que cette loi contient des dispositions contraires à l'ordre public international français lorsque l'application de ces dispositions n'est pas demandée, et qu'il ressortait de ses constatations que cette fin de non-recevoir prévue par la loi camerounaise n'avait pas été soulevée devant elle par M. [K], la cour d'appel a violé les textes susvisés.