Sur ce point, elles indiquent successivement que les sociétés POWEEND et DDIS relèvent des mêmes accords et conventions collectives, que le CODIR est composé de salariés issus de ces deux entités, que les avantages sociaux sont décidés au niveau de l’ensemble des sociétés avec une politique salariale centralisée, des avantages mis en place de manière identique et un régime de mutuelle et de prévoyance souscrit auprès du même prestataire.
Elles font état notamment d’un règlement intérieur identique au sein des sociétés POWEEND et DDIS, d’outils de pointage commun, de l’application des mêmes notes de service dans les deux structures, des mêmes process d’achat, de l’usage des mêmes trames pour l’établissement des contrats de travail ainsi que du recours au même service de comptabilité externalisé.
Elles considèrent dès lors que ces éléments suffisent à légitimer leur demande.
L’affaire a été fixée pour plaider à l’audience du 20 novembre 2025.
A l’audience, les sociétés DDIS, POWEEND et la CENTRALE EOLIENNE DE [Localité 3], représentées par leur conseil, réitèrent les termes de leur requête.
A l’issue des débats la décision a été mise en délibéré au 15 janvier 2026.
SUR CE :
Sur l’existence d’une Unité Economique et Sociale
Une Unité Economique et Sociale a pour objet d’assurer la protection des droits des salariés appartenant à une même collectivité de travail, en permettant à cette fin une représentation de leurs intérêts communs.
L’unité économique et sociale entre plusieurs entités juridiquement distinctes se caractérise, en premier lieu, par la concentration des pouvoirs de direction à l’intérieur du périmètre considéré, ainsi que par la similarité ou la complémentarité des activités déployées par ces différentes entités, en second lieu, par une communauté de travailleurs résultant de leur statut social et de conditions de travail similaires pouvant se traduire, en pratique, par une certaine permutabilité des salariés.
En l’espèce, il est constant que les trois sociétés requérantes ont le même siège social situé Parc d’Activité Aérodrome Est-[Adresse 1] à [Localité 2].
Il ressort des différents extraits K-BIS versés aux débats que la société DDIS, créée le 7 mai 2008, a pour activité l’élaboration, la conception et la commercialisation de systèmes énergétiques électromécaniques.
La société POWEEND, créée le 13 octobre 2021, est une société holding qui a pour activité l’achat, la souscription, la détention, la cession ou l’apport d’actions ou de valeurs mobilières dans toutes sociétés.
La Société CENTRALE EOLIENNE DE [Localité 3], qui n’embauche aucun salarié, a été créée le 13 septembre 2021 et exerce quant à elle, une activité de construction, exploitation commerciale et techniques de centrales éoliennes, production d’électricité.
Il existe dès lors des similitudes et complémentarité d’activités entre les sociétés DDIS et CENTRALE EOLIENNE DE [Localité 3].
Il est rapporté par ailleurs que le Directeur général de la société DDIS jusqu’en octobre 2025 était Monsieur [P] [G]. Désormais la société est dirigée par la SAS POWEEND dont le directeur général est Monsieur [G], également gérant de la SARL CENTRALE EOLIENNE DE [Localité 3].
La direction de ces entités est ainsi assurée, soit directement, soit indirectement par une même personne, ce qui permet de caractériser une unité de direction.
La concentration des pouvoirs de direction, la complémentarité des activités exercées par les trois sociétés, la société POWEEND assurant manifestement des fonctions supports permettant le bon fonctionnement des sociétés DDIS et CENTRALE EOLIENNE DE [Localité 3] au vu des éléments transmis, et leurs liens capitalistiques, permettent de retenir l’existence d’une unité économique les concernant.
Au delà de ces premiers constats, il ressort de l’attestation de Madame [C] [H], responsable ressources humaines au sein de la société POWEEND, et dont aucun élément objectif ne permet de remettre en cause la teneur, que la même politique de gestion du personnel et la même politique sociale sont appliquées dans les deux structures employant des salariés à savoir la SAS POWEEND et la société DDIS.
Ainsi, les mêmes règles de recrutement, plans de formation, mêmes règles disciplinaires, même types de contrat de travail, même grilles de rémunération, mêmes avantages sociaux sont ainsi mises en place.
Le personnel de l’une ou l’autre structure ont la même interlocutrice RH laquelle utilise dès lors les mêmes outils de gestion quelque soit la société concernée.
Ces affirmations sont étayées par les pièces jointes à la procédure et notamment par les trames de contrats de travail aux entêtes de POWEEND et DDIS qui établissent par ailleurs que la même convention collective de la Métallurgie est appliquée au sein des deux structures. En outre les notes de service et décisions unilatérales de l’employeur sont parfaitement similaires pour les deux sociétés et signées du même dirigeant. Les employés des deux entités bénéficient d’avantages sociaux identiques et dépendent du même organisme de prévoyance.
De même il est justifié de l’existence d’un même règlement intérieur POWEEND DDIS ( pièces 5).
Ces éléments démontrent que les salariés des deux sociétés sont strictement soumis aux mêmes conditions de travail et à la même politique sociale et peuvent indifféremment travailler pour l’une ou l’autre structure.
Ces constatations permettent de retenir la réalité d’une unité sociale qui coexiste avec une unité économique.
La requête sera dès lors accueillie favorablement.
Sur les conséquences de la reconnaissance d’une Unité Economique et Sociale :
Il y a lieu de préciser que la reconnaissance judiciaire d’une Unité Economique et Sociale implique la mise en place des élections des institutions représentatives du personnel au niveau de cette Unité.
Sur les dépens de l’instance :
Ils seront supportés par les requérantes.