Tribunal judiciaire, service des référés, 8 janvier 2026 — n° 25/00810
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conséquences d'une suspicion légitime sur l'impartialité d'un juge dans une affaire judiciaire ?
Principe retenu
Le droit à un procès équitable implique une exigence d'impartialité, conformément à l'article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l'homme. Si un auxiliaire de justice est partie à un litige, cela peut poser des difficultés quant à l'impartialité de la juridiction.
Faits clés
- Un avocat est partie à un litige devant la juridiction où il exerce
- Les parties n'ont pas demandé le renvoi de l'affaire
- Le juge des référés a relevé d'office la question de l'impartialité
- Les parties ont accepté la transmission du dossier à une autre juridiction
- Le dossier a été transmis au tribunal judiciaire du Puy-en-Velay
Articles cités
article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l'homme
article 47 du Code de procédure civile
Motivations de la décision
PARTIES :
DEMANDEUR
Maître [U] [F], demeurant [Adresse 1]
représenté par Maître Laurent SOUNEGA de la SELARL ASC AVOCATS & ASSOCIES, avocats au barreau de SAINT-ETIENNE,
DEFENDEUR
Monsieur [O] [K], demeurant [Adresse 2]
comparant, non représenté
Débats tenus à l'audience du : 18 Décembre 2025
Date de délibéré indiquée par la Présidente: 08 Janvier 2026
DECISION: réputée contradictoire en 1er ressort, prononcée publiquement par mise à disposition au greffe en application des articles 450 à 453 du code de procédure civile, les parties préalablement avisées
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Vu l'assignation en date du 03 décembre 2025 délivrée par Monsieur Franck-Olivier Lachaud, avocat au barreau de Saint-Etienne, à Monsieur [O] [K] ;
Vu les dispositions de l'article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l'homme et des articles 339 et 340 du Code de procédure civile ;
Aux termes des articles précités, le juge qui suppose en sa personne une cause de récusation ou estime en conscience devoir s'abstenir, se fait remplacer par un autre juge que désigne le président de la juridiction à laquelle il appartient ; lorsque l'abstention de plusieurs juges empêche la juridiction saisie de statuer, il est procédé
comme en matière de renvoi pour cause de suspicion légitime.
Il est constant que le fait qu'un auxiliaire de justice soit partie à un litige pendant devant la juridiction dans le ressort de laquelle il exerce ses fonctions, est de nature à poser une difficulté quant à l'impartialité objective de cette juridiction, le défendeur, tout comme le demandeur, ayant droit en application de l'article 6 § 1, de la Convention européenne des droits de l'homme, à un procès équitable impliquant une exigence d'impartialité.
Les parties n'ayant pas usé de la possibilité de solliciter le renvoi de l'affaire devant une autre juridiction en application des dispositions de l'article 47 du Code de procédure civile, le juge des référés a relevé d'office les dispositions de l'article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l'homme et a invité les parties à formuler leurs observations.
Les parties ayant déclaré ne pas s'y opposer, il convient d'ordonner la transmission du dossier de l'affaire au juge des référés du tribunal judiciaire du Puy-en-Velay, afin de garantir l'impartialité objective.
PAR CES MOTIFS
Dispositif
ORDONNONS la transmission du dossier 25/810 au juge des référés du tribunal judiciaire du Puy-en-Velay.
LA GREFFIERE LA VICE PRESIDENTE
Céline TREILLE Alicia VITELLO
Grosse + Copie :
la SELARL ASC AVOCATS & ASSOCIES
COPIES
- DOSSIER
Le 08 Janvier 2026
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