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Cour de cassation, cr, 10 février 2026 — n° 25-80.975

Cassation Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:CR00255

Synthèse de la décision

Question juridique

La chambre de l'instruction a-t-elle méconnu les règles de procédure pénale en refusant d'examiner la constitution de partie civile pour des faits de faux en écriture publique ?

Principe retenu

L'article 6-1 du Code de procédure pénale ne peut être invoqué que lorsque les faits dénoncés impliquent la violation d'une disposition de procédure pénale. La plainte avec constitution de partie civile ne critiquait pas la régularité des actes argués de faux, mais remettait en cause la sincérité de leurs énonciations.

Faits clés

  • M. [E] [B] a porté plainte pour faux en écriture publique et usage de faux.
  • Des fonctionnaires de police ont affirmé à tort qu'il avait été reconnu sur vidéosurveillance.
  • Cette reconnaissance mensongère a conduit à son implication dans des faits d'homicide.
  • Le juge d'instruction a refusé d'informer, considérant que le plaignant n'avait pas justifié le caractère illégal des actes.
  • La chambre de l'instruction a confirmé cette décision.

Articles cités

article 6-1 du code de procédure pénale article préliminaire du code de procédure pénale

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Il résulte de l'arrêt attaqué et des pièces soumises à l'examen de la Cour de cassation ce qui suit. 2. Le 25 août 2022, M. [E] [B] a porté plainte et s'est constitué partie civile contre personne non dénommée des chefs de faux en écriture publique ou authentique commis par dépositaires de l'autorité publique et usage desdits faux. 3. Il reprochait à des fonctionnaires de police d'avoir affirmé dans des procès-verbaux qu'un enquêteur l'avait reconnu formellement sur une vidéosurveillance, ce qui avait permis de l'impliquer dans la commission de faits d'homicide volontaire et tentative d'homicide volontaire pour lesquels il avait été mis en examen et placé en détention provisoire, alors que cette reconnaissance était mensongère, et à des magistrats d'avoir fait usage de ces procès-verbaux en connaissance de cause. 4. Par ordonnance du 9 mai 2023, le juge d'instruction a dit n'y avoir lieu à informer après avoir relevé que le plaignant n'avait pas justifié que le caractère illégal des actes dénoncés avait été constaté par une décision devenue définitive de la juridiction répressive saisie ou en application des voies de recours prévues par la loi ou le règlement. 5. Appel a été interjeté par la partie civile.

Motivations de la décision

Réponse de la Cour Vu l'article 6-1 du code de procédure pénale : 7. Selon ce texte, lorsqu'un crime ou un délit prétendument commis à l'occasion d'une poursuite pénale ou d'une instance devant une juridiction impliquerait la violation d'une règle de procédure, l'action publique ne peut être exercée que si le caractère illégal de la poursuite, de la décision intervenue ou de l'acte accompli à cette occasion a été constaté par une décision devenue définitive de la juridiction répressive saisie ou en application des voies de recours prévues par la loi ou le règlement. 8. Pour confirmer l'ordonnance de refus d'informer en application de l'article 6-1 du code de procédure pénale, l'arrêt attaqué énonce que M. [B] soutient que la mention, dans les procès-verbaux, de son identification formelle par un fonctionnaire de police alors que cette information est inexacte constitue un faux en écriture publique et que l'utilisation par les magistrats de ces mêmes procès-verbaux constitue des usages de faux en écriture publique. 9. Les juges retiennent que, contrairement à ce que soutient le requérant, ces faux en écriture publique et leurs usages, qui auraient été commis à l'occasion d'une procédure d'information, impliquent nécessairement, par leur nature, une violation d'une règle de procédure pénale, en l'espèce la violation du principe d'équité de la procédure prévu à l'article préliminaire du code de procédure pénale et son corollaire, le concept de loyauté d'exploitation d'un procès-verbal. 10. Ils relèvent que la chambre de l'instruction, compétente pour contrôler la légalité de cette procédure, pouvait être saisie aux fins d'annulation de ces procès-verbaux. 11. Ils en déduisent que le caractère illégal des procès-verbaux litigieux n'ayant pas été constaté par une décision définitive d'une juridiction, l'action publique ne peut être exercée en application de l'article 6-1 du code de procédure pénale. 12. En statuant ainsi, la chambre de l'instruction a méconnu le texte susvisé et le principe ci-dessus rappelé. 13. En effet, la plainte avec constitution de partie civile ne critiquait pas la régularité des actes argués de faux en écriture publique par dépositaire de l'autorité publique et d'usage, mais se bornait à remettre en cause la sincérité de leurs énonciations. 14. La cassation est par conséquent encourue.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble, en date du 22 octobre 2024, et pour qu'il soit à nouveau jugé, conformément à la loi ; RENVOIE la cause et les parties devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil ; ORDONNE l'impression du présent arrêt, sa transcription sur les registres du greffe de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Grenoble et sa mention en marge ou à la suite de l'arrêt annulé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président en son audience publique du dix février deux mille vingt-six.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le faux en écriture publique ?
L'article 6-1 du Code de procédure pénale ne peut être invoqué que lorsque les faits dénoncés impliquent la violation d'une disposition de procédure pénale. La plainte avec constitution de partie civile ne critiquait pas la régularité des actes argués de faux, mais remettait en cause la sincérité de leurs énonciations.
Comment puis-je porter plainte pour faux en écriture ?
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Quels sont mes droits en tant que partie civile dans une affaire pénale ?
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Que faire si ma plainte pour faux est rejetée ?
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Comment fonctionne la chambre de l'instruction ?
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Quelles sont les conséquences d'un faux en écriture publique ?
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