Cour de cassation, 1ère chambre civile, 25 mars 2026 — n° 25-13.292
Synthèse de la décision
Question juridique
L'expertise biologique est-elle de droit en matière de filiation même en l'absence de preuve de la relation intime entre la mère et le père prétendu ?
Principe retenu
L'expertise biologique est de droit en matière de filiation, sauf s'il existe un motif légitime de ne pas y procéder. Ce motif ne peut pas résulter de l'absence de preuve par la partie demanderesse de la vraisemblance des faits que l'expertise vise à établir.
Faits clés
- Mme [S] a donné naissance à une fille le 17 octobre 2014.
- Mme [S] a assigné M. [Q] pour établir sa paternité.
- Elle a sollicité une expertise biologique pour prouver la paternité.
- La cour d'appel a rejeté sa demande en raison de l'absence de preuve d'une relation intime.
- L'expertise a été considérée comme intrusive sans preuve de la relation intime.
Articles cités
article 310-3 du code civil
article 327 du code civil
article 328 du code civil
article 9 du code civil
article 146 du code civil
Exposé du litige
Faits et procédure
1. Selon l'arrêt attaqué (Versailles, 12 mars 2024) et les productions, le 17 octobre 2014, Mme [S] a donné naissance à une fille, [I], [P] [S].
2. Mme [S], agissant en son nom personnel et en qualité de représentante légale de sa fille mineure, a assigné M. [Q] en établissement de la paternité de celui-ci à l'égard de l'enfant. Elle a, à cette fin, sollicité une expertise biologique.
Motivations de la décision
Réponse de la Cour
Vu les articles 310-3, alinéa 2, et 327 du code civil :
4. Selon le second de ces textes, la paternité hors mariage peut être judiciairement déclarée.
5. Selon le premier, si une action relative à la filiation est engagée, la filiation se prouve et se conteste par tous moyens, sous réserve de la recevabilité de l'action.
6. Il en résulte que sous réserve de la recevabilité de l'action, l'expertise biologique est de droit en matière de filiation, sauf s'il existe un motif légitime de ne pas y procéder, lequel ne peut résulter de l'absence de preuve par la partie demanderesse à la mesure d'instruction de la vraisemblance de faits que celle-ci a précisément pour objet d'établir.
7. Pour rejeter les demandes de Mme [S], l'arrêt retient que, quand bien même le premier juge avait mis en exergue l'absence totale d'éléments de preuve voire de commencement de preuve de nature à établir la vraisemblance d'une relation intime entre elle et M. [Q] durant la période légale de conception de l'enfant, Mme [S] persiste à ne produire aucun élément à l'appui de ses prétentions, que l'expertise sollicitée ne saurait pallier la carence probatoire des parties et que cette mesure d'examen sanguin, qui constitue une mesure intrusive, ne saurait être ordonnée sans que Mme [S] ne justifie, à tout le moins, de l'existence d'une relation intime entre elle et le père prétendu durant la période de conception, relation non établie en l'espèce.
8. En statuant ainsi, par des motifs impropres à caractériser un motif légitime de ne pas procéder à l'expertise sollicitée, la cour d'appel a violé les textes susvisés.
Dispositif
PAR CES MOTIFS, la Cour :
CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 12 mars 2024, entre les parties, par la cour d'appel de Versailles ;
Remet l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Paris ;
Condamne M. [Q] aux dépens ;
En application de l'article 700 du code de procédure civile, condamne M. [Q] à verser la somme de 3 000 euros à Me Carbonnier.
Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé publiquement le vingt-cinq mars deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'expertise biologique en matière de filiation ?
L'expertise biologique est de droit en matière de filiation, sauf s'il existe un motif légitime de ne pas y procéder. Ce motif ne peut pas résulter de l'absence de preuve par la partie demanderesse de la vraisemblance des faits que l'expertise vise à établir.
Pourquoi ma demande d'expertise a-t-elle été rejetée ?
L'expertise biologique est de droit en matière de filiation, sauf s'il existe un motif légitime de ne pas y procéder. Ce motif ne peut pas résulter de l'absence de preuve par la partie demanderesse de la vraisemblance des faits que l'expertise vise à établir.
Quels sont mes droits en tant que mère dans une action en recherche de paternité ?
L'expertise biologique est de droit en matière de filiation, sauf s'il existe un motif légitime de ne pas y procéder. Ce motif ne peut pas résulter de l'absence de preuve par la partie demanderesse de la vraisemblance des faits que l'expertise vise à établir.
Comment puis-je prouver la paternité si je n'ai pas de preuves de la relation ?
L'expertise biologique est de droit en matière de filiation, sauf s'il existe un motif légitime de ne pas y procéder. Ce motif ne peut pas résulter de l'absence de preuve par la partie demanderesse de la vraisemblance des faits que l'expertise vise à établir.
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