Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 1 avril 2026 — n° 26/01783
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions de recevabilité d'un appel contre une décision de rétention administrative ?
Principe retenu
L'appel contre une décision de rétention administrative peut être déclaré manifestement irrecevable si la déclaration d'appel n'est pas motivée ou si aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention.
Faits clés
- M. [P] [C] est de nationalité marocaine et a été placé en rétention administrative.
- Un recours a été introduit par M. [P] [C] contre la décision de prolongation de sa rétention.
- L'appel a été interjeté le 31 mars 2026, sans éléments nouveaux justifiant la fin de la rétention.
- Les éléments fournis par M. [P] [C] ne critiquent pas la motivation de la décision initiale.
- Deux précédentes mesures d'éloignement de 2021 et 2023 n'ont pas été exécutées.
Articles cités
article L.743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article R.743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Dispositif
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance.
Fait à [Localité 2] le 01 avril 2026 à 09h37
LE GREFFIER,
LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.
Exposé du litige
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D'APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile
ORDONNANCE DU 01 AVRIL 2026
(1 pages)
Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/01783 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CM7M3
Décision déférée : ordonnance rendue le 30 mars 2026, à 10h45, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux
Nous, Marie-Sygne Bunot-Rouillard, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Marie Bounaix, greffière au prononcé de l'ordonnance,
APPELANT
M. [P] [C]
né le 01 juin 1991 à [Localité 1], de nationalité marocaine
RETENU au centre de rétention : [Adresse 1]
Informé le 31 mars 2026 à 15h42, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
INTIMÉ
[J] [E]
Informé le 31 mars 2026 à 15h42, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience
ORDONNANCE : contradictoire
-
Vu l'ordonnance du 30 mars 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux ordonnant la jonction de la procédure introduite par le recours de M. [P] [C] enregistrée sous le numéro RG 26/1653 et celle introduite par la requête du préfet du Val-de-Marne enregistrée sous le numéro RG 26/1652, déclarant le recours de M. [P] [C] recevable, le rejetant, déclarant la requête du préfet du Val-de-Marne recevable et la procédure régulière et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [P] [C] au centre de rétention administrative n°3 du [Etablissement 1], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de vingt six jours à compter du 30 mars 2026 ;
-
Vu l'appel interjeté le 31 mars 2026, à 11h09, par M. [P] [C] ;
-
Vu les pièces versées par M. [P] [C] le 31 mars 2026 à 17h06 ;
Motivations de la décision
SUR QUOI,
Aux termes de l'article L.743-23 alinéa 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties. L'article R743-11 alinéa 1 exige que 'A peine d'irrecevabilité, la déclaration d'appel est motivée'.
En outre, l'article L.743-23 alinéa 2 dispose qu'en cas d'appel contre la décision rendue sur contestation de l'arrêté de placement en rétention, celui-ci peut également être rejeté sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.
Par application de l'article R.743-14 du même Code, les observations de l'appelant concernant le caractère manifestement irrecevable de son appel ont été sollicitées.
En l'espèce,
- s'agissant de l'arrêté de placement, les éléments soumis ne critiquent en aucune manière la motivation retenue par le premier juge, ni ne font valoir de circonstance de fait ou de droit nouvelle, ni n'apportent d'élément permettant qu'il soit mis fin à sa rétention au sens des articles L. 741-10 et L.743-23, alinéas 1 et 2 combinés, étant souligné qu'ils constituent davantage une contestation de la décision d'éloignement relevant de la compétence exclusive du juge administratif, dans la mesure où sont expressément visées deux précédentes mesures d'éloignement de 2021 et 2023 qui n'ont pas été exécutées, étant relevé que les explications fournies depuis ne correspondent pas à celles données en audition dans le cadre de la retenue administrative et sur la fiche de levée d'écrou, jusque avant le placement en rétention ;
- s'agissant de la copie actualisée du registre et des diligences de l'administration, la déclaration d'appel :
- se prévaut du défaut de mention du recours devant le tribunal administratif qui, pourtant, y figure ;
- se prévaut de l'absence d'information du tribunal administratif de Cergy Pontoise pourtant opérée le 17 mars 2026 à 16 heures 10 ;
ce qui ne peut constituer une motivation au sens de l'article R.743-11.
Les observations reçues n'apportent pas d'élément nouveau et ne permettent pas une autre analyse.
En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention, et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de constater que l'appel doit être rejeté comme irrecevable.
PAR CES MOTIFS
REJETONS la déclaration d'appel,
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