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Cour d'appel, chambre des etrangers, 2 avril 2026 — n° 26/01324

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation d'une mesure de rétention administrative ?

Principe retenu

La prolongation d'une mesure de rétention administrative doit être justifiée par des éléments concrets et ne peut être décidée que si les perspectives d'éloignement sont réelles et vérifiables.

Faits clés

  • Placement en rétention administrative de Mme [P] [E] [H] le 02 mars 2026
  • Demande de prolongation de la rétention par le préfet le 31 mars 2026
  • Ordonnance du juge judiciaire autorisant le maintien en rétention pour 30 jours supplémentaires
  • Appel interjeté par Mme [P] [E] [H] le 01 avril 2026
  • Réponse des autorités vietnamiennes acceptant la réadmission de Mme [P] [E] [H]

Articles cités

article L 740-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 743-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 450 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire et en dernier ressort, Déclare recevable l'appel interjeté par Mme [P] [E] [H] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 1er Avril 2026 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen, prolongeant la mesure de rétention administrative le concernant pour une durée supplémentaire de trente jours ; Confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions. Fait à [Localité 4], le 02 Avril 2026 à 15h15. LE GREFFIER, LE CONSEILLER, NOTIFICATION La présente ordonnance est immédiatement notifiée contre récépissé à toutes les parties qui en reçoivent une expédition et sont informées de leur droit de former un pourvoi en cassation dans les deux mois de la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile.

Exposé du litige

**** FAITS, PROCÉDURE ET MOYENS Mme [P] [E] [H], de nationalité vietnamienne déclare être née le 25 janvier 2006 à [Localité 2] (Vietnam). Elle a fait l'objet d'un placement en rétention administrative, le 02 mars 2026, lequel a été prolongé par le juge judiciaire de Rouen par décision du 07 mars 2026, confirmée par la cour d'appel de Rouen le 10 mars 2026. Par requête reçue au tribunal judiciaire de Rouen le 31 mars 2026 à 14h41, le préfet du Pas de Calais a demandé à voir prolonger sa rétention administrative pour une durée supplémentaire de 30 jours. Par ordonnance du 1er avril 2026 à 17h50, le juge judiciaire a fait droit à la demande préfectorale et a autorisé le maintien en rétention de Mme [P] [E] [H] pour une période supplémentaire de 30 jours à compter du 1er avril 2026 à 00h00, soit jusqu'au 30 avril 2026 à 24 h00. Mme [P] [E] [H] a interjeté appel de cette décision le 1er avril 2026 à 20h54, estimant qu'elle serait entachée d'illégalité sur les moyens suivants : o absence de pièces justificatives utiles, o insuffisance des diligences accomplies par l'administration, o absence de perspectives d'éloignement.

Motivations de la décision

MOTIVATION DE LA DECISION Sur la recevabilité de l'appel Il résulte des énonciations qui précédent que l'appel interjeté par Mme [P] [E] [H] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 1er Avril 2026 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen est recevable. Sur le fond - Sur le moyen tiré de l'absence de pièces justificatives utiles : Mme [P] [E] [H] indique que le retour des autorités vietnamiennes produit par la préfecture consiste en une simple traduction issue de l'outil Google Traduction, ce qui ne permet de garantir ni l'authenticité de la réponse, ni l'exactitude de son contenu ; elle ajoute qu'il y aurait une incohérence sur sa date de naissance car elle est née le 25 janvier 2006 tandis que la traduction produite mentionne l'année 2007. SUR CE, L'article R743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que la requête est motivée, datée et signée, selon le cas, par l'étranger ou son représentant ou par l'autorité administrative qui a ordonné le placement en rétention. Lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L. 744-2. La loi ne précise pas le contenu de ces pièces justificatives, hormis le registre actualisé: il s'agit des pièces nécessaires à l'appréciation par le juge des éléments de fait et de droit dont l'examen lui permet d'exercer pleinement ses pouvoirs. En l'espèce, la cour considère que la requête est accompagnée des pièces justificatives utiles permettant à l'autorité judiciaire de remplir son office, dans le cadre d'une demande de 2ème prolongation de la rétention de l'intéressée. Les doutes avancés par Mme [P] [E] [H] sur la fiabilité de la traduction du retour des autorités vietnamiennes issue de l'outil Google Traduction ne sont que des suppositions qui ne sont pas corroborées par un document démontrant l'inexactitude de la traduction, étant précisé que le document original et sa traduction avec Google traduction ont été adressés aux autorités françaises leur permettant de justifier l'existence de diligences pour procéder à l'éloignement de Mme [P] [E] [H], ce qui a permis de réaliser un routing. De même, si Mme [P] [E] [H] pointe l'erreur matérielle commise sur sa date de naissance (25/01/2006) et celle figurant sur le retour des autorités vietnamienne (25/01/2007), la cour considère qu'elle ne permet pas à elle seule ne remettre en cause l'authenticité de la réponse consulaire, s'agissant d'une procédure en cours dont les autorités vietnamiennes ont déjà été informées. Aussi le moyen sera rejeté. - Sur le moyen tiré de l'insuffisance des diligences accomplies par l'administration : Mme [P] [E] [H] soutient que les diligences de l'administration apparaissent manifestement insuffisantes, le consulat du Vietnam et les autorités consulaires chinoises (sic) n'ayant à ce jour fait aucun retour, ce qui démontre l'inefficacité des diligences entreprises. SUR CE Le moyen manque manifestement en fait dès lors qu'il est tout d'abord en contradiction avec la reconnaissance d'une réponse des autorités vietnamiennes dont la traduction est critiquée dans le précédent moyen, que la référence aux autorités chinoises ne ressort pas du dossier et qu'enfin les autorités vietnamiennes ont répondu le 20 mars 2026 qu'elles acceptaient la réadmission de Mme [P] [E] [H] (page 52 du dossier). Aussi le moyen sera rejeté Sur le moyen tiré de l'absence de perspectives d'éloignement : Mme [P] [E] [H] fait valoir de prétendues difficultés persistantes d'identification la concernant, combinées à l'absence de coopération effective des autorités consulaires vietnamiennes qui font obstacle à toute exécution de la mesure d'éloignement dans un délai prévisible. SUR CE, Le moyen manque manifestement en fait et ne repose sur aucune pièce du dossier. En effet la cour relève, à l'instar du premier juge, que la réponse reçue des autorités vietnamienne en date du 20 mars 2026 va dans le sens d'un éloignement possible de Mme [P] [E] [H]. Aussi le moyen sera rejeté. L'ordonnance rendue en première instance sera confirmée en toutes ses dispositions.
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