Cour d'appel, chambre etrangers/hsc, 2 avril 2026 — n° 26/00166
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions de maintien d'une hospitalisation complète au-delà de 12 jours ?
Principe retenu
L'hospitalisation complète peut être prolongée au-delà de 12 jours si un certificat médical atteste d'un péril imminent et que l'état de santé du patient nécessite une surveillance continue.
Faits clés
- Admission de M. [H] [U] [J] en soins psychiatriques le 4 mars 2026
- Certificat médical établissant un délire de persécution et un risque d'auto ou d'hétéro-agressivité
- Décision de maintien de l'hospitalisation complète pour un mois par le directeur de l'EPSM Sud Bretagne
- Demande de levée de la mesure d'hospitalisation le 26 mars 2026
- Appel de M. [H] [U] [J] devenu sans objet suite à la levée de la mesure
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Catherine Leon, présidente de chambre, statuant publiquement, et en dernier ressort, en matière de contentieux des soins et hospitalisations sous contrainte,
Constate que l'appel de M. [H] [U] [J] est devenu sans objet,
Dit n'y avoir lieu à statuer,
Laisse les dépens à la charge du Trésor public.
Fait à [Localité 2], le 02 avril 2026 à 15 heures.
LE GREFFIER, PAR DÉLÉGATION,
Catherine LEON, Présidente
Notification de la présente ordonnance a été faite ce jour à M. [H] [U] [J], à son avocat, au CH et [Localité 3]/tiers demandeur/curateur-tuteur
Le greffier,
Cette ordonnance est susceptible d'un pourvoi en cassation dans les deux mois suivant la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile.
Communication de la présente ordonnance a été faite ce même jour au procureur général, PR et magistrat en charge des hospitalisations sous contrainte,
Le greffier,
Exposé du litige
EXPOSÉ DU LITIGE
Le 4 mars 2026, M. [H] [U] [J] a été admis en soins psychiatriques dans le cadre de la procédure sur péril imminent.
Le certificat médical initial du 4 mars 2026 du Dr [N] [X], n'exerçant pas dans l'établissement d'accueil, a établi la présence d'un délire de persécution et d'idées délirantes intuitive, mystique, mégalomaniaque avec adhésion totale aux idées et sans critique. Les troubles ne permettaient pas à M. [H] [U] [J] d'exprimer un consentement. Le médecin a estimé que l'hospitalisation de M. [H] [U] [J] devait être assortie d'une mesure de contrainte et a estimé que cette situation présentait un péril imminent.
Par une décision du 4 mars 2026 du directeur de l'EPSM Sud Bretagne, M. [H] [U] [J] a été admis en soins psychiatriques sous la forme d'une hospitalisation complète.
Le certificat médical des '24 heures établi le 5 mars 2026 à 9 heures 51 par le Dr [O] [Z] et le certificat médical des '72 heures établi le 6 mars 2026 à 11 heures 44 par le Dr [R] [V] ont préconisé la poursuite de l'hospitalisation complète.
Par décision du 6 mars 2026, le directeur de l'EPSM Sud Bretagne a maintenu les soins psychiatriques de M. [H] [U] [J] sous la forme d'une hospitalisation complète pour une durée de un mois.
L'avis motivé établi le 9 mars 2026 par le Dr [R] [V] a décrit un patient calme sur le plan psychomoteur, avec lequel le contact était établi et l'échange restait possible. Le discours était toutefois émaillé d'éléments délirants interprétatifs et imaginatifs. Il demeurait accessible à la réassurance. Le patient était impulsif avec un risque d'auto ou d'hétéro-agressivité. Il ne reconnaissait pas le trouble. Un temps d'évaluation et de surveillance était nécessaire. Le médecin a estimé que l'état de santé de M. [H] [U] [J] relevait de l'hospitalisation complète.
Par requête reçue au greffe le 9 mars 2026, le directeur de l'hôpital de l'[Etablissement 1] a saisi le tribunal judiciaire de Lorient afin qu'il soit statué sur la mesure d'hospitalisation complète.
Par ordonnance en date du 12 mars 2026, le magistrat en charge du contentieux des hospitalisations sous contrainte du tribunal judiciaire de Lorient a autorisé la poursuite de l'hospitalisation complète.
M. [J] [H] [U] a interjeté appel de l'ordonnance du 12 mars 2026 par courrier recommandé adressé au greffe de la cour d'appel de Rennes le 18 mars 2026 et reçu le 24 mars 2026. Il dit être dans un état de santé stable et regretter les évènements dont il dit avoir peu de souvenir. Il aimerait reprendre ses responsabilités familiales et personnelles. Il fait état de son contexte familial et dit devoir s'occuper de ses enfants, sa petite soeur, son petit cousin pour lequel il aurait reçu délégation de l'autorité parentale et de sa femme enceinte.
Le ministère public a sollicité la confirmation de l'ordonnance du magistrat en charge du contrôle des hospitalisations sous contrainte.
L'établissement d'accueil a fait parvenir au greffe un certificat médical et une décision de fin de mesure du 26 mars 2026 notifiée le jour même.
A l'audience du 30 mars 2026, M. [H] [U] [J] n'a pas comparu.
Son conseil a indiqué s'en rapporter compte tenu de l'évolution de la situation.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DÉCISION
Au vu d'un certificat de levée de placement rédigé par le Dr [O] [Z] le 26 mars 2026 le directeur de l'établissement de santé a décidé le 26 mars 2026 de lever la mesure de soins.
L'appel de M. [J] [H] [U] est devenu sans objet.
Il n'y aura donc pas lieu à statuer.
Les dépens seront laissés à la charge du trésor public.
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