RAPPEL DES FAITS, PROCÉDURE ET PRETENTIONS DES PARTIES
Mme [F] [D] épouse [Y], née en 1990, soutient avoir été engagée par la SARL [2], par un contrat de travail à durée indéterminée à compter du 10 septembre 2020 en qualité d'assistante de direction.
La SELARL [1] [N], prise en la personne de M. [V] [N], es qualités de liquidateur judiciaire, fait valoir qu'il n'existait aucun contrat de travail entre Mme [D] et la société [2], le contrat produit par cette dernière au soutien de cette allégation concernant la société [X] [U] [J].
Mme [Y] soutient que la société [2] ne lui a plus fourni de travail à compter du 19 octobre 2020, celle-ci lui ayant refusé l'accès aux locaux de l'entreprise à compter de cette date.
Le 17 octobre 2020, M. [Q] [Y], époux de Mme [D], a déposé une plainte pour violences à l'encontre de M. [U] [J], gérant de la société [2], à la suite d'une altercation ayant eu lieu le jour même alors que celui-ci s'était présenté à son domicile.
Le 20 octobre 2020, M. [B] [Y], frère de M. [Q] [Y] a déposé une main courante pour coups et blessures à l'encontre de M. [U] [J] à la suite d'une altercation ayant eu lieu le 17 octobre 2020 alors que celui-ci s'était présenté au domicile de ses parents.
Le 29 octobre 2020, Mme [Y] a saisi le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes qui, par décision du 15 décembre 2020, lui a accordé l'aide juridictionnelle totale.
A compter du 14 décembre 2020, Mme [Y] a été engagée par la société [3] par un contrat de professionnalisation.
Par jugement du 1er mars 2021, le tribunal de commerce d'Evry a prononcé une mesure de redressement judiciaire au profit de la société [2] et a désigné la SELARL [1] [N], prise en la personne de M. [V] [N], en qualité de mandataire judiciaire.
Réclamant le paiement des salaires non-versés, demandant la résiliation judiciaire de son contrat de travail et réclamant diverses indemnités, outre le remboursement de frais ainsi que des dommages et intérêts pour exécution déloyale du contrat de travail, Mme [Y] a saisi le 7 avril 2021 le conseil de prud'hommes d'Evry-Courcouronnes.
Par jugement du 30 juillet 2021, le tribunal de commerce d'Evry a converti la mesure de redressement en une mesure de liquidation judiciaire et a désigné la SELARL [1] [N], prise en la personne de M. [V] [N], en qualité de liquidateur judiciaire. La date de cessation des paiements a été fixée au 5 février 2021.
Par lettre datée du 30 juillet 2020, SELARL [1] [N], prise en la personne de M. [V] [N], es qualités de liquidateur judiciaire a convoqué Mme [Y] à un entretien préalable fixé au 6 août 2021.
Par lettre datée du 6 août 2021, Mme [Y] s'est ensuite vu notifier son licenciement économique à titre conservatoire.
Par jugement du 9 février 2023, auquel la cour se réfère pour l'exposé de la procédure antérieure et des prétentions initiales des parties, le conseil de prud'hommes d'Evry-Courcouronnes a statué comme suit :
- déclare recevables les demandes de Mme [D],
- fixe au passif de la liquidation judiciaire de la société [2] au profit de Mme [D] les sommes suivantes :
- salaire du mois de septembre 2020 : 2.629,20 euros bruts, outre 262,92 euros au titre des congés payés y afférents,
- salaire du mois d'octobre 2020 : 1.646,46 euros, outre 164,64 euros au titre des congés payés y afférents,
- prononce la résiliation judiciaire du contrat de Mme [D] aux torts de la société [2] à la date du 14 décembre 2020,
- dit que la résiliation judiciaire du contrat produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse,
- fixe la créance de Mme [D] au passif de la SARL [2] aux sommes suivantes :
- 164,92 euros au titre de l'indemnité de licenciement,
- 2.526,55 euros au titre de l'indemnité compensatrice de préavis,
- 252,65 euros au titre des congés payés sur préavis,
- 500 euros au titre de l'indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse,