MOTIVATION
Il résulte des articles L. 3216-1 et L. 3211-3 du Code de la santé publique qu'il appartient au juge de contrôler la régularité des décisions administratives prises en matière d'hospitalisation complète et de veiller à ce que les restrictions à l'exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en 'uvre du traitement requis.
Conformément aux dispositions de l'article L. 3213-1 du Code de la santé publique, le représentant de l'Etat dans le département prononce par arrêté l'admission en soins psychiatriques des personnes dont les troubles mentaux nécessitent des soins compromettant la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public.
En l'espèce, il résulte du certificat médical initial que Monsieur [W] [X] est suivi depuis la fin de son adolescence pour un trouble psychiatrique chronique avec des hospitalisations régulières depuis 2018. Monsieur [W] [X] faisait l'objet d'une hospitalisation sous contrainte sur demande d'un tiers dans le cadre de l'urgence le 12 décembre 2025. Lors de son hospitalisation le 24 février 2026, l'intervention des forces de l'ordre s'était avérée nécessaire devant la non-compliance de Monsieur [W] [X], ainsi que la persistance des troubles du comportement à l'extérieur. Il ressortait notamment du dernier certificat que Monsieur [W] [X] présentait un envahissement délirant majeur, une instabilité comportementale, une absence totale de conscience des troubles, ayant conduit à ce qu'il soit placé en chambre d'isolement, notamment du fait de dégradations dans le service, et à la mise en place de contention en raison de la dissimulation d'objets hautement à risque d'incendie (briquets) avec refus de les remettre à l'équipe soignante.
Devant les troubles du comportement liés à son état psychique, du risque de fugue, du risque de mise en danger pour lui-même et du risque d'hétéro-agressivité non dirigée et dirigée, le certificat médical concluait à la transformation de la mesure de SPDTU en SPDRE.
Les certificats médicaux établis au cours de la période d'observation relevaient que dans un premier temps (à 24 heures), Monsieur [W] [X], vu en chambre d'isolement, présentait une attitude et une présentation calmes, des comportements apparaissant comme moins transgressifs, une tension interne et un envahissement délirant en diminution puis qu'à 72 heures, le patient présentait une tension interne, une désorganisation et une accélération du discours, exprimant des idées délirantes de grandeur et de persécution, sans critique des troubles et réticent à la prise de traitement médicamenteux.
L'avis médical préalable à la saisine du juge des libertés et de la détention notait que Monsieur [W] [X] présente des idées délirantes de persécution, convaincu d'être victime d'un complot et certain qu'on va le tuer, se montrant très interprétatif surtout vis-à-vis des traitements, avec une tension interne, facilement irritable et menaçant et ne présentant aucune conscience du caractère pathologique de ses troubles.
Le certificat médical de situation établi le 10 avril 2026 fait état de ce que Monsieur [W] [X] présente des idées délirantes envahissantes, à thématiques multiples : persécutions, mystiques et mégalomaniaques ; restant très instable sur le plan psychomoteur en parallèle d'une désorganisation persistante, imprévisible devant une participation émotionnelle fluctuant grandement, jusqu'aux menaces répétées de passage à l'acte hétéro-agressif voire des menaces de mort sur soignant ; sans aucune conscience des troubles, associés à une adhésion au traitement absente.
Le 13 avril 2026, Monsieur [W] [X] était déclaré en fugue de l'établissement de soins.
Il réintégrait l'établissement le 14 avril 2026 ramené par son infirmière de secteur qui s'était présentée à son domicile. Le certificat médical de situation faisait alors état chez Monsieur [W] [X] d'un envahissement hallucinatoire acoustico-verbal majeur, en parallèle d'une désorganisation cognitive marquée et de propos sans cohérence. En entretien, le contact fluctue entre une perplexité anxieuse et une sthénicité sur recrudescence de tension interne.
Le certificat conclut, au vu des éléments cliniques inquiétants, du risque de mise en danger majeur pour lui-même ainsi que du risque de fugue, à la nécessité de poursuite de l'hospitalisation complète avec réintégration en chambre de sécurité nécessaire.
A l'audience, le conseil de Monsieur [W] [X] indique ne pas avoir d'observation sur la forme, et sur le fond, fait valoir que les certificats médicaux démontrent que ce dernier a besoin de soins dans le cadre d'une hospitalisation complète.
En l'espèce, il ressort de l'ensemble des observations et évaluations médicales que la persistance de la nécessité de soins dans le cadre d'une hospitalisation à temps complet ; que cette mesure de restrictions à l'exercice des libertés individuelles de Monsieur [W] [X] demeure, à ce jour, adaptée, nécessaire et proportionnée à son état mental et à la mise en 'uvre du traitement requis ; à charge toutefois pour les médecins de mettre en place des autorisations de sortie, un programme de soins et enfin une mainlevée de la mesure dès que possible.
L'ordonnance sera donc confirmée en ce qu'elle a maintenu Monsieur [W] [X] en hospitalisation complète.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, en dernier ressort et par mise à disposition au greffe,
DÉCLARONS l'appel recevable ;
DÉCLARONS la procédure régulière ;
CONFIRMONS l'ordonnance du juge des libertés et de la détention de [Localité 1] rendue le 07 avril 2026 concernant Monsieur [W] [X] ;