FAITS, PROCEDURE ET PRETENTIONS DES PARTIES
M. [Y], [H], [T] [U] né le [Date naissance 1] 1960 [Localité 6], est décédé le [Date décès 1] 2026 à l'hôpital [Etablissement 1] situé sur la commune de [Localité 7] (71).
Un désaccord oppose les membres de sa famille sur l'organisation de ses funérailles.
Par ordonnance du 9 avril 2026, Mme [F] [B] née [U], M. [L] [U] et Mme [M], [J] [S], respectivement s'ur, frère et mère du défunt, ont été autorisés à faire assigner à jour fixe son épouse et son fils, Mme [E] [G] veuve [U] et M. [C], [O], [X] [U] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité du Creusot.
Par jugement du 13 avril 2026, le magistrat a autorisé Mme [F] [B] née [U], M. [L] [U] et Mme [M], [J] [S] à faire procéder à la crémation du corps de M. [Y] [U], autorisé Mme [F] [B] née [U], M. [L] [U] et Mme [M], [J] [S] à récupérer l'urne contenant ses cendres en vue d'une dispersion dans la nature comme le rend possible la législation funéraire, rejeté les demandes reconventionnelles.
Le 13 avril à 18h40, Mme [E] [G] veuve [U] et M. [C], [O], [X] [U] ont formé appel de cette décision au secrétariat greffe du tribunal de proximité qui a transmis l'appel à 19h33 par courrier électronique, appel enregistré le 14 avril 2026 à 10h19 au greffe de la cour.
Les parties ont été contactées téléphoniquement, et Mme [E] [G] a sollicité la tenue d'une audience, mais compte-tenu des délais de déplacement pour lui permettre de se rendre à la cour, l'audience a été fixée le 15 avril 2026 à 11h, ce dont toutes les parties ont été informées, de même que de leur possibilité d'adresser à la cour des observations écrites.
A l'audience du 15 avril, Mme [E] [G] a comparu en personne et munie d'un pouvoir de représentation de son fils pour maintenir l'appel. Elle a expliqué être convaincue que son défunt époux ne souhaitait pas être incinéré, qu'il le lui avait dit, avait signé plusieurs documents après celui signé le 6 mars 2026 où il fait part de sa volonté d'être incinéré, dont elle a affirmé n'avoir jamais vu l'original. Elle a insisté sur la confiance que lui faisait son défunt mari, mais qu'on l'empêchait de le voir à l'hôpital en prétendant qu'il ne voulait pas la voir, alors qu'il était content de la voir quand ils se voyaient. Elle a émis des doutes sur les médicaments qui lui étaient prescrits, et dont elle estime qu'ils étaient trop nombreux.
Elle a encore affirmé que dans sa façon de vivre et de penser, quand ils en avaient parlé, il était contre l'incinération et souhaitait une inhumation, et était vraiment troublé.
Elle a insisté sur les documents même postérieurs à celui du 6 mars 2026 par lesquels [Y] [U] l'avait désignée comme personne de confiance auprès du centre hospitalier et lui avait donné pouvoir pour faire toutes démarches utiles auprès de la CPAM de [Localité 8] et [Localité 9] grâce à sa carte vitale, qui pouvait lui permettre selon elle de choisir les modalités d'obsèques.
Elle a encore insisté après avoir eu son fils au téléphone sur leur refus de participer à des frais d'incinération si celle-ci était ordonnée.
Le représentant du Ministère public a requis la confirmation du jugement, en rappelant qu'en droit les dernières volontés du défunt doivent primer, qui paraissent claires en l'espèce sur un choix très personnel faits dans ses derniers jours par [Y] [U].
Les intimés n'ont pas comparu.
M. [L] [U] a adressé à la cour un courrier électronique à la cour le 14 avril 2026 pour faire état d'une situation difficile de [Y] [U] avec son épouse, personne dangereuse selon lui et demander qu'il soit tenu compte des " dernières volontés d'un homme enfin libre ", d'être incinéré.
Mme [F] [Z] a également adressé un courrier électronique pour faire part de ce qu'elle partage les informations fournies par son frère, et son appréhension des conséquences d'une décision pourtant conforme à la volonté de son frère.