Cour d'appel, chambre des rétentions, 17 avril 2026 — n° 26/01251
Synthèse de la décision
Question juridique
La prolongation de la rétention administrative d'un étranger en détention provisoire peut-elle être ordonnée ?
Principe retenu
La mesure de rétention administrative ne peut être exécutée que dans un centre ne relevant pas de l'administration pénitentiaire. Si l'intéressé est déjà en détention provisoire, la demande de prolongation de la rétention devient sans objet.
Faits clés
- Monsieur [O] [M] est de nationalité algérienne et a été placé en rétention administrative par le préfet.
- Une ordonnance du tribunal judiciaire a constaté l'irrégularité du placement en rétention.
- Monsieur [O] [M] a été condamné à six mois d'emprisonnement par le tribunal correctionnel d'Orléans.
- Le préfet a interjeté appel de la décision ordonnant la jonction des procédures.
- L'appel a été déclaré sans objet en raison de la détention provisoire de Monsieur [O] [M].
Articles cités
article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article R. 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article R. 743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Dispositif
ORDONNONS la remise immédiate d'une expédition de la présente ordonnance à Monsieur [O] [M] et son conseil, à Monsieur [S] DE [Y] et à Monsieur le procureur général près la cour d'appel d'Orléans ;
Et la présente ordonnance a été signée par Lucie MOREAU, conseillère, et Julie LACÔTE, greffier présent lors du prononcé.
Fait à [Localité 4] le DIX SEPT AVRIL DEUX MILLE VINGT SIX, à heures
LE GREFFIER,
LE PRÉSIDENT,
Julie LACÔTE Lucie MOREAU
Pour information : l'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
NOTIFICATIONS, le 17 avril 2026 :
Monsieur [O] [M], par transmission au greffe du CPOS
Maître Jean michel LICOINE, avocat au barreau d'ORLEANS, par PLEX
Monsieur [S] DE [Y] , par courriel
Monsieur le procureur général près la cour d'appel d'Orléans, par courriel
Exposé du litige
PROCEDURE
Par décision du 10 avril 2026, notifiée le 10 avril 2026 à 8h57, le préfet de La [Localité 3]-Atlantique a prononcé le placement en rétention administrative de M. [O] [M] .
Par une ordonnance du 15 avril 2026, rendue en audience publique à 12h20, le magistrat du siège du tribunal judiciaire d'Orléans a notamment :
- ordonné la jonction de la requête de M. [O] [M] en contestation de la décision de placement en rétention et de la requête du préfet en prolongation de la rétention,
-constaté l'irrégularité du placement de rétention de l'intéressé ;
- dit n'y avoir lieu à prolongation du maintien en rétention de M. [O] [M] dans un local ne relevant pas de l'administration pénitentiaire,
- rappelé à M. [O] [M] qu'il doit néanmoins quitter le territoire français.
Par un courriel transmis au greffe de la chambre du contentieux des étrangers de la cour d'appel d'Orléans le 16 avril 2026 à 10h10, le préfet de La Loire-Atlantique a interjeté appel de cette décision en sollicitant l'infirmation de l'ordonnance entreprise et la prolongation de la rétention administrative de M. [O] [M] pour une durée de vingt-six jours.
Par jugement en cate du 16 avril 2026, M. [O] [M] a été condamné par le tribunal correctionnel d'Orléans, statuant en comparution immédiate, à une peine de six mois d'emprisonnement avec mandat de dépôt.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DECISION :
La mesure de rétention administrative destinée à permettre, en l'absence de garanties de représentation, le maintien de l'étranger en situation irrégulière faisant l'objet d'une décision d'éloignement à la disposition de l'administration en vue de l'organisation et de l'exécution de la mesure d'éloignement ne peut s'effectuer que dans un centre ne relevant pas de l'administration pénitentiaire.
Dès lors que l'intéressé est par ailleurs placé en détention provisoire, la mesure de rétention administrative n'est plus exécutable et la demande de prolongation de cette rétention administrative devient sans objet. Consécutivement, l'appel formé à l'encontre de la décision ordonnant cette prolongation devient lui-même sans objet.
PAR CES MOTIFS
,
DÉCLARONS recevable l'appel interjeté par Monsieur [L]
CONSTATONS qu'il est devenu sans objet.
LAISSONS les dépens à la charge du Trésor ;
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