MOTIFS :
Mme [J] [G] ayant formé appel de l'ordonnance entreprise rendue le 27 mars 2026, par déclaration motivée reçue le 7 avril 2026, il sera considéré qu'il a été satisfait aux dispositions des articles R 3211-18 et R 3211-19 du code de la santé publique et que l'appel est ainsi régulier.
A l'appui de son appel, Mme [G] expose, comme dans ses appels précédents, que le programme de soins mis en place est trop contraignant avec un traitement qui la dérègle biologiquement. Elle persiste dans l'idée que le traitement par injection est néfaste à sa santé et dégradant pour sa condition de femme. Elle ajoute que toutes les démarches qu'elle entreprend pour obtenir gain de cause ont un coût matériel et physique et qu'elle est lassée d'être sans arrêt perdante.
Elle sollicite donc à nouveau et pour la sixième fois, la mainlevée de l'hospitalisation sous contrainte avec programme de soins.
A l'audience, elle reprend les arguments figurant dans son acte d'appel..
Son conseil soutient l'argumentaire de sa cliente en sollicitant la mainlevée de la mesure d'hospitalisation sous contrainte en raison de la nocivité du traitement imposé.
En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des différents certificats médicaux, que la procédure de maintien en soins psychiatriques contraints a été menée conformément à la loi et est régulière en la forme.
Sur le fond, le juge qui se prononce sur le maintien éventuel d'un programme de soins contraints doit apprécier le bien fondé de la mesure au regard des certificats médicaux qui lui sont communiqués et ne peut se substituer à l'évaluation des médecins, sa propre appréciation sur l'existance des troubles psychiatriques, la justification thérapeutique des traitements ou la capacité du patient à consentir aux soins, ces différents éléments relevant d'une appréciation strictement médicale.
Or, il est établi à l'examen du dossier que Mme [J] [G] a été initialement admise en soins psychiatriques sans consentement dans le cadre d'un péril imminent le 5 juin 2024, puis a, par la suite, alterné les périodes d'hospitalisation complète et celles où elle a pu bénéficier d'un programme de soins. Ainsi, durant ces derniers mois, Mme [G] a été à nouveau admise dans l'unité fermé de l'établissement pendant environ trois mois, du 2 avril 2025 au 16 juillet 2025 en raison d'une décompensation de sa pathologie chronique liée à une rupture totale thérapeutique. Cependant, une amélioration clinique ayant été constatée, elle a pu bénéficié de soins contraints mais en ambulatoire avec des injections préconisées qui permettent une bonne observance thérapeutique à compter du 16 juillet 2025. C'est ainsi que la Directrice de l'EPSAN de [Localité 4] a encore décidé, le 5 mars 2026, la poursuite des soins psychiatriques sans consentement sous une autre forme que l'hospitalisation.
Il convient de souligner que Mme [G] a, à plusieurs reprises, formulé des demandes de mainlevée des soins contraints, toutes ayant été rejetées dont la dernière, par ordonnance du juge de libertés et de la détention du 27 février 2026, décision confirmée par ordonnance de la Cour d'appel de Colmar du 18 mars 2026.
Dans son dernier certificat médical en date du 9 avril 2026, le Docteur [R] note 'qu'à l'examen du 26 mars 2026, la situation clinique restait inchangée. La patiente présente une anosognosie complète, à savoir une incapacité à reconnaître les troubles et la nécessité de soin, et ce quelque soit l'angle où est abordé la maladie. La patiente ne critique pas les éléments délirants ayant conduit à son hospitalisation et ne comprend pas l'indication de la prise régulière du traitement qu'elle conteste. Elle est dans le déni complet de ses troubles mais se montre observante quant au suivi et au traitement du fait du programme de soins car elle ne souhaite pas être ré-hospitalisée'.
Si, désormais, Mme [G] se plaint des conséquences 'matérielles et physiques' des examens médicaux effectués et de ses multiples recours en justice, il convient de lui rappeler qu'il s'agit là du résultat de ses propres demandes.
Il résulte de ce qui précède que les conditions sont réunies pour que les soins psychiatriques sans consentement se poursuivent sous un régime autre que l'hospitalisation complète, cette mesure étant la seule à même de permettre la permanence de soins adaptés à l'état de la patiente, de consolider son adhésion aux soins, de garantir sa protection et d'assurer une évolution suffisamment solide et durable de son état.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement et par ordonnance rendue en dernier ressort,