Cour d'appel, rétention administrative, 21 avril 2026 — n° 26/00653
Synthèse de la décision
Question juridique
La rétention d'un étranger peut-elle être maintenue lorsque l'exécution de la mesure d'éloignement est impossible ?
Principe retenu
Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration doit exercer toute diligence pour cet effet.
Faits clés
- Monsieur [I] [D] est de nationalité algérienne et a été placé en rétention administrative.
- La préfecture a saisi les autorités algériennes pour la reconnaissance de Monsieur [I] [D] et l'obtention d'un laissez-passer.
- Le consulat algérien a indiqué qu'il transmettrait les éléments à leurs autorités centrales.
- Monsieur [I] [D] a été entendu le 1er avril 2026.
- Le préfet des Alpes-Maritimes a relancé les autorités algériennes le 14 avril 2026.
Articles cités
article L740-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par décision Par décision réputée contradictoire en dernier ressort, après débats en audience publique,
Confirmons l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention en date du 18 Avril 2026.
Les parties sont avisées qu'elles peuvent se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation, signé par un avocat au conseil d'Etat ou de la Cour de cassation.
Le greffier Le président
Reçu et pris connaissance le :
Monsieur [I] [D]
Assisté d'un interprète
COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE
Chambre 1-11, Rétentions Administratives
Palais Verdun , bureau 443
Téléphone : [XXXXXXXX01] - [XXXXXXXX02] - [XXXXXXXX03]
Courriel : [Courriel 1]
Aix-en-Provence, le 21 Avril 2026
À
- PREFECTURE DES ALPES MARITIMES
- Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de [Localité 1]
- Monsieur le procureur général
- Monsieur le greffier du Juge des libertés et de la détention de [Localité 1]
- Maître [F] [U]
NOTIFICATION D'UNE ORDONNANCE
J'ai l'honneur de vous notifier l'ordonnance ci-jointe rendue le 21 Avril 2026, suite à l'appel interjeté par :
Monsieur [I] [D]
né le 13 Juin 1994 à [Localité 2] (ALGERIE) (99)
de nationalité Algérienne
Je vous remercie de m'accuser réception du présent envoi.
Le greffier,
VOIE DE RECOURS
Nous prions Monsieur le directeur du centre de rétention administrative de bien vouloir indiquer au retenu qu'il peut se pourvoir en cassation contre cette ordonnance dans un délai de 2 mois à compter de cette notification, le pourvoi devant être formé par déclaration au greffe de la Cour de cassation.
Exposé du litige
PROCÉDURE ET MOYENS
Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
Vu l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national pris le 08 juillet 2025 par PREFECTURE DES ALPES MARITIMES ;
Vu la décision de placement en rétention prise le 19 mars 2026 par PREFECTURE DES ALPES MARITIMES notifiée le même jour à 10h13 ;
Vu l'ordonnance du 18 Avril 2026 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [I] [D] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ;
Vu l'appel interjeté le 20 Avril 2026 à par Monsieur [I] [D] ;
Monsieur [I] [D] a comparu et a été entendu en ses explications ; il déclare
Je suis en FRANCE depuis 4 ans, je travaille dans le jardinage.
Que voulez-vous que je vosu dise, je n'ai fait aucun problème en FRANCE. Je veux quitter ce pays.
Son avocat a été régulièrement entendu ; il conclut
Monsieur décalre être de nationalité algérienne sans être reconnu par les autorités algériennes. Au regard des difficultés diplomatiques il y a peu de perspectives d'éloigeneme,t. Il met tout en oeuvre pour avoir un titre de séjour en ESPAGNE mais l'Ertat nous informe qu'ilm ny trouve aucune trace.
Le représentant de la préfecture n'a pas comparu.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DÉCISION
La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité.
L'article L.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose:
'Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement
nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet.'
En l'espèce, M. [I] [D] fait valoir que son maintien en rétention n'est pas nécessaire en ce que l'exécution de la mesure d'éloignement dont il est l'objet est impossible.
La juridiction de céans relève que les diligences exigées ont été effectuées dès lors que:
- la préfecture a saisi les autorités algériennes le 20 mars 2026 pour la reconnaissance de M. [I] [D] et pour l'obtention d'un laissez-passer;
- M. [I] [D] a été entendu le 1er avril 2026;
- le consulat algérien a indiqué le 2 avril 2026 transmettre les éléments à leurs autorités centrales;
- le préfet des Alpes-Maritimes a dressé le 14 avril 2026 une relance aux autorités algériennes.
Il s'ensuit que le moyen n'est pas fondé.
En conséquence, l'ordonnance entreprise est confirmée.
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