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Cour d'appel, retentions, 21 avril 2026 — n° 26/02981

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger doit être justifiée par des éléments concrets concernant les démarches engagées pour l'éloignement et l'absence de circonstances nouvelles. L'absence de motivation dans la déclaration d'appel peut entraîner son irrecevabilité.

Faits clés

  • M. [E] [K] a reçu une obligation de quitter le territoire français le 14 janvier 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 21 mars 2026.
  • Le juge a prolongé sa rétention pour 26 jours, puis pour 30 jours supplémentaires.
  • M. [E] [K] a contesté la prolongation de sa rétention par appel.
  • La préfecture a engagé des démarches auprès des autorités consulaires pour obtenir des documents de voyage.

Articles cités

article L. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par [E] [K]. Confirmons l'ordonnance déférée. Le greffier, La conseillère déléguée, Judith DOS SANTOS ANTUNES Albane GUILLARD

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une obligation de quitter le territoire français a été notifiée à [E] [K] le 14 janvier 2026. Par décision en date du 21 mars 2026, notifiée le 21 mars 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [E] [K] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement à compter du 21 mars 2026. Par décision en date du 25 mars 2026, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [E] [K] pour une durée de vingt-six jours. Par requête en date du 18 avril 2026, reçue le 18 avril 2026, l'autorité administrative a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention de l'intéressé pour une durée de trente jours. Par ordonnance du 19 avril 2026 à 16 heures 20, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a fait droit à cette requête et a ordonné la prolongation de la rétention pour une durée de trente jours. Par déclaration reçue au greffe de la cour d'appel de Lyon le 20 avril 2026 à 12h45, [E] [K] a relevé appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation outre sa mise en liberté contestant les conditions d'une deuxième prolongation et soutenant une absence de perspectives d'éloignement et une absence de menace pour l'ordre public. Par courriel adressé le 20 avril 2026 à 14h40 les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 21 avril 2026 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations de la préfecture du Rhône reçues par courriel le 20 avril 2026 à 20h25 tendant à la confirmation de la décision entreprise. Vu l'absence d'observation du conseil de [E] [K] .

Motivations de la décision

MOTIVATION L'article R743-11 précité dispose que « à peine d'irrecevabilité, la déclaration d'appel est motivée. Elle est transmise par tout moyen au greffe de la cour d'appel qui l'enregistre avec mention de la date et de l'heure. Le greffier de la cour d'appel avise immédiatement le greffier du tribunal judiciaire qui lui transmet sans délai le dossier » Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L741-10 et L742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Si la cour de cassation dans son arrêt rendu le 7 janvier 2026 a jugé que la déclaration d'appel motivée par des arguments critiquant l'ordonnance de prolongation de la rétention administrative ne pouvait faire l'objet d'une irrecevabilité sans convocation préalable des parties au regard des dispositions des articles L743-23, R743-11 et R743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, force est de constater qu'il ne résulte pas des énonciations de la déclaration d'appel de [E] [K] qu'elle soit motivée par un quelconque argument critiquant l'ordonnance rendue par le premier juge. Le juge du tribunal judiciaire a ordonné la prolongation de la rétention de [E] [K] pour une durée de trente jours afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement alors que l'autorité préfectorale justifie des démarches engagées (les autorités tunisiennes, marocaines et algériennes ayant été saisies dès le placement en rétention de l'intéressé) et être dans l'attente des documents de voyage, condition expressément prévue par l'article L742-4 3° a) du CESEDA. Concernant les perspectives raisonnables d 'éloignement, il sera rappelé que la préfecture ne dispose d'aucun de moyen de contrainte à l'endroit des autorités consulaires et dépend de leur investigation. A ce stade, [E] [K] ne démontre pas l'absence de perspective raisonnable d'éloignement vers un pays dont il a la nationalité. Enfin, s'agissant du trouble à l'ordre public que la présence de [E] [K] sur le territoire français re présente, il ne peut valablement être soutenu alors même qu'il a été condamné le 19 janvier 2026. En l'état, les moyens soutenus ainsi que la prétention qui leur est associée tendent uniquement à solliciter une mise en liberté et à obtenir de manière claire la mainlevée de la rétention administrative ce qui relève manifestement des prévisions de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA. Il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par [E] [K] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention. Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS
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