COUR D'APPEL DE RENNES
N° 159/2026 - N° RG 26/00234 - N° Portalis DBVL-V-B7K-WNFD
JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT
O R D O N N A N C E
articles L 741-10 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Nous, Jean-Denis BRUN, conseiller à la cour d'appel de RENNES, délégué par ordonnance du premier président pour statuer sur les recours fondés sur les articles L.741-10 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, assisté de Patricia IBARA, greffière,
Statuant sur l'appel transmis par courriel reçu le 23 Avril 2026 à 20 heures 08 formé par Me Klit DELILAJ, avocat au barreau de RENNES pour :
M. [Q] [U]
né le 01 Mai 1986 à [Localité 1] (GEORGIE)
de nationalité Géorgienne
ayant pour avocat Me Klit DELILAJ, avocat au barreau de RENNES
d'une ordonnance rendue le 23 Avril 2026 à 15 heures 25 par le magistrat en charge des rétentions administratives du Tribunal judiciaire de RENNES qui a rejeté les exceptions d'irrégularité soulevées, le recours formé à l'encontre de l'arrêté de placement en rétention administrative, et ordonné la prolongation du maintien de M. [Q] [U] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée maximale de vingt-six jours ;
En présence du représentant de la PREFECTURE D'ILLE ET VILAINE, muni d'un pouvoir, dûment convoquée,
En l'absence du procureur général régulièrement avisé, Monsieur Laurent FICHOT, avocat général, ayant fait connaître son avis par écrit déposé le 24 avril 2026 lequel a été mis à disposition des parties.
En présence de Monsieur [Q] [U], assisté de Me Klit DELILAJ, avocat,
Après avoir entendu en audience publique le 24 Avril 2026 à 11 H 00 l'appelant assisté de Mme [Y] [D], interprète en langue georgienne, et son avocat et le représentant du préfet en leurs observations,
Avons mis l'affaire en délibéré et ce jour, avons statué comme suit :
Monsieur [Q] [U] fait l'objet d'une interdiction définitive du territoire français prononcée par jugement contradictoire du tribunal correctionnel de Saint-Brieuc en date du 28 avril 2025.
Par arrêté du 17 avril 2026 le Préfet d'Ille et Vilaine a fixé le pays de renvoi.
Monsieur [Q] [U] a fait l'objet d'un arrêté du Préfet d'Ille et Vilaine le 17 avril 2026 portant placement en rétention administrative, au centre de rétention administrative (CRA) de [Localité 2] pour une durée de 96 heures.
Par requête en date du 20 avril 2026, Monsieur [Q] [U] a contesté la légalité de l'arrêté de placement en rétention administrative.
Par requête motivée en date du 21 avril 2026, reçue le jour même au greffe du tribunal judiciaire de Rennes, le représentant du préfet d'Ille et Vilaine a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rennes d'une demande de prolongation pour une durée de 26 jours de la rétention administrative de Monsieur [Q] [U].
Par ordonnance rendue le 23 avril 2026, le magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Rennes a rejeté les exceptions d'irrégularité soulevées, le recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative et ordonné la prolongation du maintien de Monsieur [Q] [U] en rétention dans les locaux non pénitentiaires pour un délai maximum de 26 jours.
Par déclaration reçue au greffe de la Cour d'Appel de Rennes le 23 avril 2026 à 20h 08, par l'intermédiaire de son conseil, Monsieur [Q] [U] a formé appel de cette ordonnance.
L'appelant fait valoir, au soutien de sa demande d'infirmation de la décision entreprise, l'absence de base légale de la décision de placement en rétention administrative, s'agissant de l'arrêté fixant le pays de destination qui ne peut constituer une base légale de placement en rétention administrative et de la peine d'interdiction judiciaire du 28 avril 2025 qui n'est à ce jour pas exécutable au regard des voies de recours pouvant encore être mises en 'uvre, le jugement du 28 avril 2025 ayant été rendu par défaut.