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Cour d'appel, retentions, 23 avril 2026 — n° 26/03069

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger doit être justifiée par des diligences effectuées par l'autorité préfectorale pour organiser son éloignement. En l'absence de circonstances nouvelles de droit ou de fait, la demande de mise en liberté ne peut être acceptée.

Faits clés

  • M. [J] [Y] [T] a été condamné à une interdiction du territoire français pour 10 ans.
  • Le préfet du Rhône a ordonné sa rétention administrative le 17 avril 2026.
  • Le juge a prolongé sa rétention pour 26 jours le 21 avril 2026.
  • M. [J] [Y] [T] a interjeté appel de cette ordonnance le 22 avril 2026.
  • Il a soutenu que l'autorité préfectorale n'avait pas effectué les diligences nécessaires pour organiser son départ.

Articles cités

article L.342-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.342-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.554-1 devenu L.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

Déclarons irrecevable sa demande aux fins d'être assigné à résidence, Confirmons l'ordonnance déférée. Le greffier, La conseillère déléguée, Insaf NASRAOUI Perrine CHAIGNE

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une décision du tribunal correctionnel de Lyon en date du 26 septembre 2025 a condamné [J] [Y] [T] à une interdiction du territoire français pour une durée de 10 ans. Le 17 avril 2026, le préfet du Rhône a ordonné le placement de [J] [Y] [T] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement à compter du 17 avril 2026. Dans son ordonnance du 21 avril 2026 à 14 heures 40, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a fait droit à la requête déposée par le préfet du Rhône qu'il a déclaré recevable et a ordonné la prolongation de la rétention de [J] [Y] [T] dans les locaux du centre de rétention administratif de Lyon Saint-Exupéry pour une durée de vingt-six jours. Par déclaration au greffe le 22 avril 2026 à 10 heures 41, [J] [Y] [T] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation outre sa mise en liberté au visa de l'article L 554-1 devenu L 741-3 du CESEDA et motive sa requête d'appel comme suit : « J'estime que la préfète du Rhône n'a pas effectué les diligences nécessaires afin d'organiser mon départ pendant les 96 premières heures de ma rétention. Par ailleurs, l'autorité préfectorale n'a pas pris en compte ma situation personnelle et la possibilité de m'assigner à résidence ». Par courriel adressé le 22 avril 2026 à 14 heures 20 les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 23 avril 2026 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations de la préfecture du Rhône, reçues par courriel le 23 avril 2026 à 07 heures 5 tendant à la confirmation de l'ordonnance rendue le 21 avril 2026 en l'absence de circonstances de droit ou de fait et d'un moyen susceptible de mettre fin à sa rétention. Vu les observations du Conseil du retenu, reçues par courriel le 22 avril 2026 à 22h08 tendant à la convocation du retenu à l'audience au visa d'un arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation du 7 janvier 2026 ayant jugé que la déclaration d'appel motivé par des arguments critiquant l'ordonnance de prolongation de la rétention administrative ne pouvait faire l'objet d'une irrecevabilité sans convocation préalable des parties alors que la déclaration d'appel de [J] [Y] [T] comporte des arguments critiquant l'ordonnance déférée, que l'administration ne démontre pas avoir effectué les diligences utiles et efficaces pour mettre à exécution la mesure d'éloignement et qu'aucune perspective raisonnable d'éloignement n'est démontrée par la préfecture.

Motivations de la décision

MOTIVATION L'appel de [J] [Y] [T] relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) est déclaré recevable. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Force est de constater que la déclaration d'appel de [J] [Y] [T] comme les observations de son Conseil ne comportent aucun argument critiquant l'ordonnance déférée sauf à émettre des généralités du type « absence de diligences utiles et efficaces pour mettre à exécution la mesure d'éloignement ». En conséquence, l'article L 743-23 en son alinéa 2 est pleinement applicable. Sur la recevabilité de la demande du retenu aux fins d'être assigné à résidence. L'article L 741-10 du CESEDA dispose que l'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge des libertés et de la détention dans un délai de 48 heures à compter de sa notification. En l'espèce, devant le juge du tribunal judiciaire, [J] [Y] [T] n'a formulé aucune requête écrite adressée au premier juge dans le temps imparti contestant la décision de placement en rétention administrative. Cette demande sera donc déclarée irrecevable. Sur le moyen tiré de l'absence de diligences effectuées par l'administration depuis le placement en rétention administrative du retenu. En l'espèce devant le juge du tribunal judiciaire, [J] [Y] [T] n'a fait valoir aucun moyen relatif à une carence de l'autorité administrative dans les diligences faites pour organiser son éloignement. Ce moyen est soutenu pour la première fois en appel pour solliciter sa mise en liberté. [J] [Y] [T] ne désigne précisément aucune insuffisance particulière de l'autorité préfectorale dans les diligences susceptibles d'être utilement engagées durant les quatre premiers jours suivant son placement en rétention administrative. Il ressort des pièces du débat que l'autorité administrative a engagé des diligences dès le 16 avril 2026 avant même son élargissement auprès des autorités consulaires algériennes aux fins d'obtenir un laissez-passer consulaire. Le faible délai de moins de 96 heures dont dispose l'autorité préfectorale avant de saisir le juge du tribunal judiciaire d'une requête en prolongation, ne lui permettait pas d'engager d'autres diligences utiles que celles dont elle fait état dans sa requête et qui sont justifiées dans le dossier de la procédure. Il en résulte que le moyen tiré de l'absence de diligences ainsi que la prétention qui lui est associée tendent uniquement à solliciter une mise en liberté et à obtenir de manière claire la mainlevée de la rétention administrative ce qui relève manifestement des prévisions de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA. Enfin, il n'est pas établi par les éléments du dossier qu'il n'existe aucune perspective raisonnable d'éloignement. Il y a lieu de considérer en conséquence que les éléments invoqués par [J] [Y] [T] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention. Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS Déclarons recevable l'appel formé par [J] [Y] [T],
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