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Cour d'appel, etrangers, 25 avril 2026 — n° 26/00653

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de maintien en rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La rétention administrative d'un étranger doit être justifiée par des raisons légales et respecter les droits fondamentaux de la personne concernée. Le juge doit examiner la légalité de la mesure de rétention et s'assurer qu'elle est conforme aux dispositions du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Faits clés

  • M. [P] [N] [J] est de nationalité péruvienne et a été placé en rétention administrative le 11 avril 2026.
  • Il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire.
  • Le tribunal judiciaire a rejeté son recours en annulation contre l'arrêté de placement en rétention.
  • La cour d'appel a confirmé le maintien en rétention pour une durée de 26 jours.
  • M. [P] [N] [J] a sollicité sa remise en liberté par une requête transmise le 23 avril 2026.

Articles cités

article L 740-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 743-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'État. La greffière, La conseillère, A l'attention du centre de rétention, le samedi 25 avril 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier N° RG 26/00653 - N° Portalis DBVT-V-B7K-WXM7 REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 25 Avril 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [P] [N] [J] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [P] [N] [J] le samedi 25 avril 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [K] et à Maître [G] [W] le samedi 25 avril 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le samedi 25 avril 2026 N° RG 26/00653 - N° Portalis DBVT-V-B7K-WXM7

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [P] [N] [J], né le 21 janvier 1988 à [Localité 1] (Pérou), de nationalité péruvienne, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 12 novembre 2025 par M. le préfet de l'Oise, et d'un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt-seize heures prononcé par M. le préfet de l'Oise le 11 avril 2026, notifié le même jour à 19h20. Par ordonnance du 16 avril 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a rejeté le recours en annulation formé contre l'arrêté de placement en rétention administrative et ordonné son maintien en rétention pour une durée de 26 jours. Par ordonnance en date du 17 avril 2026, la cour d'appel de Douai a confirmé l'ordonnance du 16 avril 2026 et invité M. le préfet de l'Oise à faire procéder à un examen médical de M. [P] [N] [J] à son retour au centre de rétention. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu les articles L 740-1 à L.744-17 et R.740-1 à R.744-47 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, et du droit d'asile (CESEDA) et spécialement les articles R 743-18 et R 743-19, Vu l'article L 743-8 et L 922-3 al 1 à 4 du CESEDA, Vu la requête de Monsieur [P] [N] [J], transmise à la Préfecture de l'Oise par mail avec accusé de réception le 23 avril 2026 aux termes de laquelle il sollicite sa remise en liberté suite à la mesure de rétention dont il fait l'objet depuis le 11 avril 2026, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 24 avril 2026, 11h22, déclarant Monsieur [P] [N] [J] recevable en sa demande, rejetant sa demande de mise en liberté et ordonnant son maintien en rétention administrative, Vu la déclaration d'appel de M. [P] [N] [J] du 24 avril 2026 à 12h43 sollicitant la réformation de l'ordonnance dont appel, et d'ordonner sa remise en liberté. Au soutien de son appel, il fait état du défaut de diligences de l'administration pour s'assurer de la compatibilité de la rétention avec son état de santé et du risque d'atteinte à l'article 8 et l'article L. 741-4 du CESEDA, en ce que la Cour d'appel de Douai, dans son arrêt du 17 avril 2026, confirmant la décision du tribunal judiciaire, avait enjoint l'administration de procéder un examen médical à son arrivée au centre de rétention, ce qui n'a pas été fait et constitue donc une circonstance nouvelle. Lors de l'audience, assisté de son conseil, M. [P] [N] [J] réitère la même explication La préfecture a, le 23 avril 2026, communiqué ses observations tendant au rejet de la demande de mise en liberté compte tenu du refus de l'intéressé de se rendre au centre Hospitalier de [Localité 4].

Motivations de la décision

MOTIFS Il résulte de l'article L 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'étranger ne peut être maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L 'article 741-4 du CESEDA précise que le placement en rétention de l'étranger doit prendre en compte « l'état de vulnérabilité et tout handicap de l'étranger ». M. [P] [N] [J] conteste le procès-verbal en date du 18 avril 2026 qui atteste de son refus de se rendre au Centre hospitalier de [Localité 4]. Il affirme qu'il n'a jamais refusé cette proposition, qu'il n'a pas bénéficié de traducteur pour lui expliquer la procédure et n'a donc pas compris qu'on lui proposait d'être examiné par un médecin à l'hôpital de [Localité 4]. Il rappelle qu'il subit un problème de circulation sanguine, s'est fait opérer à la jambe avec pose d'un cathéter et peut risquer une hémorragie interne. Il ressort cependant du procès-verbal du 18 avril 2026 à 12h40, que l'intéressé a refusé de se rendre au Centre hospitalier de [Localité 4] pour procéder à l'examen médical sollicité. Il ne peut soutenir de bonne foi qu'il n'a pas eu d'interprète et n'a pas compris la proposition de se rendre au Centre hospitalier dans la mesure où le procès-verbal, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, mentionne que la proposition d'interprète a été formulée et qu'il l'a refusée. Il y a donc lieu de considérer que l'administration a effectué les diligences nécessaires et qu'au regard du refus de l'intéressé de procéder à l'examen médical, la demande de remise en liberté n'est pas justifiée. La décision contestée sera donc confirmée. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise ; DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à M. [P] [N] [J] par l'intermédiaire du greffe du centre de rétention administrative par truchement d'un interprète en tant que de besoin, à son conseil et à l'autorité administrative ;
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