SUR CE,
Sur l'exception de procédure
Madame [Q] [Y] soutient que la [2] n'a pas et ne peut avoir la qualité de partie à la procédure et que les conditions posées par l'article 331 du code de procédure civile ne sont pas réunies.
Messieurs [T] et [U] [Y] n'ont pas fait valoir leurs observations sur ce point.
Aux termes de l'article 331 du code de procédure civile, l'intervention forcée d'un tiers n'est possible qu'aux fins de condamnation ou pour étendre l'autorité de la chose jugée.
En l'espèce, l'intervention forcée a pour objet d'obtenir de la banque des informations sur les dates exactes des versements des primes sur les contrats d'assurance-vie et les dates de changement de la clause bénéficiaire, ce qui ne rentre dans le cadre fixé par l'article précité. En tout état de cause, le présent arrêt est opposable à la [1] par l'effet substantiel du jugement.
Dès lors, il convient de déclarer l'intervention forcée irrecevable.
Sur le fond
Messieurs [Y] rappellent que leur s'ur a perçu une somme totale de 162912€ de deux assurances-vie dont elle était bénéficiaire selon décision de leur mère. Ces sommes constituent une partie conséquente de l'actif successoral. Ils soutiennent que ces contrats d'assurance-vie ne s'inscrivent dans un aucun projet particulier mais avaient pour seul but de soustraire l'essentiel de l'actif de la succession au profit de leur s'ur. Ils estiment que ces primes sont manifestement exagérées au sens de l'article L132-13 du code des assurances. Madame [Y] épouse [F] soutient que les conditions de cet article ne sont pas réunies. En effet, ces primes correspondaient aux facultés d'épargne de leur mère et les contrats constituaient une prévoyance voulue par leurs parents.
Il résulte des pièces versées aux débats que monsieur et madame [Y] ont souscrit':
- le 28 décembre 1995, un contrat d'assurance vie [3] 3
Ils ont versé sur ce contrat':
-de 1995 à 2003 une somme annuelle de 640,29€';
-le 19 janvier 2006 , une somme de 17500€';
-le 11 mars 2010, une somme de 42288,35€';
Le 27 juillet 2010, après le décès de son mari, Madame [Y] a versé une somme de 45687€ provenant de deux assurances-vie de son mari précédé dont elle était bénéficiaire.
-Le 13 janvier 2007 un contrat d'assurance-vie PREDISSIME 9
Un versement a été effectués par les époux le 13 janvier 2007 d'un montant de 4000€ et le second par madame [Y] seule le 19 mars 2012 d'un montant de 26726,73€.
Il convient d'observer que l'assurance-vie [4] a été souscrite en 1995 par le couple alors âgé de 58 ans pour l'époux et de 53 ans pour l'épouse.
Après le décès de son époux à l'âge de 73 ans, madame [Y], elle-même âgée 68 ans, a versé deux sommes, l'une de 45687€ sur [4] en juillet 2010 provenant d'une assurance-vie de son mari dont elle était bénéficiaire et l'autre de 26726€ sur PREDISSIME 9 en mars 2012.
Elle n'a plus jamais alimenté ces comptes par la suite.
Quelques mois après le décès de son époux, en 2011, elle a décidé de répartir égalitairement le patrimoine immobilier entre les trois enfants par donation-partage. Les deux garçons se sont vus attribués la nue-propriété de la maison située à [Localité 10]. La fille a obtenu la nue-propriété de deux maisons et de terrains situés dans le Cantal.
Madame [Y] est restée vivre dans la maison de [Localité 10] jusqu'à son décès,
intervenu 10 ans après celui de son mari. Sa retraite mensuelle s'élevait à la somme de 1934€. Ses charges étaient réduites en raison de l'absence de frais de logement. A l'analyse des relevés de compte, elle vivait très simplement. Elle n'a pas retiré de fonds des assurances-vie pendant cette période.
Le placement sur des assurances-vie a été un mode de placement privilégié du couple, idéal pour placer des liquidités dont ils n'avaient pas un besoin immédiat tout en conservant la souplesse grâce aux rachats. L'espérance de vie de madame [Y] n'était pas menacée lorsqu'elle a versé les dernières primes.
Il résulte de ces éléments que les primes versées ne sont pas excessives au regard de l'âge, de la situation patrimoniale et de la situation familiales. Elles avaient une utilité pour madame [Y].
Il convient d'ajouter que l'appréciation du caractère manifestement exagéré doit être effectué au regard de la situation financière du seul souscripteur et non de celle du bénéficiaire. Ainsi le fait que la souscription du contrat d'assurance-vie ait eu pour objet de faire échapper les sommes qui y sont versées à la succession et de porter atteinte à la réserve est inopérante, l'intérêt des héritiers ne constituant pas un critère d'appréciation.
Compte-tenu de ces éléments, le jugement déféré sera confirmé.