MOTIVATION
Sur l'indu de rémunérations de 17.794,34 euros
Il résulte des articles 1302 et 1302-1 du code civil que ce qui a été reçu sans être dû est sujet à restitution et que celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû doit le restituer à celui de qui il l'a indûment reçu.
Il appartient à celui qui agit en restitution de l'indu de rapporter la preuve du paiement et de son caractère indu.
En l'espèce, la société [1] justifie par la production des avis d'arrêts de travail et de prolongation d'arrêts de travail du salarié de 2018 à 2021, d'un tableau retraçant de 2018 à 2021 leur indemnisation en application de l'article 4.3.1 de la convention collective des télécommunications, et des bulletins de paie du salarié des années 2019 à 2021 que ce dernier a perçu des avances de rémunération qui n'étaient pas dues, d'un montant total de 10.867,86 €, soit :
Février 2019 371,54 €
Avril 2019 36,56 €
Août 2019 11,11 €
Septembre 2019 507,85 €
Octobre 2019 705,65 €
Décembre 2019 2.259,10 €
Janvier 2020 1.086,27 €
Février 2020 913,84 €
Mars 2020 1.032,63 €
Avril 2020 425,45 €
Mai 2020 423,99 €
Juin 2020 312,87 €
Juillet 2020 356,53 €
Août 2020 439,58 €
Septembre 2020 421,04 €
Octobre 2020 775,04 €
Avril 2021 3,05 €
Mai 2021 185,76 €
A défaut de produire le bulletin de paie d'octobre 2018, la société [1] ne justifie pas du règlement d'une avance de rémunération de 1.271,29 € ce mois-là.
Par ailleurs, la société [1] admet avoir procédé à des retenues de 39,71 € et de 32,28 sur les rémunérations dues en novembre et décembre 2018, en compensation de l'avance alléguée mais non justifiée d'octobre 2018, et les bulletins de paie font apparaître les retenues pour " remboursement trop perçu rémunération " ci-après, d'un montant total de 972,76 € :
Janvier 2019 79,19 €
Mars 2019 168,07 €
Mai 2019 166,94 €
Juin 2019 187,72 €
Juillet 2019 165,10 €
Novembre 2019 205,74 €
Il en résulte que la société [1] a une créance de restitution de 9.823,11 €. M. [B] sera condamnée à lui payer cette somme, avec intérêts au taux légal à compter du 12 novembre 2022, date de la réception de sa convocation par M. [B] devant le conseil de prud'hommes de Mont de Marsan, étant observé qu'il n'est pas justifié de l'envoi de la mise en demeure invoquée par courrier en date du 29 novembre 2021. La société [1] sera déboutée du surplus de sa demande. Le jugement déféré sera infirmé sur ce point.
Sur l'abus de la carte " corporate "
La société [1] établit la remise à M. [B], le 27 mars 2019, d'une carte dite " corporate " qui, au vu de la charte d'utilisation produite, est une carte de paiement destinée à un usage strictement professionnel permettant au salarié de ne pas faire l'avance des frais professionnels. Elle justifie également de l'usage de cette carte par le salarié alors en arrêt maladie, et donc à des fins personnelles et non professionnelles, au vu des relevés de compte produits, à hauteur de 2.117,71 € en juin 2020, de 7.316,10 € en juillet 2020 et de 7.313,01 € en août 2020, soit au total à hauteur de 16.746,82 €, et du versement à la société [2] de la somme de 18.456,98 euros dont 7.336,10 € le 28 septembre 2020 et 11.120,88 € le 19 novembre 2020.
Il en résulte qu'elle établit un paiement indu au salarié de la somme de 16.746,82 €, et ne démontre pas un paiement au salarié de celle de 1.710,16 € correspondant au solde de sa demande (18.456,98 - 16.746,82) ni son caractère indu. M. [B] sera donc condamné à lui payer la somme de 16.746,82 €, avec intérêts au taux légal à compter du 12 novembre 2022, et la société [1] sera déboutée du surplus de sa demande. Le jugement sera infirmé sur ce point.
Sur les autres demandes
En application de l'article 696 du code de procédure civile, M. [B] sera condamné aux dépens de première instance, par infirmation du jugement déféré, et aux dépens exposés en appel. En application de l'article 700 du code de procédure civile, il sera condamné à payer à la société [1] la somme de 1.000 €.