Sur ce,
Attendu qu'il convient d'ordonner la jonction des procédure N° RG 26/00479 et N°RG 26/00480 sous le numéro RG 26/00480
I- Sur la régularité de la décision de placement en rétention
Attendu que l'article L 614-13 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile énonce que la décision de placement en rétention ne peut être contestée que devant le juge du tibunal judiciaire, conformément aux dispositions de l'article L. 741-10.
Dans ce cas, le juge des libertés et de la détention informe sans délai le tribunal administratif territorialement compétent, par tout moyen, du sens de sa décision. La méconnaissance des dispositions du présent alinéa est sans conséquence sur la régularité et le bien-fondé des procédures ultérieures d'exécution de la décision d'éloignement.
Attendu que l'article L. 741-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à la procédure applicable, prévoit que l'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge du tribunal judiciaire, dans un délai de 4 jours à compter de sa notification.
Il est statué suivant la procédure prévue aux articles L. 743-3 à L. 743-18 du même code.
Attendu que l'article L. 742-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à la procédure applicable, prévoit que le maintien en rétention au-delà de 4 jours à compter de la notification de la décision de placement initiale peut être autorisé, dans les conditions prévues au présent titre, par le juge du tribunal judiciaire saisie à cette fin par l'autorité administrative.
Attendu qu'au soutien de son appel, M. [U] [M] invoque que les éléments du dossier démontreraient précisément l'existence d'un risque de soustraction à l'exécution de la mesure d'éloignement, que l'intéressée se maintient irrégulièrement sur le territoire français depuis plusieurs mois
malgré l'absence de tout droit au séjour en France, qu'elle ne disposait, lors de son interpellation, que d'un titre de séjour portugais expiré et n'était pas en mesure de justifier d'un droit à la libre circulation ou au séjour sur le territoire français, que l'existence alléguée d'un hébergement chez son concubin ne saurait suffire à caractériser des garanties de représentation effectives au sens des dispositions précitées. Il est indiqué que l'administration avait relevé, dans la décision de placement en rétention, que l'intéressée ne pouvait justifier d'une résidence effective et permanente sur le territoire français et qu'elle ne présentait aucune garantie suffisante permettant d'assurer sa représentation dans le cadre de l'exécution de la mesure d'éloignement.
Enfin il est estimé que le premier juge aurait accordé une portée excessive à la remise du passeport de l'intéressée et à ses simples déclarations d'intention quant à un retour au Portugal, alors que la seule remise d'un document d'identité ainsi que les déclarations de bonne volonté de l'étranger ne suffisent pas à écarter le risque de soustraction à l'exécution de la mesure d'éloignement lorsqu'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que l'intéressé se maintient irrégulièrement sur le territoire et ne présente pas de garanties effectives de représentation.
Il est conclu que les éléments retenus par le premier juge demeurent insuffisants pour garantir l'exécution effective et rapide de la mesure de remise aux autorités portugaises.
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Au soutien de son recours contre l'arrêté de placement, Mme [B] [D] [Q] fait valoir qu'elle a remis son passeport cap verdien valide et déclaré'une adresse en France'; que l'arrêté de placement en rétention est insuffisamment motivé, qu'il procède d'une erreur d'appréciation quant à ses garanties de représentation et qu'il porte atteinte au respect de sa vie privée et familiale.
L'article L741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que l''autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre vingt seize heures, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision.
Le risque mentionné au premier alinéa est apprécié selon les mêmes critères que ceux prévus à l'article L. 612-3 ou au regard de la menace pour l'ordre public que l'étranger re présente.
Selon l'article L 612-3 du même code, le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :
1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;
2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;
3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ;
4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ;
5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;
6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ;
7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ;
8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.
En outre, et en application de l'article L741-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de placement en rétention est écrite et motivée.
Si l'administration n'est pas tenue de reprendre tous les éléments biographiques de l'intéressé, elle doit a minima justifier, par la référence à quelques éléments particuliers, en quoi le placement en rétention s'impose pour permettre l'exécution de la décision d'éloignement.
Il importe de rappeler que la régularité de l'arrêté de placement en rétention administrative doit être appréciée au vu des éléments dont l'administration disposait au moment de la rédaction dudit acte de sorte qu'il ne peut être tenu compte d'éléments postérieurs à la date d'édiction de l'acte pour en apprécier la régularité.