COUR D'APPEL DE RENNES
N° 190
N° RG 26/00273 - N° Portalis DBVL-V-B7K-WNXE
JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT
O R D O N N A N C E
articles L 741-10 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Nous, Jean-Denis BRUN, conseiller à la cour d'appel de RENNES, délégué par ordonnance du premier président pour statuer sur les recours fondés sur les articles L.741-10 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, assisté de Morgane LIZEE, greffière,
Statuant sur l'appel formé le 10 Mai 2026 à 21h30 par courriel de Me GONULTAS pour :
M. [W] [D]
né le 27 Février 2007 à [Localité 1]
de nationalité Marocaine
ayant pour avocat Me Omer GONULTAS, avocat au barreau de RENNES
d'une ordonnance rendue le 10 Mai 2026 à 16h30 par le magistrat en charge des rétentions administratives du Tribunal judiciaire de RENNES qui a rejeté les exceptions de nullité soulevées, et ordonné la prolongation du maintien de M. [W] [D] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée maximale de vingt-six jours ;
En présence du représentant de la PREFECTURE D'ILLE ET VILAINE, dûment convoqué,
En l'absence du procureur général régulièrement avisé, Monsieur Laurent FICHOT, avocat général, ayant fait connaître son avis par écrit déposé le 11 mai 2026 lequel a été mis à disposition des parties.
En présence de [W] [D], par visio conférence assisté de Me Omer GONULTAS, avocat,
Après avoir entendu en audience publique le 11 Mai 2026 à 15 H 30 l'appelant assisté de Mme [S] [Z], interprète en langue arabe, et son avocat et le représentant du préfet en leurs observations,
Avons mis l'affaire en délibéré et ce jour, avons statué comme suit :
Monsieur [W] [D] fait l'objet d'un arrêté du Préfet d'Ille-et-Vilaine en date du 05 mai 2026, notifié le jour même, ayant prononcé l'obligation d'avoir à quitter le territoire français.
Monsieur [W] [D] a fait l'objet d'un arrêté du Préfet d'Ille-et-Vilaine le 05 mai 2026, notifié le jour même, portant placement en rétention administrative, au centre de rétention administrative (CRA) de [Localité 2] pour une durée de 96 heures.
Par requête Monsieur [W] [D] a contesté la légalité de l'arrêté de placement en rétention administrative.
Par requête motivée reçue le 09 mai 2026 au greffe du tribunal judiciaire de Rennes, le représentant du préfet d'Ille-et-Vilaine a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rennes d'une demande de prolongation pour une durée de 26 jours de la rétention administrative de Monsieur [W] [D].
Par ordonnance rendue le 10 mai 2026, le magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Rennes a rejeté le recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative, rejeté les exceptions de nullité soulevées, à savoir l'absence d'interprète lors de la notification des droits du gardé à vue, et ordonné la prolongation du maintien de Monsieur [W] [D] en rétention dans les locaux non pénitentiaires pour un délai maximum de 26 jours.
Par déclaration reçue au greffe de la Cour d'Appel de Rennes le 10 mai 2026 à 21h 30 par l'intermédiaire de son conseil, Monsieur [W] [D] a formé appel de cette ordonnance.
L'appelant fait valoir, au soutien de sa demande d'infirmation de la décision entreprise, l'irrégularité de la notification de la mesure de placement en garde à vue, si l'intéressé parle et comprend la langue française dans sa globalité, il ne lit pas la langue française, mais seulement l'arabe, or le procès-verbal de notification mentionne " lecture effectuée par lui-même ". Toutes les autres pièces de la procédure précisent que la lecture a été faite par les policiers, ainsi, la procédure de notification de la mesure de garde à vue ainsi que des droits y afférents est irrégulière, ce qui fait nécessairement grief à Monsieur [D].