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Cour d'appel, rétention_recoursjld, 5 mai 2026 — n° 26/00428

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Synthèse de la décision

Question juridique

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger peut-elle être confirmée en l'absence d'illégalité affectant les conditions de légalité de la mesure ?

Principe retenu

La rétention administrative d'un étranger peut être prolongée si les conditions de légalité ne sont pas affectées par une illégalité. L'appel interjeté par l'intéressé doit être examiné en fonction des éléments de droit et des faits présentés.

Faits clés

  • M. [N] [Q] a été condamné à une interdiction du territoire national de 3 ans.
  • Il a été placé en rétention administrative à sa levée d'écrou le 29 avril 2026.
  • Le Préfet des Bouches du Rhône a demandé la prolongation de la rétention le 2 mai 2026.
  • L'ordonnance de prolongation a été rendue le 3 mai 2026 pour une durée de 26 jours.
  • M. [N] [Q] a interjeté appel de cette ordonnance le 4 mai 2026.

Articles cités

article L.743-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 66 de la constitution du 4 octobre 1958 article R.743-20 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile

Dispositif

DÉCLARONS recevable l'appel interjeté par Monsieur [N] [Q] ; CONFIRMONS l'ordonnance déférée en toutes ses dispositions ; RAPPELONS que, conformément à l'article R.743-20 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile, les intéressés peuvent former un pourvoi en cassation par lettre recommandée avec accusé de réception dans les deux mois de la notification de la présente décision à la Cour de cassation [Adresse 2]. Fait à la Cour d'Appel de Nîmes, Le 05 Mai 2026 à LE GREFFIER, LE PRESIDENT, ' Notification de la présente ordonnance a été donnée ce jour au Centre de rétention administrative de [Localité 1] à M. [N] [Q], par l'intermédiaire d'un interprète en langue arabe. Le à H Signature du retenu Copie de cette ordonnance remise, ce jour, par courriel, à : - Monsieur [N] [Q], par le Directeur du CRA de [Localité 1], - Me Merwa AMAR, avocat , - Le Préfet des Bouches du Rhône , - centaure avocats - Le Directeur du CRA de [Localité 1], - Le Ministère Public près la Cour d'Appel de Nîmes, - Le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes.

Exposé du litige

Ordonnance N°403 N° RG 26/00428 - N° Portalis DBVH-V-B7K-J5RV Recours c/ déci TJ [Localité 1] 03 mai 2026 [Q] C/ [Adresse 1] COUR D'APPEL DE NÎMES Cabinet du Premier Président Ordonnance du 05 MAI 2026 Nous, Mme Marine KARSENTI, Conseillère à la Cour d'Appel de Nîmes, désignée par le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes pour statuer sur les appels des ordonnances du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes en charge du contentieux de la rétention administrative, rendues en application des dispositions des articles L 742-1 et suivants du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit de l'Asile (CESEDA), assistée de Mme Audrey BACHIMONT, Greffière, En vertu de l'article L.743-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile une visioconférence a été organisée entre la cour d'appel de Nîmes et le centre de rétention administrative de [Etablissement 1] pour la tenue de l'audience. Vu l'interdiction de territoire français prononcée le 06 octobre 2025 par le tribunal correctionnel d'Aix en Provence notifiée le même jour, ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 27 avril 2026, notifiée le même jour à 29 avril 2026 à 09h03 concernant : M. [N] [Q] né le 06 Juillet 2005 à [Localité 2] de nationalité Algérienne Vu la requête reçue au greffe du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes en charge du contentieux de la rétention administrative le 02 mai 2026 à 10h38, enregistrée sous le N°RG 26/2240 présentée par M. le Préfet des Bouches du Rhône ; Vu l'ordonnance rendue le 03 Mai 2026 à 17h59 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes en charge du contentieux de la rétention administrative, qui a : * Déclaré la requête recevable ; * Rejeté les exceptions de nullité soulevées ; * Ordonné pour une durée maximale de 26 jours commençant quatre jours après la notification de la décision de placement en rétention, le maintien dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, de M. [N] [Q] ; Vu l'appel de cette ordonnance interjeté par Monsieur [N] [Q] le 04 Mai 2026 à 11h59 ; Vu l'absence du Ministère Public près la Cour d'appel de Nîmes régulièrement avisé ; Vu l'absence du Préfet des Bouches du Rhône, régulièrement convoqué ; Vu les conclusions du 05 mai 2026 de Me CLAISSE Yves, avocat de Monsieur le Préfet des Bouches du Rhône ; Vu l'assistance de M. [M] [I] interprète en langue arabe inscrit sur la liste des experts de la cour d'appel de Nîmes ; Vu la comparution de Monsieur [N] [Q], régulièrement convoqué ; Vu la présence de Me Merwa AMAR, avocat de Monsieur [N] [Q] qui a été entendu en sa plaidoirie ;

Motivations de la décision

MOTIFS Monsieur [Z] [Q] a été condamné le 6 octobre 2025 par jugement contradictoire du tribunal correctionnel d'AIX EN PROVENCE à la peine complémentaire d'interdiction du territoire national pendant 3 ans. A sa levée d'écrou le 29 avril 2026 à 9h08, lui a été notifié son placement en rétention en vertu d'un arrêté pris par la même préfecture le 27 avril 2026. Par requête reçue le 2 mai 2026 à 10h38, le Préfet des Bouches du Rhône a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes d'une demande en prolongation de la mesure. Par ordonnance prononcée le 3 mai 2026 à 17h59 et notifiée à M. [Q] à 19h25, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Nîmes a rejeté les exceptions de nullité soulevées ainsi que les moyens présentés par M. [Q] et ordonné la prolongation de sa rétention administrative pour vingt-six jours. M. [Q] a interjeté appel de cette ordonnance le 4 mai 2026 à 11h59. Sa déclaration d'appel relève l'irrégularité de la requête en prolongation pour incompétence de son signataire. Aux termes de conclusions reçues le 5 mai 2025 à 8h02 et transmises aux parties, le préfet a conclu à la confirmation de l'ordonnance entreprise. Il relève que le comportement de M. [Q] re présente une menace à l'ordre public. Conformément à l'article L 743-7 alinéa 3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. [Q] comparait en visio-conférence depuis le centre de rétention, son avocat, l'interprète étant présents au sein de la cour d'appel. A l'audience, Monsieur [Q] : - Déclare qu'il est algérien, qu'il n'a pas de passeport, qu'il a déjà été placé en rétention à [Localité 3], qu'il est arrivé en France en 2012 ou en 2013 sans passeport, qu'il est opposé à son éloignement en Algérie car il a une femme et une fille qui vivent en Espagne, qu'il veut se rendre en Espagne, qu'il a un problème de santé, qu'il a vu l'unité médicale le 3 mai 2025 seulement, - Sollicite l'infirmation de l'ordonnance et sa remise en liberté immédiate. Son avocat : - Soutient le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la requête en prolongation de la rétention, - Soutient que la notification de M. [Q] de son droit d'accès au téléphone ne porte pas la mention de l'heure de notification et aucun élément ne prouve que M. [Q] a eu accès à son téléphone au cours du trajet. Monsieur le Préfet requérant n'est pas représenté. SUR LA RECEVABILITE DE L'APPEL : L'appel interjeté par M. [Q] à l'encontre d'une ordonnance du magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Nîmes dûment notifiée a été relevé dans les délais légaux et conformément aux dispositions des articles L.743-21 et R.743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est donc recevable. SUR LA RECEVABILITE DE LA REQUETE EN PROLONGATION : - en ce que son signataire n'aurait pas compétence pour ce faire : M. [Q] soutient qu'il appartient au juge judiciaire de vérifier la compétence du signataire de la requête en prolongation et la mention des empêchements éventuels des délégataires de signature. En l'espèce, le signataire de la requête ne serait pas compétent. C'est à tort qu'il est argué de l'incompétence du signataire de la requête en prolongation signée pour le Préfet des BOUCHES DU RHONE le 2 mai 2026 par Madame [U] [K], adjointe à la cheffe du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile, alors qu'est joint à cette requête un arrêté préfectoral en date du 1er avril 2026, régulièrement publié, lui portant délégation de signature notamment pour saisir le magistrat du siège des requêtes en prolongation des mesures de rétention. L'apposition de sa signature sur cette requête présuppose l'empêchement des autres personnes ayant délégation, le retenu ne démontrant pas le contraire alors qu'en application de l'article 9 du code de procédure civile, c'est bien à lui qu'il incombe d'apporter la preuve du bienfondé de ses prétentions. Le moyen d'irrecevabilité doit donc être écarté. Sur l'exception de procédure tenant à la privation d'accès du retenu à son téléphone au cours du trajet vers le centre de rétention : Le conseil de M. [Q] soutient que la mention de l'horaire sur la notification du droit d'accès au telephone fait défaut et qu'aucun élément n'atteste que M. [Q] ait eu accès à son téléphone au cours du trajet vers le centre de rétention. L'article L. 744-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " L'étranger placé en rétention est informé dans les meilleurs délais qu'il bénéficie, dans le lieu de rétention, du droit de demander l'assistance d'un interprète, d'un conseil et d'un médecin, et qu'il peut communiquer avec son consulat et toute personne de son choix. Ces informations lui sont communiquées dans une langue qu'il comprend. " L'article R. 744-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Dès son arrivée au lieu de rétention, chaque étranger est mis en mesure de communiquer avec toute personne de son choix, avec les autorités consulaires du pays dont il déclare avoir la nationalité et avec son avocat s'il en a un, ou, s'il n'en a pas, avec la permanence du barreau du tribunal judiciaire dans le ressort duquel se trouve le lieu de rétention. " En l'espèce, le procès-verbal de transport en date du 29 avril 2026 indique que M. [Q] a été pris en charge pour le trajet depuis l'établissement pénitentiaire de [Localité 4] vers le centre de rétention de [Localité 1] à 9h03 et qu'il est arrivé au CRA à 10h49. Cet horaire d'arrivée est également mentionné sur la copie du registre du CRA. Il est également mentionné par ce procès-verbal que le trajet s'est déroulé sans incident, que M. [Q] a eu accès à un téléphone portable au cours du trajet. Il est exact que le procès-verbal de notification du droit d'accès au telephone notifié à M. [Q] le 29 avril 2026 ne porte pas la mention de l'heure de notification. Il résulte néanmoins de la procedure que ce droit lui a été notifié à son arrivée au CRA, que le registre actualisé du CRA porte mention d'une notification des droits à 11h09, qu'il n'est pas contesté que M. [Q] est arrivé au CRA le 29 avril 2026 à 10h49 et que les droits afferents à la retention lui ont été notifiés entre 11h05 et 11h09. D'une part les dispositions des articles précités garantissent le droit de communiquer à compter de l'arrivée au centre de rétention, une fois en son sein. D'autre part M. [Q] n'établit aucune atteinte à ses droits resultant du défaut de mention expresse de l'heure de notification de son droit d'accès au telephone, ni du défaut d'accès allégué au telephone au cours du trajet. Il y a lieu de constater qu'aucune irrégularité portant atteinte aux droits de la personne retenue n'est relevée et il convient dès lors de déclarer la procédure régulière. SUR LE FOND : L'article L.611-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose des cas dans lesquels un étranger peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'article L611-3 du même code énumérant limitativement les situations dans lesquelles une décision portant obligation de quitter le territoire est exclue. L'article L.612-6 du même code dispose que l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire d'une interdiction de retour sur le territoire français, les effets de cette interdiction cessant à l'expiration de la durée fixée par l'autorité administrative, à compter de l'exécution de la mesure. L'article L. 741-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre jours, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L.
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