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Cour d'appel, retentions, 12 mai 2026 — n° 26/03593

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger doit être justifiée par des diligences de l'autorité préfectorale et ne peut être ordonnée sans éléments nouveaux de fait ou de droit. L'absence de critique motivée de l'ordonnance de prolongation entraîne le rejet de l'appel.

Faits clés

  • M. [H] [A] [B] [O] a reçu une obligation de quitter le territoire français le 5 septembre 2025.
  • Il a été placé en rétention administrative le 10 avril 2026.
  • Le juge a prolongé sa rétention pour 26 jours, puis pour 30 jours supplémentaires.
  • M. [H] [A] [B] [O] a contesté la prolongation par appel, demandant sa mise en liberté.
  • Il a refusé d'embarquer sur un vol à destination du Cap Vert réservé le 10 mai 2026.

Articles cités

article L. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par [H] [A] [B] [O]. Confirmons l'ordonnance déférée. Le greffier, La conseillère déléguée, Insaf NASRAOUI Albane GUILLARD

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une obligation de quitter le territoire français a été notifiée à [H] [A] [B] [O] le 5 septembre 2025. Par décision en date du 10 avril 2026, notifiée le 10 avril 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [H] [A] [B] [O] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement à compter du 10 avril 2026. Par décision en date du 14 avril 2026, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [H] [A] [B] [O] pour une durée de vingt-six jours, décision confirmée par la cour d'appel de Lyon le 17 avril 2026. Par requête en date du 7 mai 2026, reçue le 8 mai 2026, l'autorité administrative a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention de l'intéressé pour une durée de trente jours. Par ordonnance du 9 mai 2026 à 13 heures 45, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a fait droit à cette requête et a ordonné la prolongation de la rétention pour une durée de trente jours. Par déclaration reçue au greffe de la cour d'appel de Lyon le 11 mai 2026 à 10h12, [H] [A] [B] [O] a relevé appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation outre sa mise en liberté contestant les conditions d'une deuxième prolongation soutenant un défaut de diligences de l'administration durant la première période de sa rétention. Par courriel adressé le 11 mai 2026 à 10h28, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 12 mai 2026 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations de la préfecture de la Drôme reçues par courriel le 11 mai 2026 à 19h29 tendant à la confirmation de la décision entreprise. Vu l'absence d'observation du conseil de [H] [A] [B] [O].

Motivations de la décision

MOTIVATION L'article R743-11 précité dispose que « à peine d'irrecevabilité, la déclaration d'appel est motivée. Elle est transmise par tout moyen au greffe de la cour d'appel qui l'enregistre avec mention de la date et de l'heure. Le greffier de la cour d'appel avise immédiatement le greffier du tribunal judiciaire qui lui transmet sans délai le dossier » Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L741-10 et L742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Contrairement à ce qui est soutenu par [H] [A] [B] [O], si la cour de cassation dans son arrêt rendu le 7 janvier 2026 a jugé que la déclaration d'appel motivée par des arguments critiquant l'ordonnance de prolongation de la rétention administrative ne pouvait faire l'objet d'une irrecevabilité sans convocation préalable des parties au regard des dispositions des articles L743-23, R743-11 et R743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, force est de constater qu'il ne résulte pas des énonciations de la déclaration d'appel de [H] [A] [B] [O] qu'elle soit motivée par un quelconque argument critiquant l'ordonannce rendue par le premier juge. Le juge du tribunal judiciaire a ordonné la prolongation de la rétention de [H] [A] [B] [O] pour une durée de trente jours afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement alors que l'autorité préfectorale justifie des démarches engagées auprès des autorités consulaires dont relève l'intéressé, ce dernier ayant d'ailleurs refusé d'embarquer sur un vol à destination du Cap Vert réservé le 10 mai 2026. Il ne désigne précisément aucune insuffisance particulière de l'autorité préfectorale dans les diligences susceptibles d'être utilement engagées durant la première période de sa rétention. En l'état, les moyens soutenus ainsi que la prétention qui leur est associée tendent uniquement à solliciter une mise en liberté et à obtenir de manière claire la mainlevée de la rétention administrative ce qui relève manifestement des prévisions de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA. Il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par [H] [A] [B] [O] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention. Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS
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