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Cour d'appel, chambre des déférés, 13 mai 2026 — n° 25/02419

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de la caducité d'une déclaration d'appel en matière de procédure civile ?

Principe retenu

Le non-respect des délais de dépôt des écritures au greffe, même si la signification a été faite à l'adversaire, entraîne la caducité de la déclaration d'appel. Les dispositions permettant d'allonger les délais ne peuvent pas être utilisées pour couvrir une irrégularité.

Faits clés

  • Monsieur [T] [H] a interjeté appel d'un jugement du conseil de prud'hommes de Tours.
  • Le conseiller de la mise en état a prononcé la caducité de cet appel pour non-respect des délais.
  • Monsieur [T] [H] a signifié sa déclaration d'appel et ses conclusions à son adversaire, mais pas au greffe dans les délais requis.
  • Il a demandé un délai supplémentaire pour le dépôt de ses écritures, qui a été refusé.
  • L'ordonnance de caducité a été confirmée par la cour d'appel.

Articles cités

article 902 du code de procédure civile article 908 du code de procédure civile article 911 du code de procédure civile article 211 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS CONFIRME l'ordonnance entreprise, CONDAMNE [T] [H] aux dépens. Arrêt signé par Madame Catherine GAY-VANDAME, Premier Président et Madame Fatima HAJBI, greffier, à laquelle la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire ; LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT

Exposé du litige

ARRÊT prononcé le 13 MAI 2026 par mise à la disposition des parties au greffe, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile ; Par une déclaration déposée le 17 décembre 2024, [T] [H] interjetait appel d'un jugement rendu le 2 décembre 2024 par le conseil de prud'hommes de Tours. Par une ordonnance d'incident en date du 3 juillet 2025, le conseiller de la mise en état de prononçait la caducité de cet appel. Par une requête déposée au greffe le 16 juillet 2025, [T] [H] déférait cette ordonnance devant la cour. La SARL [2] de ville ne concluait pas.

Motivations de la décision

SUR QUOI : Attendu que le conseiller de la mise en état a retenu que [T] [H] , après l'avis d'avoir à signifier sa déclaration d'appel qui lui avait été adressé par le greffe en application de l'article 902 du code de procédure civile, a fait signifier par acte du commissaire de justice sa déclaration d'appel, ses conclusions au fond et ses pièces auprès de la partie intimée, mais qu'il n'a pas adressé au greffe ses conclusions au fond dans le délai de trois mois prévu à l'article 908 du code de procédure civile, se limitant à adresser le 10 mars 2025 une copie du procès-verbal de signification du commissaire de justice non accompagnée des pièces jointes dont les conclusions au fond et qu'il a adressé ses premières conclusions au greffe le 31 mars 2025, sans respecter les prescriptions de l'article 211 du code de procédure civile ; Qu'il a considéré que le fait de justifier de la signification de sa déclaration d'appel et de ses conclusions et pièces auprès de son adversaire ne substitue pas le dépôt de ses écritures au greffe prévu à l'article 908 du code de procédure civile pour les besoins de la mise en état de l'instance par la juridiction, et qu'il ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article 911 alinéa 2 du code de procédure civile permettant notamment au conseiller de la mise en état d'allonger les délais prévus, dès lors que sa demande a été présentée dans ses conclusions d'incident du 2 mai 2025, une fois expiré le délai de trois mois dont il disposait pour conclure au fond ; Attendu que [T] [H] déclare que la réforme de la procédure civile avait plusieurs objectifs, et notamment une protection du principe du contradictoire, ainsi que des délais maîtrisés avec la fin des renvois successifs des audiences de plaidoirie et la diminution du risque de violation du délai raisonnable, mais que, pour que les bénéfices se concrétisent, encore faut-il selon lui que l'exigence formelle attachée à la procédure écrite ne se retourne pas contre le justiciable ; Qu'il estime que la forme doit être mise au service de la justice ; Qu'il indique qu' à ce titre, l'alinéa 2 de l'article 911 du code de procédure civile applicable depuis le 1er septembre 2024 dispose que le conseiller de la mise en état peut, à la demande d'une partie ou d'office, allonger ou réduire les délais prévus aux articles 908 à 910, cette décision prise par mention dossier constituant une mesure d'administration judiciaire ; Qu'il en conclut que le conseiller de la mise en état n'est plus contraint de prononcer la caducité de la déclaration d'appel, et prétend qu'il est incontestable que lui-même n'aurait pas eu la volonté de rallonger la procédure ou de ne pas être diligente ; Qu'il estime qu'il apparaît d'une bonne administration de la justice de lui accorder un délai d'un mois supplémentaire ; Attendu que c'est à juste titre que le conseiller de la mise en état a considéré que l'objet des dispositions nouvelles n'est pas de couvrir une irrégularité ni d'écarter la caducité résultant du non-respect des délais, mais de permettre au regard des besoins de la mise en état de l'instance, de réduire ou d'allonger les délais des articles 908 à 910 du code de procédure civile ; Qu'il est par ailleurs à relever que [T] [H] n'allégue pas de force majeure et n'explique aucunement les raisons entraînant le retard qui lui est reproché ; Attendu qu'il y a lieu de confirmer l'ordonnance entreprise ;
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