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Cour d'appel, rétentions, 13 mai 2026 — n° 26/00242

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de recevabilité d'une déclaration d'appel contre une décision de prolongation de rétention administrative ?

Principe retenu

Le premier président de la cour d'appel peut rejeter une déclaration d'appel manifestement irrecevable sans convoquer les parties, notamment lorsque aucune circonstance nouvelle n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative.

Faits clés

  • Monsieur [Y] [K] est retenu au centre de rétention de [Localité 2].
  • Un arrêté du 7 mai 2026 impose à Monsieur [Y] [K] de quitter le territoire national.
  • Monsieur [Y] [K] a fait appel de l'ordonnance prolongeant sa rétention administrative.
  • La déclaration d'appel a été jugée manifestement irrecevable par la cour d'appel.
  • Aucune circonstance nouvelle n'a été présentée par l'appelant depuis son placement en rétention.

Articles cités

article L743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant sans audience, Rejetons la déclaration d'appel, Fait à Montpellier, au palais de justice, le 13 Mai 2026 à 09h30 Le greffier, Le magistrat délégué,

Exposé du litige

EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE Vu l'arrêté 7 mai 2026 de MONSIEUR [V] DE L'[R] portant obligation de quitter le territoire national sans délai assorti d'une interdiction de territoire d'une durée de un an pris à l'encontre de Monsieur [Y] [K], Vu l'arrêté en date du 7 mai 2026 de MONSIEUR [V] portant placement en rétention adminstrative notifié le jour même à Monsieur [Y] [K], à 12h05, Vu l'ordonnance du 11 Mai 2026 à 15h30 notifiée le même jour à la même heure, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés prolongeant la rétention administrative de Monsieur [Y] [K] , pour une durée de vingt-six jours, Vu la déclaration d'appel de Monsieur [Y] [K] faite le 12 Mai 2026 à 12h46 transmise au greffe de la cour d'appel de Montpellier le même jour à 12h46 sollicitant l'infirmation de cette ordonnance, outre sa mise en liberté pour irrecevabilité de la requête préfectorale pour défaut de pièce utile, Vu les courriels adressés le 12 mai 2026 à 16h01 aux parties les informant que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du premier alinéa de l'article L.743-23 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile et les invitant à faire part, le 13 mai 2026 à 09h00 au plus tard, de leurs observations éventuelles sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel formé contre la décision rendue par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Perpignan chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés; Vu les observations de la préfecture transmises par courriel le 12 mai 2026 à 19h03, Vu les observations de Maître Katia LUCAS DUBLANCHE conseil de Monsieur [Y] [K] transmises de manière contradictoire par courriel le 13 mai 2026 à 08h07,

Motivations de la décision

MOTIFS: L'article L743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables. Lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge des libertés et de la détention dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, il peut également rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Par application des dispositions des articles R743-14 et R 743-15 du code précité les observations des parties ont été sollicitées. Il convient en effet de relever, en premier lieu, que la déclaration d'appel se borne, s'agissant des fins de non-recevoir soulevées, à indiquer : - le défaut de production du registre actualisé qui est produit; - le défaut de pièce utile en vue de voir déclarer la requête préfectorale irrecevable sans viser la pièce qui ferait défaut; Or, le registre actualisé a bien été annexé à la requête préfectorale. Aucune pièce utile faisant défaut n'est mentionnée à l'appui de l'appel. La critique ne correspond donc pas aux pièces du dossier et indique des éléments stéréotypés déconnectés du dossier de sorte qu'elle apparait dépourvue de motivation au sens de l'article R 743-14. Par ailleurs, l'appelant ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit qui serait apparue depuis son placement en rétention. Les observations complémentaires apportées par le conseil de l'appelant ne permettent pas de remettre en cause le caractère manifestement irrecevable de la déclaration d'appel, et l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative de sorte qu'il convient, pour l'ensemble de ces éléments, de la rejeter.
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