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Cour d'appel, audiences solennelles, 15 mai 2026 — n° 26/01566

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions d'irrecevabilité d'un recours contre une décision de classement sans suite d'une réclamation contre un avocat ?

Principe retenu

Le désistement d'une instance est admis lorsque le défendeur accepte ce désistement. En cas de désistement, l'instance est éteinte et le demandeur peut être condamné aux dépens. Un recours est irrecevable si le demandeur ne respecte pas les voies de recours indiquées dans le courrier du bâtonnier.

Faits clés

  • M. [P] a formulé une réclamation contre son ancien avocat, Me [Q].
  • Le bâtonnier a classé la réclamation sans suite par courrier du 23 septembre 2025.
  • M. [P] a saisi la cour d'appel de Rennes par un recours qui a été jugé irrecevable.
  • M. [P] s'est désisté de son recours lors de l'audience du 3 avril 2026.
  • Me [Q] a maintenu sa demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Articles cités

article 394 du code de procédure civile article 399 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS Constate le désistement de M. [J] [P] de son recours formé contre la lettre du bâtonnier de l'ordre des avocats au barreau de Nantes du 23 septembre 2025 classant sans suite la réclamation formée à l'encontre de Me [U], l'extinction de l'instance et le dessaisissement de la cour ; Condamne M. [J] [P] aux dépens ; Condamne M. [J] [P] à verser à Me [Y] [Q] la somme de 800 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. LA GREFFIÈRE LE PRÉSIDENT

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE Par lettre reçue au greffe de la cour d'appel de Rennes le 4 mars 2026, M. [P] a développé les griefs qu'il entend formuler contre son ancien avocat, Me [Q], en joignant à cette lettre un courrier du bâtonnier de l'ordre des avocats au barreau de Nantes en date du 23 septembre 2025, par lequel ce dernier expose les raisons pour lesquelles il n'entend pas donner suite à la réclamation de M. [P] contre Me [Q]. Ce courrier se conclut par l'indication de ce que M. [P] dispose de la possibilité de saisir de sa réclamation le procureur général de la cour d'appel de Rennes ou le conseil régional de discipline des avocats de la cour d'appel de Rennes, en mentionnant pour chacun d'eux leurs adresses respectives. Les parties ont été convoquées à l'audience solennelle de la cour du 3 avril 2026. À cette audience, M. [P], comparaissant en personne, indique se désister de sa demande. Me [Q], représentée par son avocat, indique ne pas s'opposer au désistement mais maintenir sa demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile à hauteur de 1.000 euros. Le parquet général a soutenu ses observations pour indiquer en quoi le recours était en tout état de cause irrecevable.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Par application des dispositions des articles 394 et suivants du code de procédure civile, le désistement de l'instance est admis en toutes matières. Il n'est parfait que par acceptation du défendeur, à moins que celui-ci n'ait présenté aucune défense au fond ou fin de non recevoir au moment où le demandeur se désiste. En l'espèce, le désistement de M. [P] est accepté par Me [Q]. Ce désistement emporte extinction de l'instance et dessaisissement de la cour. En application de l'article 399 du code de procédure civile, les dépens de l'instance éteinte resteront à la charge de M. [P]. En l'espèce, M. [P] ne pouvait ignorer que son recours, dont il a fini par se désister, était irrecevable dès lors que le courrier du bâtonnier du 23 septembre 2025 qui avait été joint au recours était parfaitement clair quant aux voies par lesquelles M. [P] pouvait contester la décision de classement sans suite. Il n'était aucunement besoin d'être juriste pour comprendre le paragraphe conclusif de ce courrier qui indiquait à M. [P] qu'il disposait de la possibilité de saisir de sa réclamation le procureur général de la cour d'appel de Rennes ou le conseil régional de discipline des avocats de la cour d'appel de Rennes, le courrier du bâtonnier mentionnant pour chacune de ces deux instances leurs adresses respectives. Dès lors, le présent recours a conduit Me [Q] à se faire représenter alors que M. [P] ne pouvait ignorer par une simple lecture du courrier qui lui avait été adressé que son recours était vain. Aussi convient-il de condamner M. [P] au paiement d'une somme de 800 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
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