EXPOSE DE LA PROCÉDURE ET DES FAITS
M. [F] a été admis en soins psychiatriques sous la forme d'une hospitalisation complète à la demande du représentant de l'État le 27 avril 2023 à la suite de troubles du comportement ayant donné lieu à une intervention des forces de l'ordre.
Il ressort des pièces de la procédure qu'il avait été retrouvé au domicile d'une femme chez laquelle il présentait des comportements inadaptés et qu'il s'était montré verbalement et physiquement agressif lorsque celle-ci lui avait demandé de quitter les lieux. Lors de son interpellation, il présentait un état d'agitation majeur accompagné de propos incohérents.
Une prise en charge sous la forme d'un programme de soins a été mise en place à compter du 12 août 2025 et M. [F] a fait l'objet d'une réintégration en hospitalisation complète suivant décision préfectorale du 13 mai 2026 sur la base d'un certificat médical daté du même jour, à la suite de nouveaux troubles du comportement sur la voie publique ayant nécessité une intervention des forces de l'ordre, le patient ayant notamment refusé de régler une consommation d'alcool tout en tenant des propos incohérents.
Le certificat médical du 13 mai 2026 relève une décompensation de troubles schizoaffectifs dans un contexte de rupture thérapeutique, caractérisée notamment par un sentiment de toute-puissance, une attitude d'irrespect et de provocation envers le personnel soignant, une agitation marquée et une banalisation des troubles.
Une mesure d'isolement a été décidée le 13 mai 2026 à 20 h 21.
Les évaluations médicales réalisées toutes les douze heures font état :
- de tensions psychiques importantes chez un patient en décompensation maniaque avec discours diffluent et propos sexualisés;
- de la persistance d'un état maniaque avec refus du traitement ;
- d'une agitation psychomotrice importante avec familiarité de contact et logorrhée dans un contexte de troubles du comportement sur la voie publique ayant nécessité l'intervention des forces de l'ordre ;
- puis du maintien d'une agitation psychomotrice importante nécessitant la poursuite de l'isolement à visée d'apaisement et d'évaluation ;
- enfin, d'une tension interne persistante avec cris nocturnes répétés, nombreuses sollicitations et adhésion seulement partielle au traitement.
Par ordonnance du 17 mai 2026 à 10h30, le juge du tribunal judiciaire de Besançon a autorisé le maintien de la mesure d'isolement.
M. [F] a interjeté appel de cette décision par un acte parvenu par courriel au greffe de la juridiction le 18 mai 2026 à 9h46.
MOYENS ET PRÉTENTIONS DES PARTIES
Lors de son audition devant le premier juge, M. [F] a indiqué : «J'ai demandé à ne pas avoir de traitement alors qu'ils m'en ont donné. Je suis à bout, je veux écrire une lettre à Macron ou à Trump, je ne veux pas prendre de traitement, je vais vomir sinon».
Il a également déclaré : « J'ai de la famille. Mon oncle, ma tante, mes cousins, mais je ne les vois plus. J'ai deux demi-s'urs, je pense qu'il y a des gens de ma famille qui s'inquiètent pour moi, mais je ne peux pas vous dire qui. Je ne prends plus de crack, plus de cocaïne. »
Son conseil a sollicité la mainlevée de la mesure d'isolement en soutenant que le placement à l'isolement du patient répondait plus à une contrainte de gestion de service que de la prévention d'un danger ou d'un dommage.
Le 18 mai 2026, le procureur général requiert la confirmation de l'ordonnance déférée.