Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 19 mai 2026 — n° 26/02797
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions de légalité pour le maintien en rétention administrative d'un étranger ?
Principe retenu
En l'absence de circonstances nouvelles de fait ou de droit, l'appel contre une décision de rétention administrative peut être rejeté sans convocation des parties. La légalité de la rétention doit être appréciée en fonction des éléments fournis au soutien de la demande.
Faits clés
- M. X, de nationalité algérienne, est retenu au centre de rétention administrative depuis le 14 mai 2026.
- Il conteste la légalité de son placement en rétention pour insuffisance de motivation et disproportion de la mesure.
- Aucune circonstance nouvelle n'est intervenue depuis son placement en rétention.
- Il a signalé des irrégularités dans la procédure antérieure, notamment la notification tardive de ses droits.
- L'appel a été interjeté le 18 mai 2026.
Articles cités
article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article R 743-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Dispositif
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance.
Fait à Paris le 19 mai 2026 à
LE GREFFIER,
LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS :
Pour information :
L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Notification effectuée aux parties par LRAR ou télécopie et/ou courriel.
Exposé du litige
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D'APPEL DE PARIS
L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour
des étrangers et du droit d'asile
ORDONNANCE DU 19 MAI 2026
(1 pages)
Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/02797 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNHR4
Décision déférée : ordonnance rendue le 15 mai 2026, à 15h11, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux
Nous, Camille Soulas, vice-présidente placée à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Camille Besson, greffière au prononcé de l'ordonnance,
APPELANT :
M. X se disant [M] [G]
né le 16 février 2002 à [Localité 1], de nationalité algérienne
RETENU au centre de rétention : [Etablissement 1]
Informé le 18 mai 2026 à 15h40, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de son appel, en application des dispositions de l'article R 743-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
INTIMÉ :
LE PREFET DE LA SEINE SAINT DENIS
Informé le 18 mai 2026 à 15h40, de la possibilité de faire valoir ses observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en application des dispositions de l'article R 743-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience
ORDONNANCE : contradictoire
-
Vu l'ordonnance du 15 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux ordonnant la jonction de la procédure introduite par la requête du préfet de la Seine Saint Denis enregistré sous le N° RG 26/02594 et celle introduite par le recours de M. X se disant [M] [G] enregistrée sous le N° RG 26/2595, déclarant le recours de M. X se disant [M] [G] recevable, rejetant le recours de M. X se disant [M] [G], rejetant les moyens d'irrégularité soulevés par M. X se disant [M] [G], déclarant la requête du préfet de la Seine Saint Denis recevable et la procédure régulière et ordonnant la prolongation de la rétention de M. X se disant [M] [G] au centre de rétention administrative [Etablissement 1], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de vingt six jours à compter du 14 mai 2026 ;
-
Vu l'appel interjeté le 18 mai 2026, à 11h58, par M. X se disant [M] [G] ;
-
Vu les observations de M. X se disant [M] [G] du 18 mai 2026 à 16h33 ;
Motivations de la décision
SUR QUOI,
Aux termes de l'article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en cas d'irrecevabilité ou dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement,ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention, l'appel peut être rejeté peut être rejeté sans convocation préalable des parties.
Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice il y a lieu de faire application de cet article.
En l'espèce, dans sa déclaration d'appel Monsieur [M] [G] indique être de nationalité algérienne, être arrivé en France en 2023 et disposer d'une adresse stable à [Localité 2]. Il conteste tant la forme, sur l'insuffisance de motivation, que le fond de l'arrêté de placement en rétention, relevant son caractère disproportionné et l'absence de diligences de l'administration. Il conteste également l'irrégularité de la procédure antérieure, à savoir la notification tardive de ses droits en raison de son état d'ébriété, l'absence d'interprète en garde à vue,
En premier lieu, il n'existe pas d'élément nouveau au soutien des prétentions et aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative au sens de l'article L. 743, alinéa 2 qui lui permettrait de critiquer la légalité de l'arrêté du préfet. En particulier, les questions de l'insuffisance de motivation, de la proportionnalité de la mesure, des diligences de l'administration, ainsi que celles concernant la notification de ses droits et la présence d'un interprète, ont bien été relevées par le premier juge et les éléments factuels étaient déjà dans le débat, y compris la question de ses garanties de représentation et de ses attaches familiales et amicales, étant précisé qu'il n'appartient pas au juge judiciaire d'apprécier l'éloignement.
En second lieu, au surplus, aucun élément fournis à l'appui de la demande dans les délais de l'appel ne permet de justifier qu'il soit mis fin à la rétention.
Or la loi permet, dans ce cas, de rejeter la demande sans convocation des parties, dès lors qu'il n'est manifestement pas justifié qu'il soit mis fin à la rétention.
En l'absence de toute illégalité susceptible d'affecter les conditions (découlant du droit de l'Union) de légalité de la rétention, et à défaut d'autres moyens présentés en appel, il y a lieu de rejeter l'appel.
PAR CES MOTIFS
REJETONS la déclaration d'appel,
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