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Cour de cassation, 1ère chambre civile, 20 mai 2026 — n° 24-22.299

Rejet Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:C100336

Synthèse de la décision

Question juridique

Quel est le délai de prescription pour demander la nullité d'un mariage pour vice du consentement ?

Principe retenu

La demande en nullité du mariage pour vice du consentement est irrecevable après un délai de cinq ans à compter de la célébration du mariage. La reconnaissance de l'erreur par l'époux n'affecte pas le point de départ de ce délai de prescription.

Faits clés

  • Demande en nullité du mariage pour vice du consentement
  • Mariage célébré il y a plus de cinq ans
  • Erreur sur les qualités essentielles de la personne
  • Reconnaissance de l'erreur par l'époux
  • Délai de prescription de cinq ans

Articles cités

article 181 du code civil

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Lyon, 16 octobre 2024), M. [N] et Mme [A] se sont mariés le 23 septembre 2017 à [Localité 1], au Togo. 2. Le 26 juin 2023, M. [N] a assigné Mme [A] en nullité du mariage pour erreur sur les qualités essentielles de son épouse.

Motivations de la décision

3. En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce grief qui n'est manifestement pas de nature à entraîner la cassation. Réponse de la Cour 5. Selon l'article 181 du code civil, la demande en nullité du mariage pour vice du consentement n'est plus recevable à l'issue d'un délai de cinq ans à compter du mariage. 6. Il en résulte que s'il y a eu erreur sur les qualités essentielles de la personne, la date à laquelle l'époux a reconnu l'erreur est sans incidence sur le point de départ du délai de prescription. 7. Ayant relevé que le mariage de M. [N] et Mme [A] avait été célébré le 23 septembre 2017 et que l'assignation en nullité datait du 26 juin 2023, la cour d'appel en a exactement déduit que l'action en nullité du mariage engagée par l'époux pour erreur sur les qualités essentielles de la personne de son épouse était prescrite, peu important que l'époux fasse valoir devant elle que la cause de nullité du mariage ne s'était trouvée révélée que par le jugement pénal condamnant l'épouse pour des faits de violence commis à son encontre. 8. Le moyen n'est donc pas fondé.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : REJETTE le pourvoi ; Condamne M. [N] aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par M. [N] et le condamne à payer à Mme [A] la somme de 3 000 euros ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé publiquement le vingt mai deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.
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