MOTIVATION
1-Sur la caducité de la déclaration d'appel :
1.2 Moyens des parties
M. [I] et Mme [Y] exposent que leur déclaration d'appel mentionne clairement les chefs du jugement expressément critiqués et soulignent qu'ils sollicitent dans le corps de leurs écritures l'annulation de la décision de première instance. Il invoque un avis rendu par la première chambre civile de la Cour de cassation en date du 20 novembre 2025, selon lequel lorsque l'appelant principal ne fait pas usage de la faculté offerte par l'article 915-2, alinéa 1 du code de procédure civile, en l'absence de toute reprise de ceux-ci dans le dispositif de ses premières conclusions, les chefs du dispositif du jugement critiqués par l'appelant dans sa déclaration d'appel sont dévolus à la cour d'appel. Enfin, ils présentent des demandes rectificatives devant le conseiller de la mise en état.
La Sa Les Hôtels Bavarez soutient que le dispositif des seules conclusions communiquées par les appelants ne sollicite ni l'annulation, ni l'infirmation du jugement entrepris et considère que c'est à juste titre que la cour envisage de prononcer d'office la caducité de la déclaration d'appel du 17 janvier 2022.
1.2 Réponse de la cour
L'obligation de mentionner expressément la demande d'infirmation ou d'annulation du jugement attaqué, a été affirmée pour la première fois par un arrêt publié le 17 septembre 2020 (2e Civ., 17 septembre 2020, pourvoi n° 18-23.626). La cour faisant peser sur les parties une charge procédurale nouvelle, il a été jugé, que son application immédiate dans les instances introduites par une déclaration d'appel antérieure à la date de cet arrêt, aboutirait à priver les appelants du droit à un procès équitable.
Il résulte de l'application des articles 542 et 954 du code de procédure civile, que dans les instances introduites par une déclaration d'appel postérieure au 17 septembre 2020, lorsque l'appelant ne demande dans le dispositif de ses conclusions ni l'infirmation des chefs du dispositif du jugement dont il recherche l'anéantissement, ni l'annulation du jugement, la cour d'appel ne peut que confirmer le jugement, sauf la faculté qui lui est reconnue de relever d'office la caducité de la déclaration d'appel.
L'article 910-4 ancien du code de procédure civile applicable à l'espèce, prévoit qu'à peine d'irrecevabilité relevée d'office les parties doivent présenter dans leurs conclusions mentionnées aux articles 906-2 et 908 à 910 l'ensemble de leurs prétentions sur le fond.
Enfin, l'article 914 du code de procédure civile dans sa rédaction issue du décret du 6 mai 2017 applicable à l'espèce, prévoit que les parties doivent saisir le conseiller de la mise en état jusqu'à la clôture de l'instruction, par des conclusions qui lui sont spécialement adressées, tendant à déclarer l'appel irrecevable et trancher à cette occasion toute question ayant trait à la recevabilité de l'appel. Toutefois, si les parties ne sont plus recevables à invoquer devant la cour une irrecevabilité de l'appel ou sa caducité, cet article dispose in fine que la cour peut d'office relever la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de l'appel ou de sa caducité.
En l'espèce, les appelants ont déposé leurs conclusions au titre de l'article 908 le 16 mars 2022 et le dispositif ses écritures se bornent à solliciter la condamnation de la Sa Les Hôtels Bavarez au paiement de diverses sommes en réparation de leurs préjudices, mais ne formulent aucune demande d'annulation, d'infirmation ou de réformation du jugement entrepris.
Ainsi, même si comme ils le font valoir dans leur note en délibéré, ils ont mentionné les chefs du jugement expressément critiqués dans leur déclaration d'appel, ils n'ont saisi la cour d'aucune demande d'infirmation ou de confirmation du jugement entrepris.
Par ailleurs, il sera observé que l'avis de la première chambre civile de la Cour de cassation rendu le 20 novembre 2025 est inapplicable au litige, la déclaration d'appel ayant été formée le 16 décembre 2021 et les conclusions 908 déposées au 16 mars 2022.
Au surplus, sont sans effet, les nouvelles conclusions produites rectifiant le dispositif. Outre qu'elles sont adressées au conseiller de la mise en état, alors que la clôture a été rendue et que la cour n' a pas rouvert les débats mais a demandé aux parties leurs observations sur la fin de non recevoir soulevée d'office, le périmètre de l'appel est formé par les premières conclusions et toutes rectification ne serait recevable que dans le délai 908.
Il s'en déduit qu'à défaut pour les appelants d'avoir demandé dans leurs premières écritures devant la cour l'infirmation ou l'annulation du jugement déféré, la cour est fondée à prononcer la caducité de la déclaration d'appel.
2-Sur les demandes accessoires :
Parties perdantes, Mme [Y] et M. [I] supporteront les dépens d'appel et seront nécessairement déboutés de leur demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
L'équité commande d'allouer à la Sa Les Hôtels Baverez une indemnité complémentaire au titre des frais irrépétibles d'appel d'un montant de 2 000 euros.