Cour de cassation, 2ème chambre civile, 21 mai 2026 — n° 23-14.592
Synthèse de la décision
Question juridique
La mesure de médiation ordonnée par le juge interrompt-elle le délai de péremption de l'instance ?
Principe retenu
L'instance est considérée comme périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans. Ce délai n'est pas interrompu par une mesure de médiation ordonnée par le juge.
Faits clés
- Litige successoral entre plusieurs parties
- Assignation en référé des parties en avril 2018
- Ordonnance de médiation ordonnée le 11 octobre 2018
- Constat d'échec de la médiation daté du 30 juillet 2020
- Reprise de l'instance sollicitée le 3 mai 2021
Articles cités
article 386 du code de procédure civile
article 392 du code de procédure civile
article 131-2 du code de procédure civile
Exposé du litige
Faits et procédure
1. Selon l'arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 2 février 2023), dans le cadre d'un litige successoral, M. [Q] [K], Mme [P] [K] et M. [R] [K] ont assigné en référé, les 18, 19 et 24 avril 2018, Mme [X] [K] née [S], la société La Montagnette, la société La Jacine, la société Le Girolier, la société Tarascon informatique et Mme [V] [K] devant le président d'un tribunal de grande instance.
2. Par une ordonnance du 11 octobre 2018, le juge des référés a, au vu de l'accord des parties, ordonné une mesure de médiation. Un constat d'échec de la mesure a été établi et daté du 30 juillet 2020.
3. Par des conclusions du 3 mai 2021, M. [Q] [K] a sollicité la reprise de l'instance.
4. Par une ordonnance du 29 octobre 2021, le juge des référés a, notamment, rejeté la demande tendant à voir constater la péremption de l'instance.
Motivations de la décision
Réponse de la Cour
6. Selon les articles 2 et 3 du code de procédure civile, les parties conduisent l'instance sous les charges qui leur incombent et le juge veille au bon déroulement de l'instance ; il a le pouvoir d'impartir des délais et d'ordonner les mesures nécessaires.
7. Aux termes de l'article 386 du code de procédure civile, l'instance est périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans.
8. Il résulte de ces textes qu'il appartient aux parties, sauf lorsque la direction de l'instance leur échappe, d'accomplir les actes sous les charges qui leur incombent pour éviter la péremption de l'instance, sanction qui tire les conséquences de leur inertie dans la conduite du procès.
9. Le juge, saisi par une partie d'un incident de péremption ou se saisissant d'office de cet incident, doit rechercher si la péremption est acquise ou non au regard des diligences accomplies par les parties.
10. Pour apprécier si un acte constitue une diligence interruptive de péremption, la Cour de cassation retient que la diligence interruptive du délai de péremption s'entend de l'initiative d'une partie, manifestant sa volonté de parvenir à la résolution du litige, prise utilement dans le cours de l'instance et que ces conditions, qui dépendent de la nature de l'affaire et de circonstances de fait, sont appréciées souverainement par le juge du fond (2e Civ., 27 mars 2025, pourvoi n° 22-15.464, publié).
11. Par des motifs adoptés, l'arrêt relève qu'à compter de l'ordonnance du 11 octobre 2018, les parties ont procédé à la consignation mise à leur charge par le juge des référés les 3 décembre 2018 et 1er février 2019, ont participé à une réunion avec le médiateur le 16 avril 2019, la seconde ayant été reportée, que la mesure de médiation était encore en cours au-delà du 16 juillet 2019, et suspendue dans l'attente de l'élaboration de l'acte de notoriété, et que les parties ont sollicité un notaire en vue de l'établissement d'un tel acte qu'elles ont signé le 18 octobre 2019. Il en déduit, également par motifs adoptés et dans l'exercice de son pouvoir souverain d'appréciation, que l'ensemble de ces diligences sont des actes de nature à faire progresser le litige vers sa solution et s'inscrivent dans le cadre de la médiation ordonnée par le juge des référés afin de leur permettre de trouver une solution au litige.
12. Abstraction faite des motifs de l'arrêt qui sont justement critiqués mais surabondants, la cour d'appel a légalement justifié sa décision par l'adoption des motifs de l'ordonnance, non contredits par son arrêt.
13. Le moyen, pris en sa première branche, est, dès lors, mal fondé.
Réponse de la Cour
15. Le moyen, qui vise des motifs surabondants de l'arrêt, est inopérant.
Dispositif
PAR CES MOTIFS, la Cour :
REJETTE le pourvoi ;
Condamne Mme [S], Mme [V] [K], les sociétés La Jacine, La Montagnette et Le Girolier aux dépens ;
En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par Mme [S], Mme [V] [K], les sociétés La Jacine, La Montagnette et Le Girolier et les condamne in solidum à payer à M. [R] [K], M. [Q] [K] et Mme [P] [K] la somme globale de 3 000 euros ;
Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé publiquement le vingt et un mai deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la péremption de l'instance en droit des successions ?
L'instance est considérée comme périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans. Ce délai n'est pas interrompu par une mesure de médiation ordonnée par le juge.
Comment une mesure de médiation affecte-t-elle le délai de péremption ?
L'instance est considérée comme périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans. Ce délai n'est pas interrompu par une mesure de médiation ordonnée par le juge.
Quels sont les délais pour agir en cas de litige successoral ?
L'instance est considérée comme périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans. Ce délai n'est pas interrompu par une mesure de médiation ordonnée par le juge.
Que se passe-t-il si aucune partie n'agit pendant deux ans ?
L'instance est considérée comme périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans. Ce délai n'est pas interrompu par une mesure de médiation ordonnée par le juge.
La médiation peut-elle prolonger le délai de péremption ?
L'instance est considérée comme périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans. Ce délai n'est pas interrompu par une mesure de médiation ordonnée par le juge.
Quels sont les recours possibles en cas de péremption de l'instance ?
L'instance est considérée comme périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans. Ce délai n'est pas interrompu par une mesure de médiation ordonnée par le juge.
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