MOTIVATION DE LA DÉCISION
Au soutien de son appel, M. [M] fait valoir que victime d'un traumatisme crânien avec perte de connaissance, il souffre de très nombreuses séquelles particulièrement invalidantes.
Il ne critique que le taux médical mais pas l'incidence professionnelle qu'il demande à la cour de maintenir à 5%. Il fait essentiellement valoir que l'état anxio-dépressif n'a pas été pris en compte médicalement et sollicite de la cour de porter le taux de 15 à 25%.
La caisse primaire d'assurance maladie objecte qu'il convient de se placer à la date de la consolidation et qu'à cette date l'état anxio-dépressif n'avait pas été diagnostiqué.
Aux termes de l'article L 434-2 alinéa 1 et de l'article R 434-32 alinéas 1 et 2 du code de la sécurité sociale, le taux de l'incapacité permanente est déterminé d'après la nature de l'infirmité, l'état général, l'âge, les facultés physiques et mentales de la victime ainsi que d'après ses aptitudes et sa qualification professionnelle, compte tenu d'un barème indicatif d'invalidité annexé au livre IV de la partie réglementaire du code de la sécurité sociale ( annexes 1 et 2 du code ). Lorsque ce barème ne comporte pas de référence à la lésion considérée, il est fait application du barème indicatif d'invalidité en matière d'accidents du travail.
Selon une jurisprudence constante, le taux d'incapacité permanente partielle doit être fixé en fonction de l'état séquellaire au jour de la consolidation de l'état de la victime, sans que puissent être pris en considération des éléments postérieurs à cette consolidation ( civ 2ème 4 mai 2017 pourvoi n° 16-15.876 ; civ 2ème 15 mars 2018 pourvoi n° 17-15400 ). Il relève de l'appréciation souveraine et motivée des juges du fond ( civ 2ème 16 septembre 2010 pourvoi n° 09-15935 ; civ 2ème 4 avril 2018 pourvoi n° 17-15786 ).
En l'espèce, M. [M] justifie des éléments suivants :
- il s'est rendu le 14 novembre 2019 aux services des urgences de la Clinique [Localité 5], du fait de la persistance des céphalées apparues rapidement après le choc, de nausées, d'un ralentissement et de vertiges. (pièce n°10 à 13)
- Le 4 décembre 2019, il a bénéficié d'une IRM Crâne, n'ayant pas permis de mettre en évidence d'anomalie particulière : « Lésion hypoinetense en T2 EG, d'environ 7mm, arrondie et localisée a niveau du carrefour ventriculaire droit compatible avec un cavernome. Absence d'autres anomalies retrouvées. ». (Pièce 14)
- Le Docteur [B], neurologue au sein du département de neurologie de l'Hôpital Gui de [Localité 6], l'a reçu en consultation le 4 décembre 2019, et rédigé un compte rendu le 7 janvier 2020, aux termes duquel il indiquait qu'« En pratique il souffre d'un probable syndrome post-traumatisé crânien dans les suites d'un traumatisme léger. Je l'informe de l'évolution naturelle vers la résolution de sa symptomatologie. [...] » (pièce n°1)
- Le professeur [S] [C], neurologue, a reçu l'assuré en consultation le 21 janvier 2020. Il indique dans son courrier : « Il présente depuis un syndrome post commotionnel des traumatisés du crâne avec comme particularité l'existence de ce bégaiement. [...] La rééducation orthophonique sera au centre de la prise en charge thérapeutique de ce patient. » (pièce n°16)
- Le 25 juillet 2020, il a bénéficié d'une IRM cérébrale de contrôle, en raison de l'apparition de troubles de la mémoire, troubles de la parole, et de céphalées chroniques invalidantes. En conclusions, il est noté : « Absence d'anomalie IRM notable expliquant la clinique, notamment absence de lésion post traumatique. Stabilité en taille et morphologie de l'image ronde de la substance blanche profonde pariétale droite, dont les caractéristiques de signal sont en faveur d'une télangiectasie capillaire. ». (pièce n°17)
- le 31 août 2020, il a passé des tests auditifs en raison de vertiges, tests qui se sont révélés normaux.
- Mme [P], psychothérapeute témoigne le 23 novembre 2020 constater que « Le travail engagé avec Monsieur permet de constater des symptômes de stress post-traumatique toujours très présent. Outre le fait que M. [M] se plaint de vertiges et de maux de tête la symptomatologie constatée à ce jour est : Le choc de l'accident, et notamment de la perte de connaissance fait resurgir des traumatismes profonds de l'histoire de Monsieur. Un bégaiement altérant massivement la communication de Monsieur influent dans son liens sociale et professionnel. Une anxiété aiguë notamment à être seul pour ses déplacements, dans ses interactions sociales et en l'avenir. Un trouble de l'attention notoire entraînant une difficulté à intégrer tous les éléments d'une conversation, ainsi qu'une perturbation voir une impossibilité à exécuter comme à l'accoutumée ses activités habituelles. A cela s'ajoute qu'une perturbation du sommeil.
La chronicité de l'Etat symptomatologie plonge M. [M] dans une profonde incompréhension, avec le sentiment de perdre le contrôle sur sa vie jusqu'ici très organisée, entraînant une profonde perte de confiance en lui-même et son avenir. Afin de maintenir l'élan vital et la reconstruction psychique nécessaire en lien avec les différents traumatismes de monsieur il est indispensable que M. [M] poursuive son traitement psycho-thérapeutique. Je préconise fortement le retour à l'activité professionnelle, avec un cadre adapté telles que le mi-temps thérapeutique. M. [M] peut subir des baisses de moral face à la persistance de la symptomatologie, il reste néanmoins volontaire et très engagé dans son travail psycho-thérapeutique à ce jour. » (pièce 19)
- dans le cadre d'un bilan orthophonique cognitif, Mme [Q], orthophoniste retient que : « L'accès aux mots est fragilisé. Le fonctionnement cognitif est dans l'ensemble ralenti. Les répétitions, les allongements sont observés essentiellement en position initiale des mots à doubles consonnes ou en début de phrases. Le patient présente un trouble sévère de la fluence lié au trauma crânien du 12/11/2019. Ceci nécessite une rééducation intensive. » (Pièce n°20)
- dans un certificat adressé à la Maison départementale des personnes handicapées, le médecin traitant de l'assuré note :
1. Pathologie motivant la demande :
Pathologie motivant la demande : Traumatisme crânien avec Syndrome post traumatique et bégaiement majeur
Autres pathologies éventuelles : HTA, fracture de la rotule transversale avec chirurgie réparatrice droite + fr de pouce + cheville malléole droite + entorse cervicale.
Eléments essentiels à retenir :
Le 12 novembre 2019 : traumatisme crânien contre une poutre en béton avec céphalée chronique
+ syndrome d'instabilité chronique subjective
+ bégaiement majeur
+syndrome anxio-dépressif réactionnel avec troubles du sommeil et perte d'élan vital. [...].
- le 21 mai 2021, Mme [X], psychologue clinicienne au CHU relève notamment que :
« au total, le profil cognitif présenté ce jour par M. [M] est caractérisé par un affaiblissement de ses capacités en charge mentale, des difficultés langagières et mnésiques concernant le processus de consolidation épisodique des informations à long terme principalement. De plus, une sensibilité aux interférences ' internes et externes ' et d'observer et peuvent impacter ses ressources attentionnelles. Les autres fonctions évaluées sont préservées et incluent la vitesse de traitement de l'information, la mémoire de travail (rétention et manipulation de l'information), la mémoire épisodique (encodage et récupération active), les gnosies, les praxies et les processus exécutifs (flexibilités mentales, planification et organisation visuo spatiale). Spécifiant également que l'affaiblissement de ses capacités en charge mentale contribue à la fatigue ressentie.
En parallèle, compte tenu de l'ensemble des éléments rapportés, il apparaît que M.