MOTIFS DE LA DÉCISION
Dans sa rédaction applicable au litige, à savoir sa version en vigueur du 21 décembre 1985 au 01 juillet 2013, l'article R. 323-11 du code de la sécurité sociale disposait que :
L'attribution de l'indemnité journalière prévue à l'article L. 323-4 est exclusive de l'allocation de chômage.
La caisse primaire de l'assurance maladie n'est pas fondée à suspendre le service de l'indemnité journalière lorsque l'employeur maintient à l'assuré, en cas de maladie, tout ou partie de son salaire ou des avantages en nature, soit en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, soit en vertu des usages, soit de sa propre initiative.
Toutefois, lorsque le salaire est maintenu en totalité, l'employeur est subrogé de plein droit à l'assuré, quelles que soient les clauses du contrat, dans les droits de celui-ci aux indemnités journalières qui lui sont dues.
Lorsque, en vertu d'un contrat individuel ou collectif de travail, le salaire est maintenu en totalité ou en partie sous déduction des indemnités journalières, l'employeur qui paie tout ou partie du salaire pendant la période de maladie sans opérer cette déduction peut être subrogé par l'assuré dans ses droits aux indemnités journalières pour la période considérée, à condition que le salaire maintenu au cours de cette période soit au moins égal au montant des indemnités dues pour la même période.
Dans les autres cas, l'employeur est seulement fondé à poursuivre auprès de l'assuré le recouvrement de la somme correspondant aux indemnités journalières, dans la limite du salaire maintenu pendant la même période.
L'employeur et l'assuré qui se sont mis d'accord pour le maintien d'avantages en nature en cas de maladie, peuvent en informer la caisse et demander le versement par elle à l'employeur de la partie de l'indemnité journalière correspondant à la valeur des avantages maintenus.
Il est constant que suite à l'avis favorable rendu par le Comité médial quant au placement de Mme [Z] en congé grave maladie à compter du 5 septembre 2011, qui ouvrait à l'intéressée le maintien de salaire à 100% pendant un an, la ville de [Localité 1] a versé à Mme [Z] en septembre 2012 un rappel de salaire de 35 101,54 euros pour la période du 5 septembre 2011 au 4 septembre 2012.
Dans la mesure où la salariée avait perçu des indemnités journalières de sécurité sociale durant cette même période, que l'employeur n'avait été subrogée que pour la période du 5 septembre au 31 décembre 2011, et qu'il n'est pas contesté par Mme [Z] qu'elle ne pouvait cumuler des indemnités journalières et son salaire à plein traitement, la ville a adressé à Mme [Z] une correspondance le 26 septembre 2012 ainsi libellée :
« Suite à l'avis du Comité Médical du 6 septembre 2012, la Ville a décidé de vous octroyer un congé de grave maladie à compter du 5/09/2011.
Vos arrêts de travail du 5/09/2011 au 30/09/2012 ont donc été transformés en congé de grave maladie et ont donné lieu à un rappel de salaire sur la paie de septembre 2012, puisque ce congé donne droit à 1 an de plein traitement puis 2 ans de demi-traitement. A ce titre, vous avez perçu 35 101,54 € (copie de la fiche de paie jointe).
Nous avons contacté la caisse de sécurité sociale pour l'informer de l'attribution d'un congé de grave maladie et connaître les modalités à appliquer. En effet, vous avez perçu pendant la période du 01 janvier au 17 septembre 2012 des indemnités journalières directement de la sécurité sociale, soit 261 jours pour un montant total net de 11 791,98 €. Vous devez nous reverser cette somme puisque vous bénéficiez désormais d'un congé de grave maladie indemnisé par la Ville et que vous ne pouvez cumuler 2 types d'indemnités journalières pour la même période.
Je vous informe que je demande un titre de recettes de 11 791,98 € en ce sens ».
Observation faite que Mme [Z] confirmait elle-même par une correspondance du 11 juin 2012 adressée à la ville avoir perçu des indemnités journalières de la Caisse à compter du 1er janvier 2012, le titre exécutoire litigieux émis le 6 novembre 2012 pour un montant de 11 791,98 euros précise sa cause à savoir 'remboursement IJ, période du 1er janvier au 17 septembre 2012". Le fait que ce titre ne précise pas qu'il s'agit, conformément aux dispositions légales de l'article
R. 323-11 du code de la sécurité sociale, de 'la somme correspondant' aux indemnités journalières de sécurité sociale ne saurait justifier la nullité du titre invoquée par la débitrice.
Dans la mesure où par son courrier du 26 septembre 2012, la Ville avait porté à la connaissance de Mme [Z] les bases de liquidation de sa créance, le jugement sera confirmé en ce qu'il a rejeté la demande d'annulation du titre pour défaut de motivation.
Peu importe que Mme [Z] conteste que sa correspondance du 3 octobre 2012, aux termes de laquelle en premier lieu, elle sollicitait « quelques éclaircissements » sur la somme de 35 101,54 euros versée par son employeur ensuite de la régularisation de sa situation résultant de la décision de lui reconnaître à son affection le statut de grave maladie (« correspond-elle aux salaires dus à temps plein durant mon CGM ou à la régularisation des salaires dus déduits de ceux perçus en maladie ordinaire ' ») tout en se plaignant des nombreuses régularisations intervenues durant cette dernière année, en deuxième lieu, elle « remerciait la ville de lui transmettre un état explicatif avec le prochain bulletin de régularisation » et, enfin, elle s'engageait à régler ('je réglerai [...]') « le titre de recettes de 11 791,98 euros correspondant aux indemnités journalières de la CPAM, en précisant comprendre que dans le cadre du CGM vous gérez par subrogation les remboursements dus aux caisses, aussi je mets en copie la CPAM de cette mise en place afin d'éviter tout cumul de régularisation », la ville puisse invoquer une quelconque reconnaissance de son obligation dans sa correspondance du 3 octobre 2012.
Par application des dispositions du 5ème alinéa de l'article R. 323-11 du code de la sécurité sociale, c'est à bon droit que la ville a délivré un titre exécutoire en recouvrement de la somme de 11 791,98 euros correspondant aux indemnités journalières perçues par Mme [Z] à compter du 1er janvier 2012, ainsi que l'intimée en justifie par le bordereau établi par la caisse primaire d'assurance maladie, en sus du maintien à plein traitement régularisé par l'employeur ensuite de l'avis du comité médical du 5 septembre 2012.
Le jugement entrepris sera confirmé en toutes ses dispositions.