Cour d'appel, 1ère chambre civile b, 21 mai 2026 — n° 23/08247
Synthèse de la décision
Question juridique
La SCI Jasar peut-elle obtenir la réinscription de son affaire au rôle après avoir justifié de l'exécution de la décision de justice antérieure ?
Principe retenu
La réinscription d'une affaire au rôle est possible si la partie concernée justifie de l'exécution de la décision de justice antérieure. Le délai de péremption est interrompu par un acte manifestant la volonté d'exécuter.
Faits clés
- La SCI Jasar a été condamnée à verser des sommes à la société Interfimo.
- Un solde de 1.419,69 euros restait dû par la SCI Jasar.
- La SCI Jasar a effectué un paiement le 13 mars 2026 pour régler sa dette.
- La société Interfimo a contesté la demande de rétablissement au rôle de l'affaire.
- L'affaire a été radiée en application de l'article 524 du code de procédure civile.
Articles cités
article 524 du code de procédure civile
article 700 du code de procédure civile
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Nous, conseiller de la mise en état,
Statuant par mesure d'administration judiciaire,
Autorisons la réinscription de l'affaire au rôle de l'affaire sous le nouveau numéro RG 26/03578
Disons que l'affaire sera appelée à la conférence du 1er octobre 2026,
Déboutons la société Interfimo de sa demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Le greffier, Le Conseiller de la mise en état,
Exposé du litige
* * * * *
EXPOSE DU LITIGE
Par Jugement en date du 28 septembre 2023, le tribunal judiciaire de Bourg-en-Bresse a :
- retenu sa compétence pour statuer sur la demande de dommages et intérêts présentée par la SCI Jasar en réparation de son prétendu préjudice résultant de la délivrance du commandement de payer valant saisie par acte du 7 avril 2021';
- renvoyé la SCI Jasar à mieux se pourvoir de ce chef';
- débouté la SCI Jasar de toutes ses autres demandes';
- condamné la SCI Jasar à verser à la société Interfimo la somme de 34.155,57 €, selon décompte arrêté au 25 octobre 2021, outre intérêts de retard postérieurs au taux conventionnel majoré de 3 points ;
- ordonné la capitalisation des intérêts de retard';
- condamné la SCI Jasar à verser à la société Interfimo la somme de 3.000 euros sur le fondement des dispositions de l'article 700 du Code de Procédure Civile';
- condamné la SCI Jasar aux entiers dépens de l'instance.
Ce jugement, revêtu de l' exécution provisoire, a été signifié par acte du 8 décembre 2023.
Par ordonnance du 4 avril 2024, le conseiller de la mise en état a ordonné la radiation de l'affaire du rôle en application de l'article 524 du code de procédure civile et condamné la SCI Jasar au paiement de la somme de 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Cette décision a été notifiée le même jour.
Par conclusions d'incident du 16 mars 2026, la SCI Jasar demande le rétablissement de l'affaire au rôle en se prévalant d'une exécution totale du jugement y compris sur la condamnation au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Par dernières conclusions du 12 mars 2026, la société Interfimo demande au conseiller de la mise en état de :
- débouter la SCI Jasar de sa demande de rétablissement au rôle d'instance de l'affaire numéro RG 23/08247, compte tenu de l'absence d'exécution complète par elle des condamnations mises à sa charge par le jugement déféré,
- condamner la SCI Jasar à lui payer la somme de 500 euros en exécution des dispositions de l'article 700 du Code de Procédure Civile,
- laisser les dépens à la charge de la SCI Jasar.
Elle soutient que d'une part, la SCI Jasar n'a pas réglé l'intégralité de sa dette. Il demeurait ainsi, en date du 5 mars 2023, un solde restant dû d'un montant de 919,69 euros, d'autre part, que la SCI Jasar n'a pas réglé la condamnation mise à sa charge par l'ordonnance du 4 avril 2024, à hauteur de 500 euros, soit un total de 1.419,69 euros.
Motivations de la décision
SUR CE :
Aux termes de l'article 524 du code de procédure civile, dans sa version applicable, 'Le délai de péremption court à compter de la notification de la décision ordonnant la radiation. Il est interrompu par un acte manifestant sans équivoque la volonté d'exécuter. Le premier président ou le conseiller de la mise en état peut, soit à la demande des parties, soit d'office, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, constater la péremption.
Le premier président ou le conseiller de la mise en état autorise, sauf s'il constate la péremption, la réinscription de l'affaire au rôle de la cour sur justification de l'exécution de la décision attaquée'.
En l'espèce, l'intimée fait valoir un solde dû de 1.419;69 euros.
La SCI Jasar justifie en pièce 5 d'un paiement du reliquat de sa dette par virement effectué le 13 mars 2026.
En conséquence, en application des dispositions susvisées, il convient d'autoriser la réinscription de l'affaire au rôle de la cour.
Il n'y a en conséquence pas lieu de faire droit à une demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile de l'intimée.
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