EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE
[Y] [M], né le 18 novembre 1993 à [Localité 3], fait l'objet depuis le 6 mai 2026 d'une mesure de soins psychiatriques, sous la forme d'une hospitalisation complète, au centre hospitalier [H] [A] (78) sur décision du directeur d'établissement, en application des dispositions de l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, en cas de péril imminent.
Le 12 mai 2026, Monsieur le directeur du centre hospitalier [H] [A] (78) a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de VERSAILLES afin qu'il soit statué, conformément aux dispositions des articles L. 3211-12-1 et suivants du code de la santé publique.
Par ordonnance du 15 mai 2026, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de VERSAILLES a ordonné le maintien de la mesure de soins psychiatriques sous forme d'hospitalisation complète.
Appel a été interjeté le 18 mai 2026 par [Y] [M].
Le 18 mai 2026, [Y] [M] et l'établissement hospitalier [H] [A] ont été convoqués en vue de l'audience.
Le ministère public a visé cette procédure par écrit le 21 mai 2026, avis versé aux débats.
L'audience s'est tenue le 22 mai 2026 en audience publique.
A l'audience, bien que régulièrement convoqué, le centre hospitalier [H] [A] n'a pas comparu.
[Y] [M] a été entendu et a dit qu'il a un trouble schizo-affectif depuis ses 19 ans. Ses troubles psychotiques se manifestaient alors par des idées délirantes sans hallucinations, il avait été hospitalisé deux mois à l'hôpital [Etablissement 1] et avait tout de même réussi ses concours, après sa prépa, et été admis dans une bonne école de commerce. Récemment il a été isolé ce qui a créé un stress, il a été inquiet pour sa sécurité. Il a des doutes sur ce qu'il a vécu, il a eu peur d'un homme alors qu'il était dehors pendant la nuit, il a fui près d'un lac, puis il a douté de ses parents, croyant que ces derniers avaient voulu attenter à sa sécurité, mais maintenant il pense qu'il délirait. Néanmoins il a des différends forts avec ses parents, les contacts restent difficiles même s'ils sont réguliers. Il a quatre s'urs, il est l'enfant du milieu. Il a travaillé pour Exxon Mobile à la Défense, pour l'ambassade des Etats-Unis et pour Reuters en pologne. Son principal problème c'est son isolement relationnel, en revanche sa situation financière est bonne. Actuellement il attend les résultats des concours de la fonction publique (IRA). En outre, il avait peur que ses papiers d'identité ne soient volés, ce qui est aussi probablement un délire. Son dernier employeur est Reuters en 2023, ensuite il a écrit un livre de qualité exceptionnelle. Il arrivait très bien à créer du lien depuis tout petit, mais pas sur la durée car il est très sensible aux critiques. Actuellement il est seul, il n'a personne. Il prend du Loxapac et du Valium. Aujourd'hui il a demandé à ne pas prendre ses médicaments pour avoir les idées plus claires.
Le conseil de [Y] [M], développant oralement ses écritures, a sollicité l'infirmation de l'ordonnance querellée. Le conseil a soulevé l'irrégularité de la décision d'admission, qui mentionne une demande de tiers et un médecin rédacteur du certificat médical initial erroné. Le conseil a oralement renoncé à ses moyens tirés du défaut d'avis motivé, de l'absence de recherche de tiers et de l'absence d'information de la famille. Sur le fond, le conseil souligne que le patient est ouvert à un programme de soins.
[Y] [M] a été entendu en dernier et a dit qu'il veut retrouver un emploi rapidement et reprendre une vie normale. Il ne consomme ni alcool ni produits stupéfiants. Depuis 2012, il pense avoir été hospitalisé dix fois, la plus longue hospitalisation ayant duré deux mois et la plus courte une semaine. Parmi ses s'urs, la s'ur après lui a une schizophrénie très grave et vit principalement en institut. L'une de ses grandes s'urs a sans doute une schizophrénie légère, elle a du mal à s'insérer sur le marché du travail.
L'affaire a été mise en délibéré.