Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 4 - chambre 3, 28 mai 2026 — n° 24/04080

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Les consorts [L] peuvent-ils être condamnés à verser une indemnité d'occupation pour l'utilisation de parcelles cadastrées sans titre de propriété valide ?

Principe retenu

La Cour rappelle que l'occupation d'un bien immobilier sans titre valide peut donner lieu à une indemnité d'occupation, calculée sur la base de la valeur locative du bien. Les occupants doivent compenser le propriétaire pour la période d'occupation non autorisée.

Faits clés

  • Les consorts [HD] sont propriétaires de deux parcelles cadastrées.
  • Les consorts [L] ont occupé ces parcelles sans titre de propriété valide.
  • L'occupation a duré du 8 avril 2017 jusqu'à juin 2024.
  • Une indemnité d'occupation de 68 800 euros a été demandée.
  • Le tribunal a confirmé la condamnation des consorts [L] à verser cette indemnité.

Articles cités

article 700 du code de procédure civile article 699 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, statuant par arrêt contradictoire, CONFIRME le jugement rendu le 14 décembre 2023 par le tribunal judiciaire de Meaux sauf en ce qu'il a condamné in solidum Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] à payer à M. [Q] [IQ] [LZ] [J], Mme [Z] [OQ] [LL] [NQ] [J], M. [NF] [MA] [M], M. [I] [MA] [M], M. [K] [MA] [M], M. [D] [LZ] [N], Mme [X] [TD] [N], M. [F] [DW] [LZ] [N] et M. [H] [I] [AM] [G], la somme de 20 800 euros au titre de l'indemnité d'occupation due du 4 décembre 2020 au mois de février 2023 inclus, Statuant à nouveau du chef infirmé, CONDAMNE in solidum Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] à payer à M. [Q] [J], Mme [Z] [J], M. [I] [M], M. [K] [M], M.[D] [N], Mme [X] [N], M. [F] [N], M. [H] [G], Mme [LQ] [S], Mme [P] [M] et Mme [IW] [M] la somme de 68 800 euros au titre de l'indemnité d'occupation mensuelle due pour les deux parcelles cadastrées section AI n° [Cadastre 1] et [Cadastre 2] situées [Adresse 1], du 8 avril 2017 jusqu'au mois de juin 2024 inclus, Y ajoutant, CONDAMNE in solidum Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] aux dépens d'appel, avec droit de recouvrement conformément à l'article 699 du code de procédure civile, CONDAMNE in solidum Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] à payer à M. [Q] [J], Mme [Z] [J], M. [I] [M], M. [K] [M], M. [D] [N], Mme [X] [N], M. [F] [N], M. [H] [G], Mme [LQ] [S], Mme [P] [M] et Mme [IW] [M] la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile, REJETTE le surplus des demandes. LA GREFFIERE, LA CONSEILLERE,

Motivations de la décision

*** EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE La cour est saisie de l'appel d'un jugement rendu le 14 décembre 2023 par le tribunal judiciaire de Meaux dans une affaire opposant M. [Q] [J], Mme [Z] [J], [NF] [M], M. [I] [M], M. [K] [M], M. [D] [N], Mme [X] [N], M. [F] [N] et M. [H] [G] (les consorts [HD]) d'une part et Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], MM. [Q] [L] (père et fils), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] (les consorts [L]) d'autre part. [IQ] [HD] était propriétaire de deux parcelles cadastrées section AI n° [Cadastre 1] et [Cadastre 2] à [Localité 22], situées [Adresse 1] et [Adresse 13]. A son décès en 1967, elles ont été transmises à son frère, [NF] [HD]. Au décès de celui-ci en 1970, les héritiers étaient [RB] [OI], [KU] [BY], [YM] [HY], [AE] [HY], [HQ] [TH], [OP] [PK] et [RB] [GJ], qui ont accepté la succession. Les deux parcelles litigieuses n'ont pas été mentionnées lors de la dévolution successorale aux héritiers de [NF] [HD]. Les consorts [HD] ont vendu à [WW] [L] et [W] [YX] épouse [L], par acte notarié du 25 septembre 1975, une parcelle cadastrée section AI n° [Cadastre 3] située au [Adresse 14]. Par acte notarié du 12 novembre 2076, M. [SC] [NC] a vendu à M. et Mme [L] une parcelle cadastrée section AI n° [Cadastre 4], située au [Adresse 15]. Les deux parcelles acquises jouxtaient les parcelles litigieuses. Par arrêté du 22 mars 2011, la commune de [Localité 22] a estimé les parcelles cadastrées AI n° [Cadastre 1] et [Cadastre 2] vacantes et sans maître et a procédé à leur incorporation dans le domaine privé communal. L'arrêté a été publié. Par un arrêt du 4 décembre 2020, la cour d'appel de Paris, infirmant un jugement du 3 mai 2018 du tribunal de grande instance de Meaux, a dit que les parcelles cadastrées section AI n°[Cadastre 1] et [Cadastre 2], d'une contenance de 569 m² chacune et limitrophes entre elles, sises à [Localité 22] (Seine-et-Marne), [Adresse 1] et [Adresse 16] n'étaient pas sans maître à la date de l'arrêté d'incorporation dans le domaine privé communal pris le 22 mars 2011 par le maire de cette commune et a dit qu'elles étaient la propriété de M. [Q] [IQ] [LZ] [J], Mme [Z] [OQ] [LL] [NQ] [J], M. [NF] [MA] [M], M. [I] [MA] [M],M. [K] [MA] [M], M. [D] [LZ] [N], Mme [X] [TD] [N], M. [F] [DW] [LZ] [N] et M. [H] [I] [AM] [G]. La cour a ordonné à la commune de [Localité 22] de restituer les parcelles à ces derniers. Par la suite, les consorts [HD] ont souhaité reprendre possession de ces parcelles pour les vendre et ont constaté, selon procès-verbal de constat établi le 9 juillet 2021 par la société Evidence, huissier de justice, qu'elles étaient occupées par Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] (les consorts [L]) qui avaient installé dans les lieux des caravanes, véhicules, constructions modulaires et abris de jardin. Par actes d'huissier de justice signifiés le 17 septembre 2021, les consorts [HD] ont assigné les consorts [L] devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Meaux et sollicité leur expulsion des parcelles leur appartenant cadastrées section AI n°[Cadastre 1] et [Cadastre 2]. Par une ordonnance du 31 décembre 2021, le juge des référés a dit n'y avoir lieu à référé au motif qu'il ne ressortait pas avec l'évidence requise en référé que les défendeurs occupaient les parcelles sans droit ni titre. Par acte d'huissier de justice signifié le 8 avril 2022, les consorts [HD] ont assigné les consorts [L] devant le tribunal judiciaire de Meaux afin d'obtenir leur expulsion sous astreinte de 300 euros par jour de retard dans les 30 jours suivant la signification de la décision à intervenir, ainsi que leur condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle de 1 500 euros à compter du 8 mars 2017, soit la somme de 106 500 euros, outre 5 000 euros au titre des frais irrépétibles. Comparants, les défendeurs ont conclu au rejet des prétentions des consorts [HD]. Par jugement contradictoire entrepris du 14 décembre 2023, le tribunal judiciaire de Meaux a statué en ces termes : - ordonne, à défaut de départ volontaire de leur part dans le délai d'un mois à compter de la signification du présent jugement, l'expulsion de Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E], et de tous occupants de leur chef, des parcelles cadastrées section AI n°[Cadastre 1] et [Cadastre 2] situées à [Localité 22] (Seine et Marne), [Adresse 1] et [Adresse 16], appartenant à M. [Q] [IQ] [LZ] [J], Madame [Z] [OQ] [LL] [NQ] [J], M. [NF] [MA] [M], M. [I] [MA] [M], M. [K] [MA] [M], M. [D] [LZ] [N], Mme [X] [TD] [N], M. [F] [DW] [LZ] [N] et M. [H] [I] [AM] [G], avec assistance de la force publique si besoin est ; - rejette la demande de M. [Q] [IQ] [LZ] [J], Madame [Z] [OQ] [LL] [NQ] [J], M. [NF] [MA] [M], M. [I] [MA] [M], M. [K] [MA] [M], M. [D] [LZ] [N], Mme [X] [TD] [N], M. [F] [DW] [LZ] [N] et M. [H] [I] [AM] [G] de condamnation de Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] à leur payer une astreinte de 300 euros par jour de retard jusqu'à complet retrait des parcelles des véhicules, caravanes, constructions modulaires et abris de jardin ; - condamne in solidum Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] à payer à M. [Q] [IQ] [LZ] [J], Madame [Z] [OQ] [LL] [NQ] [J], M. [NF] [MA] [M], M. [I] [MA] [M], M. [K] [MA] [M], M. [D] [LZ] [N], Mme [X] [TD] [N], M. [F] [DW] [LZ] [N] et M. [H] [I] [AM] [G], la somme de 20 800 euros au titre de l'indemnité d'occupation due du 4 décembre 2020 au mois de février 2023 inclus ; - condamne in solidum Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] aux dépens dont recouvrement direct au profit de Me Emmanuelle Labandibar-Lacan, avocat ; - condamne in solidum Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] à payer à M. [Q] [IQ] [LZ] [J], Madame [Z] [OQ] [LL] [NQ] [J], M. [NF] [MA] [M], M. [I] [MA] [M], M. [K] [MA] [M], M. [D] [LZ] [N], Mme [X] [TD] [N], M. [F] [DW] [LZ] [N] et M. [H] [I] [AM] [G], la somme de 2 000 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile ; - rejette la demande de Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E] de condamnation de M. [Q] [IQ] [LZ] [J], Madame [Z] [OQ] [LL] [NQ] [J], M. [NF] [MA] [M], M. [I] [MA] [M], M. [K] [MA] [M], M. [D] [LZ] [N], Mme [X] [TD] [N], M. [F] [DW] [LZ] [N] et M. [H] [I] [AM] [G] à leur payer la somme de 1 500 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile. EXPOSÉ DES PRÉTENTIONS DES PARTIES Vu l'appel interjeté le 21 février 2024 par Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (père), M. [Q] [L] (fils), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E], M. [O] [E], Vu les dernières conclusions remises au greffe le 21 mai 2024, par lesquelles Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (père), M. [Q] [L] (fils), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E], M. [O] [E] demandent à la cour de : - infirmer le jugement rendu par tribunal judiciaire de Meaux le 14 décembre 2023 en ce qu'il a : - ordonné, à défaut de départ volontaire de leur part dans le délai d'un mois à compter de la signification du présent jugement, l'expulsion de Mme [U] [L], Mme [W] [E], Mme [Y] [E], M. [Q] [L] (fils), M. [Q] [L] (père), Mme [V] [L], M. [T] [E], Mme [C] [E] et M. [O] [E], et de tous occupants de leur chef, des parcelles cadastrées section AI n°[Cadastre 1] et [Cadastre 2] situées à [Localité 22] (Seine et Marne), [Adresse 1] et [Adresse 16], appartenant à M. [Q] [IQ] [LZ] [J], Madame [Z] [OQ] [LL] [NQ] [J], M.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.