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Cour d'appel, retentions, 28 mai 2026 — n° 26/04064

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger ne peut être ordonnée que si aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention. L'autorité administrative doit avoir engagé des diligences pour organiser l'éloignement de l'étranger.

Faits clés

  • M. [G] [M] a été placé en rétention administrative par le préfet de la [Localité 4].
  • Le juge du tribunal judiciaire a prolongé la rétention de M. [G] [M] pour une durée de vingt-six jours.
  • Une nouvelle ordonnance a prolongé la rétention pour trente jours supplémentaires.
  • M. [G] [M] a interjeté appel de cette ordonnance, arguant d'un manque de diligences de la préfecture.
  • L'autorité administrative a engagé des diligences pour organiser un vol d'éloignement.

Articles cités

article L. 342-7 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 342-12 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-11 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-21 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-23 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par [G] [M], Confirmons l'ordonnance déférée. Le greffier, Le conseiller délégué , Judith DOS SANTOS ANTUNES Pierre BARDOUX

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE : Le 27 avril 2026, le préfet de la [Localité 4] a ordonné le placement de [G] [M] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement. Par ordonnance du 1er mai 2026, confirmée en appel le 5 mai 2026, le juge du tribunal judiciaire a prolongé la rétention administrative de [G] [M] pour une durée de vingt-six jours. Dans son ordonnance du 26 mai 2026 à 16 heures 20, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a fait droit à la requête déposée par le préfet de la Loire et a ordonné la prolongation de la rétention de [G] [M] dans les locaux du centre de rétention administrative de [Etablissement 1] pour une durée de trente jours. Par déclaration au greffe le 27 mai 2026 à 10 heures 55, [G] [M] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation outre sa mise en liberté au visa de l'article L. 741''3 du CESEDA, [G] [M] motive sa requête d'appel comme suit : « J'estime que la préfecture de la [Localité 4] n'a pas effectué les diligences nécessaires afin d'organiser mon départ pendant la première période de ma rétention. » Par courriel adressé le 27 mai 2026 à 12 heures 57, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 28 mai 2026 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations du conseil de la préfecture, reçues par courriel le 28 mai 2026 à 7 heures 15 tendant à la confirmation de l'ordonnance entreprise et relevant que les diligences engagées ont permis l'organisation d'un vol le 31 mai 2026. Vu l'absence d'observations formées par le conseil de [G] [M].

Motivations de la décision

MOTIVATION L'appel de [G] [M] relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) est déclaré recevable. La recevabilité de ce recours n'est pas discutée et la demande d'observations envoyée aux parties ne portait pas sur cette question. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. En l'espèce devant le juge du tribunal judiciaire, [G] [M] n'a fait valoir aucun moyen relatif à une carence de l'autorité administrative dans les diligences faites pour organiser son éloignement. Ce moyen est soutenu pour la première fois en appel pour solliciter sa mise en liberté. [G] [M] ne désigne précisément aucune insuffisance particulière de l'autorité préfectorale dans les diligences susceptibles d'être utilement engagées durant le premier mois suivant son placement en rétention administrative. Il ressort des pièces du débat que l'autorité administrative a engagé des diligences dès le placement en rétention administrative afin d'obtenir la délivrance d'un laissez-passer consulaire et la réalité de ces diligences n'est pas contestée. Elles ont d'ailleurs conduit à ce qu'un vol soit très prochainement organisé. Il résulte des pièces du dossier que le moyen tiré de l'absence de diligences ainsi que la prétention qui lui est associée tendent uniquement à solliciter une mise en liberté et à obtenir de manière claire la mainlevée de la rétention administrative ce qui relève manifestement des prévisions de l'article L. 743-23 alinéa 2 du CESEDA. Il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par [G] [M] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention. Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS
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