MOTIVATION DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité de l'appel
L'appel formé dans les formes et délais requis est recevable.
Sur le fond
Il sera rappelé sur le plan des principes que la loi du 5 juillet 2011 a institué un contrôle judiciaire obligatoire des mesures de soins psychiatriques sans consentement mis en 'uvre sous la forme d'hospitalisation complète, en tant que celles-ci sont privatives de liberté.
Le juge en cette matière a une double mission, à savoir se prononcer sur l'opportunité de la mesure de soins sur la base des éléments qu'ils sont transmis et vérifier également la régularité formelle de la mesure. Par ailleurs le juge ne peut prononcer la mainlevée de la mesure pour toute irrégularité constatée, mais uniquement comme le prévoient les dispositions de l'article L3216 - 1 du code de la santé publique, lorsqu'il en est résulté une atteinte aux droits de la personne.
Concernant le bien fondé de la mesure, le juge est tenu d'examiner si les critères de déclenchement des mesures de soins psychiatriques sans consentement sont réunis et dans ce contexte si les éléments médicaux produits sont suffisamment circonstanciés. L'article R3211 - 2 4 du code de la santé publique précise en effet que l'avis motivé accompagnant la saisine obligatoire du juge en cas d'hospitalisation complète doit décrire avec précision les manifestations des troubles mentaux dont est atteinte de la personne qui fait l'objet de soins psychiatriques et les circonstances particulières qui, toutes d'eux, rendent nécessaire la poursuite de l'hospitalisation complète au regard des conditions de fond imposées par les dispositions des articles L3212 - et L3213 - 1 du code de la santé publique.
Le rôle du juge réside dans un contrôle de l'équilibre entre liberté et contrainte en raison de l'état de santé du malade. Il lui appartient de vérifier ainsi la bonne motivation des documents qui lui sont présentés au regard des critères d'admission en soins prévus par la loi mais non pas d'évaluer par lui-même la nécessité d'une mesure de soins. Le juge doit examiner le dossier sans dénaturer les documents médicaux transmis. Il doit apprécier le bien-fondé de la mesure au regard des certificats médicaux communiqués. Il ne peut ainsi substituer son appréciation de l'état psychiatrique fait sur la base des déclarations du malade lors de l'audience à celle des psychiatres l'ayant examiné préalablement.
En définitive, le juge doit partir des éléments médicaux dont il ne peut contester le sens et le contenu dès lors qu'ils sont correctement rédigés et cohérents et il ne peut sur sa seule appréciation remettre en cause la pertinence de la mesure mise en place par les médecins.
En l'espèce, dans l'ordonnance frappée d'appel, le juge judiciaire a relevé après avoir contrôlé la régularité de la procédure avec les dispositions du code de la santé publique qu'au titre du programme de soins mis en place à compter du 12 juin 2023 il était prévu : des séjours d'hospitalisation complète à la demande de la patiente, des visites à domicile par l'équipe soignante du CMP, des consultations mensuelles du CMP pour l'administration du traitement de fond. Il est ajouté que ces modalités de prise en charge ne permettaient plus de lui dispenser les soins nécessités par son état et qu'une mesure de réadmission en hospitalisation complète avait été envisagée au terme certificat médical établi le 05 mai 2026.
Le juge judiciaire précise expressément que cette réadmission en hospitalisation complète est apparue nécessaire dans la mesure où Mme [E] [Y] ne s'est pas présentée à sa dernière consultation et que la dernière visite au domicile a mis en exergue une incurie, une symptomatologie délirante persistante possiblement à l'origine d'une expulsion de son appartement ; que l'avis motivé présent au dossier précise que la patiente présente une recrudescence délirante avec méfiance, incurie et anosognosie des troubles. Il ajoute que la mesure d'hospitalisation complète doit être maintenue afin d'ajuster le traitement médicamenteux et garantir la continuité des soins.
Le certificat médical de situation établie le 27 mai 2026 en vue de l'audience mentionne que la patiente reste anosognosique et qu'il est nécessaire de poursuivre les soins en hospitalisation complète afin d'obtenir une franche amélioration clinique.
Aussi, au vu des éléments présente dossier dont la teneur vient d'être rappelée, la cour considère que l'ordonnance rendue en première instance a justement caractérisé les conditions dans lesquelles la mesure d'hospitalisation complète dont Mme [E] [Y] fait l'objet, doit être maintenue.
[C] a lieu de confirmer l'ordonnance rendue en première instance en toutes ses dispositions.