Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, retentions, 29 mai 2026 — n° 26/04106

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ, et l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. La prolongation de la rétention au-delà de quatre jours doit être autorisée par un magistrat du siège du tribunal judiciaire.

Faits clés

  • Un étranger, M. [Y] [L], a reçu une obligation de quitter le territoire français le 4 février 2026.
  • Le 23 mai 2026, il a été placé en rétention administrative.
  • La préfecture a demandé la prolongation de la rétention pour 26 jours.
  • Le juge des libertés a initialement refusé la prolongation.
  • Le ministère public a interjeté appel de cette décision.

Articles cités

article L.741-3 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France article L.742-1 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France article L.742-3 du code d'entrée et de séjour des étrangers en France

Dispositif

Ordonnons la prolongation de la rétention administrative de [Y] [L] pour une durée de vingt-six jours. Le greffier, La conseillère déléguée, Judith DOS SANTOS ANTUNES Albane GUILLARD

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour pour une durée de deux ans a été prise le 4 février 2026 à l'encontre de [Y] [L]. Le 23 mai 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [Y] [L] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de la mesure d'éloignement précitée. Par requête enregistrée le 26 mai 2026, la préfecture de l'Isère a saisi le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours. Dans son ordonnance du 27 mai 2026 à 15 heures 15, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a déclaré la procédure régulière mais dit n'y avoir lieu à ordonner la prolongation considérant que la requête en prolongation n'est pas justifiée. Par déclaration enregistrée le 27 mai 2026 à 17 heures 58 le ministère public a formé appel avec demande d'effet suspensif. Par ordonnance en date du 28 mai 2026 à 14 heures 30, le délégataire du premier président a déclaré l'appel recevable et suspensif. Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 29 mai 2026 à 10 heures 30. [Y] [L] a comparu assisté de son avocat. M. l'Avocat Général sollicite l'infirmation de l'ordonnance en soutenant qu'il doit être fait droit à la requête de la préfecture, le moyen soulevé par le conseil de [Y] [L] ne pouvant prospérer. La préfecture de l'Isère, représentée par son conseil, s'associe aux réquisitions du parquet général et soutient que la décision du juge du tribunal judiciaire doit être infirmée. Le conseil de [Y] [L] a été entendu en sa plaidoirie et sollicite la confirmation de l'ordonnance déférée. [Y] [L] qui a eu la parole en dernier a demandé sa remise en liberté.

Motivations de la décision

MOTIVATION Sur le moyen tiré de l'absence de diligences L'article L. 741-3 du CESEDA, dispose qu'un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ et que l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. L'obligation de diligences qui incombe à l'autorité préfectorale en application des dispositions de cet article est une obligation de moyens et non de résultat, étant précisé que la préfecture ne dispose d'aucun pouvoir de coercition ou de contrainte à I'égard des autorités consulaires ou étrangères. Ce texte n'impose par ailleurs à l'autorité administrative ni formalisme ni diligence particulière. Il est par ailleurs rappelé que le contrôle qui doit être exercé par le juge judiciaire sur les diligences engagées par l'administration conduit à en vérifier l'effectivité, sans pour autant pouvoir statuer sur leur régularité ou même l'opportunité choisie de privilégier l'une ou l'autre des voies choisies. En l'espèce, les services préfectoraux justifient de diligences effectuées dès le 26 février 2026 par l'envoi d'une demande de délivrance de laissez-passer consulaire au profit de l'intéressé via la DGEF suivies de la transmission de ses empreintes au format NIST le 26 mai 2026 conformément aux indications ressortant des différents échanges intervenus depuis le 26 février2026. Il est ainsi caractérisé que la préfecture de l'Isère e a accompli les diligences nécessaires et suffisantes pour permettre l'exécution de la mesure d'éloignement et solliciter la première prolongation de la rétention. La décision sera en conséquence infirmée sur ce point. Sur le moyen tiré de l'absence de perspectives d'éloignement La seule prétention de [Y] [L] sur un potentiel refus de réadmission par le Maroc, en l'absence de tout autre élément ne sauraient suffire à considérer à ce stade de la procédure qu'il n'existe aucune perspective d'éloignement. Ce moyen est inopérant. Sur la prolongation de la mesure de rétention L'article L. 741-3 du CESEDA rappelle qu'un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que le temps strictement nécessaire à son départ et que l'administration doit exercer toute diligence à cet effet. L'article L 742-1 du CESEDA dispose que 'le maintien en rétention au delà de quatre jours à compter de la notification de la décision de placement initiale peut être autorisé, dans les conditions prévues au présent titre, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin par l'autorité administrative'. L'article L742-3 du CESEDA dispose que si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court pour une période de vingt-six jours à compter de l'expiration du délai de quatre jours mentionné à l'article L741-1. La requête de l'autorité administrative aux fins de prolongation étant recevable, pour être motivée, et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles, il convient dès lors de confirmer l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Infirmons l'ordonnance déférée, Statuant à nouveau,
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.